Editorial Principal

Un Avent un peu trop tĂŽt…

Un Avent un peu trop tĂŽt… 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Chers paroissiens, ce deuxiĂšme confinement nous plonge avec un peu d’avance dans ce temps de l’attente du Seigneur
 oui la privation de l’Eucharistie et de la messe dominicale avec son assemblĂ©e nous coĂ»tent. Cela creuse en nous diffĂ©rents sentiments : confusion, tristesse, colĂšre, incomprĂ©hension, injustice, anxiĂ©tĂ©, … que faisons-nous de ces sentiments ? J’aimerais que ce temps de manque et de jeĂ»ne nous pousse Ă  rĂ©flĂ©chir personnellement : qu’attendons-nous vraiment ? qu’est-ce qu’il y a de bon dans mon dĂ©sir ? Comment le creuser pour mieux le cerner ? Comme l’Avent nous aide Ă  faire Ă©merger les vrais et bons dĂ©sirs, ainsi l’attente actuelle peut nous prĂ©parer Ă  cĂ©lĂ©brer l’eucharistie avec de meilleures dispositions. Bref, si ce temps de jeĂ»ne subi se transformait en une prĂ©paration volontaire, notre prochaine messe serait certainement encore plus fructueuse !
Je vois deux axes de prĂ©paration volontaire en vue de la prochaine messe Ă  laquelle nous pourrons alors pleinement participer : les bonnes dispositions pour recevoir de maniĂšre ajustĂ©e le Saint Sacrement et les bonnes dispositions pour ĂȘtre vraiment ajustĂ©s Ă  l’assemblĂ©e de l’Eglise. Ces deux axes ne grandissent pas l’un sans l’autre

Pour le premier axe, les temps d’adoration et de confessions du dimanche aprĂšs-midi sont dĂ©jĂ  une aide pour faire grandir en nous un cƓur brĂ»lant et fervent. C’est ainsi que nous devrions toujours communier. La confession nous dispose Ă  la parfaite action de grĂące, oui l’amour de Dieu est plus grand que notre pĂ©chĂ© ! L’adoration allume en nous, petit Ă  petit, les mĂȘmes sentiments qui sont dans le CƓur du Seigneur JĂ©sus.
Pour le deuxiĂšme axe, eh bien je crois que nous avons tous du pain sur la planche ! Nos assemblĂ©es devraient toujours ressembler au Royaume de Dieu que JĂ©sus est venu inaugurer. La prĂ©face de ce dimanche nous en donne quelques dimensions : Royaume de vie, de vĂ©ritĂ©, de grĂące, de saintetĂ©, de justice, d’amour et de paix ! Quelle joie de pouvoir dĂ©jĂ  palper cela dans une assemblĂ©e chrĂ©tienne unie et fraternelle
 De plus l’évangile de ce dimanche nous donne des exemples de charitĂ© bien concrĂšte, auxquels nous pourrions encore ajouter les 7 Ɠuvres de misĂ©ricorde spirituelle
 Bref nous pouvons subir ce temps d’attente ou choisir de faire grandir la charitĂ© concrĂšte que nous nous devons les uns les autres. Nos familles sont de beaux terrains d’entrainement mais aussi nos lieux d’engagements paroissiaux. Par exemple, dans le(s) service(s) au(x)quel(s) j’appartiens, est-ce que je prends des nouvelles des uns ou des autres ? qui dans ma paroisse ou ma famille risquerait de ne recevoir aucun appel ? Personne n’est dispensĂ© de cette charitĂ©. Souvenons-nous des paroles de JĂ©sus : « chaque fois que vous ne l’avez pas fait Ă  l’un de ces plus petits, c’est Ă  moi que vous ne l’avez pas fait ».
La charitĂ© fraternelle et l’eucharistie s’alimentent mutuellement. Choisissons de ne pas subir mais de profiter de cette attente pour avoir les justes dispositions de cƓur lors de notre prochaine messe, que nous espĂ©rons trĂšs bientĂŽt !
D. Marc-Antoine CROIZE-POURCELET

Parce que Dieu est Dieu

Parce que Dieu est Dieu 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

A chacun, selon ses capacitĂ©s, Dieu remet un trĂ©sor. Dans ce trĂ©sor fait de qualitĂ©s et de charismes propres Ă  chacun, ce qui nous est donnĂ© de plus prĂ©cieux est la foi. Nous recevons tous, le jour de notre baptĂȘme, une ‘mesure’ de foi. A cette mesure, correspond une exigence. Pour certains, Dieu attendra un abandon et un renoncement plus radical que pour d’autres, mais chacun en fonction de sa mission. Dieu attend de nous que nous fassions notre possible pour accroĂźtre notre trĂ©sor, c’est-Ă -dire pour faire grandir notre foi. Il y a deux maniĂšres de faire grandir la foi qui sont nĂ©cessaires toutes les deux. La premiĂšre est de nourrir notre connaissance sur Dieu. En d’autres termes, il s’agit de chercher Dieu, de faire grandir notre curiositĂ© pour savoir qui Il est, de dĂ©couvrir sa beautĂ©, son amour, son identitĂ© : c’est le catĂ©chisme. La deuxiĂšme maniĂšre de faire grandir la foi est d’avancer dans la confiance que nous faisons Ă  Dieu. Cela s’appelle l’abandon. Nous grandissons dans l’abandon Ă  Dieu lorsque nous prenons le risque de renoncer Ă  une sĂ©curitĂ© humaine pour nous remettre dans les mains de Dieu.
Souvent, nous sommes tentĂ©s de nous accrocher Ă  de fausses sĂ©curitĂ©s plutĂŽt qu’à la vraie qui est que «Dieu est Dieu», c’est-Ă -dire Tout Puissant et qu’Il nous aime. Une tentation aujourd’hui est de mettre notre confiance et nos certitudes davantage dans la science que dans notre foi. En effet, les thĂ©ories scientifiques nous donnent une impression de maitrise alors que Dieu nous demande de lĂącher notre dĂ©sir de maitriser et de nous en remettre Ă  Lui. Or, ce besoin de maitrise est particuliĂšrement frustrĂ© en ce moment. De fait, nous vivons une confusion globale gĂ©nĂ©rĂ©e par des politiques de confinement fluctuantes et, pour une part, arbitraires. Ces dĂ©cisions sont influencĂ©es par des rapports scientifiques nombreux et divergents. Certes, le sort de cette crise dĂ©pend beaucoup de la dĂ©couverte scientifique d’un remĂšde au virus. Cependant, il serait dangereux de vouloir remettre toute notre confiance dans un vaccin ou dans des gestes barriĂšres. Ce serait un faux semblant de sĂ©curitĂ© avec une durĂ©e trĂšs limitĂ©e dans le temps, avant qu’un nouveau danger n’apparaisse. Pour Ă©chapper Ă  la confusion actuelle, notre confiance doit s’appuyer sur le fait que Dieu est Dieu, c’est-Ă -dire qu’il est le Tout-Puissant, qu’Il peut tout, et que rien ne lui Ă©chappe. Nous pouvons trouver la vraie sĂ©curitĂ© dans notre foi. Cette crise est donc le temps favorable pour poser des actes de confiance en Dieu. Nous ferons ainsi fructifier cette foi dont nous devrons rendre compte au jour du jugement.
La foi nous permet de regarder les Ă©vĂ©nements et les personnes comme Dieu les regarde. Quel regard de foi porter sur les nouvelles restrictions du culte ? La question n’est pas d’abord de savoir si ces restrictions sont cohĂ©rentes, mĂȘme si c’est important de nous protĂ©ger, mais c’est de prendre conscience de leurs consĂ©quences pour notre foi. Le Seigneur continuera de nous donner sa grĂące si nous restons disponibles de cƓur. Toutefois, il ne faudrait pas qu’en essayant de maitriser la prolifĂ©ration du virus, nous occultions les vrais enjeux des restrictions qui nous sont imposĂ©es : jusqu’oĂč puis-je aller avant de mettre en pĂ©ril la vie de mon Ăąme ?
D. Louis-Gustave de TORCY

Un mariage en plein confinement

Un mariage en plein confinement 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Aux yeux du monde, qu’il est difficile d’ĂȘtre chrĂ©tien en 2020 ! Je ne vous parle pas d’ĂȘtre un bon chrĂ©tien, ni d’ĂȘtre saint mais seulement d’ĂȘtre chrĂ©tien. Les attentats nous font mettre en colĂšre et finissent par faire (un peu) peur. La libertĂ© d’expression se mute en surenchĂšre sanglante. L’actualitĂ© sur le virus est confuse. Le reconfinement nous isole des cĂ©rĂ©monies et de la Communion Eucharistique*. La pauvretĂ© et les inquiĂ©tudes grandissent autour de nous. Et nous restons souvent impuissants face Ă  elles. MĂȘme si nos difficultĂ©s sont toutes relatives Ă  celles de nos frĂšres d’Orient, souvent attaquĂ©s pour leur appartenance au nom de JĂ©sus, nous pouvons nous demander : Quand cela va-t’il s’arrĂȘter ? Et il est lĂ©gitime de se le demander.
Dans ce contexte fort anxiogĂšne, il est bon ce dimanche de relever la tĂȘte et de se plonger en Dieu en Ă©coutant sa Parole. En effet le mariage auquel participe ces dix jeunes filles (les vierges sages et les vierges folles) est une image de la rĂ©alitĂ© surnaturelle du Royaume des Cieux. Dans cette Noce, curieusement, seul l’Epoux est mentionnĂ©. Le Christ, nous le rappelons, a Ă©tĂ© dĂ©signĂ© par Jean le Baptiste comme l’époux. Son Ă©pouse peut donc ĂȘtre sa propre nature humaine, toute unie Ă  sa nature divine. Mais ce peut ĂȘtre aussi ces dix jeunes filles, image de l’humanitĂ© toute entiĂšre dĂ©sirĂ©e par Dieu comme un Ă©poux. Un Ă©poux fou amoureux.
à la chaleur de ces noces et des lampes à huile qui brûlent dans la nuit, nous pouvons entre autres retenir deux choses pour traverser cette période éprouvante.
Il ne suffira pas de vouloir s’en sortir pour s’en sortir. Nous avons besoin de Dieu. Le Salut vient de Lui. Voici ce que disait Gustave Thibon Ă  ce sujet : « On ne peut pas demeurer longtemps sur la pointe des pieds. (Tao) – InefficacitĂ© de la tension volontaire dans les choses spirituelles. La vigilance Ă  l’égard de Dieu ne doit pas ĂȘtre une tension, mais une dĂ©tente. Il faut que l’acte par lequel nous maintenons, vivante en nous, l’adhĂ©sion Ă  l’amour divin, soit une espĂšce de dĂ©faillance de l’ñme, un Ă©vanouissement. Prier, ce n’est pas raidir son moi, c’est l’effacer. Cette disparition appelle la grĂące : elle nous remplit de Dieu dans la mesure oĂč nous nous vidons de nous-mĂȘmes. »
Cette idĂ©e forte rejoint l’espĂ©rance chrĂ©tienne dans son sens biblique. L’espĂ©rance est une attente. Comme NoĂ© dans son arche ( comme nous dans nos maisons en ce moment ) attend la baisse des eaux. Cette attente n’est pas seulement celle d’un avenir meilleur, mais celle de Dieu. EspĂ©rer c’est attendre Dieu, mais avec une joie dans le cƓur, comme s’il Ă©tait dĂ©jĂ  lĂ . MĂȘme si cette attente nous fait tomber dans le sommeil, comme Lazare attendait JĂ©sus dans la mort, nous avons une certitude : le Christ approche.
La deuxiĂšme chose que nous pouvons demander Ă  Dieu, pour cette pĂ©riode, est d’augmenter en nous la Sagesse. Pas la sagesse comme fruit d’une vie sage et rangĂ©e, mais la sagesse comme don de son Esprit Saint. La Sagesse « c’est la grĂące de pouvoir voir toute chose avec les yeux de Dieu. » disait le pape François dans ces catĂ©chĂšses sur les dons du Saint Esprit. Cinq des dix jeunes filles de l’évangile ont vu ce temps d’attente avec assez de sagesse pour prĂ©voir une quantitĂ© suffisante d’huile.
Prions les uns pour les autres dans ce temps de confinement afin que l’Esprit de Dieu et, non l’esprit du monde, dirige nos actions et qu’il nous fasse reprendre pied par la force de sa Parole en attendant son Eucharistie.
…………………………………………………………………. D.Christophe GRANVILLE
*cet Ă©dito est Ă©crit en attente du jugement du recours fait par la confĂ©rence des Ă©vĂȘques de France devant le Conseil d’état.

Notre Joie ne sera pas confinée !

Notre Joie ne sera pas confinée ! 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Chers amis,
Cette fin d’annĂ©e ne nous aura pas Ă©pargnĂ©s et nous sentons, non sans une certaine crainte, la fĂ©brilitĂ© de notre sociĂ©tĂ©. Les menaces semblent venir de partout ! Menace pour notre santĂ© Ă  travers cette pandĂ©mie, menace face Ă  la violence terroriste qui s’impose de plus en plus sur notre propre territoire et menace d’une crise Ă©conomique liĂ©e au confinement !
Face Ă  ce dĂ©ferlement de « catastrophes », comment rĂ©agir ? Comment vivre ce nouveau confinement sans que celui-ci ne rime avec isolement et recroquevillement sur nous mĂȘmes ?
Peut ĂȘtre en acceptant d’ouvrir les yeux de notre cƓur sur la grĂące que nous propose la liturgie pour ce dimanche. L’Eglise nous invite Ă  la fĂȘte et pas n’importe laquelle : celle qui nous dĂ©payse, celle qui nous permet de relever la tĂȘte : la Toussaint !
En ce dimanche, nous sommes appelĂ©s Ă  nous rĂ©jouir avec toute l’Eglise du ciel, c’est Ă  dire l’Eglise Triomphante, la JĂ©rusalem cĂ©leste, l’Eglise d’en haut, celle de tous les Saints !
Dans la 2eme lecture, Saint Jean nous rappelle notre origine. Nous sommes citoyens des cieux. Nous avons Dieu pour PĂšre et donc sa demeure est aussi la nĂŽtre !
Bien-aimĂ©s, voyez quel grand amour nous a donnĂ© le PĂšre pour que nous soyons appelĂ©s enfants de Dieu – et nous le sommes.
Voici la seule, la vraie thĂ©rapie : accepter de vivre pleinement la grĂące de la Toussaint. La laisser nous saisir et nous dĂ©coller de l’angoisse de ce monde. Chers frĂšres et soeurs, relevons la tĂȘte, car le Christ est lĂ , au cƓur mĂȘme de nos combats ! Laissons la lumiĂšre de l’Eglise du ciel nous plonger dans l’éternitĂ© et Ă©loigner de nous l’anxiĂ©tĂ© du temps prĂ©sent !
Gustave Thibon disait : «Tout ce qui n’est pas de l’éternitĂ© retrouvĂ©e, est du temps perdu ! »
Alors ne perdons pas notre temps et laissons raisonner en nous cette parole de Saint Paul : Notre cité se trouve dans les cieux !
Peut-ĂȘtre que certains objecteront que le confinement qui commence va peut-ĂȘtre nous empĂȘcher de prendre part Ă  ce banquet des noces qu’est la messe.
Peut ĂȘtre, mais rien n’est encore sĂ»r
 Un recours devant le conseil d’Etat va certainement avoir lieu pour que nous puissions vivre de l’Eucharistie et vos prĂȘtres qui savent combien vous avez besoin de cette nourriture cĂ©leste feront tout ce qui est possible pour vous y donner accĂšs !
Alors, pour le moment, profitons de cette grĂące de la Toussaint ! Laissons-la nous immerger dans la joie du ciel et confions le reste Ă  notre Sauveur.
L’Esprit Saint et la charitĂ© qu’elle diffuse en nous est inventive. Elle sait s’adapter Ă  toutes les situations. Faisons Lui donc confiance et Ă©coutons l’exhortation qu’un saint que nous avons connu et aimĂ© ici bas nous lance depuis le ciel : «N’ayez pas peur !»
D. Louis-Marie DUPORT

Quel est le plus grand commandement ?

Quel est le plus grand commandement ? 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

« Aimer Dieu de tout son cƓur et aimer son prochain comme soi-mĂȘme, Ă  ces deux commandements est suspendue toute la Loi. » Mais comment aimer quand on y est obligĂ© ? Certes, aimer, n’est pas une obligation, sinon, ce n’est plus de l’amour. Cependant nous n’avons pas choisi de vivre ou de ne pas vivre. Et l’homme a Ă©tĂ© créé pour aimer et ĂȘtre aimĂ©. C’est ainsi Ă  la base, cela ne se choisit pas. Alors autant se servir de notre libertĂ© pour dire «oui» plutĂŽt que «non» Ă  ce projet qui nous prĂ©cĂšde et dĂ©cidons nous-mĂȘmes d’aimer. Dieu veut qu’il dĂ©pende de nous de devenir nous-mĂȘmes !
J’aime Dieu parce que je veux l’aimer, librement, « par la foi au fils de Dieu qui m’a aimĂ© et s’est livrĂ© pour moi. » (Gal 2,20).
« Je me tiens Ă  la porte et je frappe », dit Dieu (Ap 3,20). “Je n’entre pas de force”.
Mais comme nous voulons toujours tout contrĂŽler, compter sur nous-mĂȘmes, nous freinons des quatre fers, comme des Ăąnes (Ps 31,8-9). Nous ne lĂąchons pas prise. Trop souvent nous disons stop Ă  l’amour qui nous fait peur, peur de perdre. Mais c’est pourtant bien celui qui perd sa vie Ă  cause de JĂ©sus et de l’Évangile qui la trouve, celui qui dĂ©cide de faire confiance Ă  JĂ©sus et de s’engager Ă  sa suite, dans des chemins oĂč, humainement, il ne peut plus compter sur ses propres forces. « C’est la confiance et rien que la confiance, qui doit nous conduire Ă  l’amour », nous dit Sainte ThĂ©rĂšse de l’Enfant JĂ©sus, Docteur de l’Amour. Ce n’est pas d’avoir dĂ©jĂ  un amour terrestre qui peut faire obstacle Ă  cela.
Alors « qu’est-ce qu’il faut faire ? » (Act. 2,37). Aimer, ce n’est pas d’abord des choses Ă  faire, mais disposer son cƓur Ă  la foi en JĂ©sus (Jn 6,29) qui a donnĂ© sa vie pour moi sur la croix (Gal. 2,20). C’est affermir cette vĂ©ritĂ© dans notre cƓur. Plus on sent combien on a Ă©tĂ© aimĂ© par JĂ©sus qui a donnĂ© sa vie pour nous, plus on ouvre son cƓur Ă  la grĂące du Saint-Esprit, qui est l’amour mĂȘme de Dieu, qui peut se rĂ©pandre surabondamment dans nos cƓurs (Rm 5,5), spĂ©cialement dans l’adoration et la communion eucharistiques.
Jeune prĂȘtre du diocĂšse de Versailles, le pĂšre Jean-Paul Hyvernat a trouvĂ© la mort Ă  35 ans, au cours d’une ascension en montagne pendant l’étĂ© 1991, alors qu’il Ă©tait dĂ©jĂ  aux sommets de l’ascension spirituelle. Il s’est sacrifiĂ© pour que le rocher l’écrase lui et non les autres. Il aimait Ă  citer Guy de Larigaudie: “il est aussi beau de peler des pommes de terre pour l’amour du Bon Dieu que de bĂątir des cathĂ©drales”. Par l’intention, nous pouvons changer des Ă©pluchures en or, comme de grands alchimistes ; c’est un trĂ©sor que nous emportons avec nous dans l’au-delĂ . Ce trĂ©sor, c’est l’instant prĂ©sent ; une simple brindille et, l’amour fait feu de tout bois, l’amour fait or de toute pelure.
« Pour t’aimer sur la terre, je n’ai rien qu’aujourd’hui. » (Ste ThĂ©rĂšse Ă  nouveau). « J’ai choisi l’amour du Seigneur en chaque chose ordinaire. Alors je mettrai tant de cƓur Ă  les rendre extraordinaires. » « Seigneur, foyer d’amour, fais brĂ»ler nos cƓurs de charitĂ©. » Ça se chante, parce que « l’amour du Seigneur, je le chanterai  » (Ps 144 – et tous les psaumes !) : ma vie est faite pour devenir chant d’amour.
Il n’est pas rĂ©servĂ© Ă  une Ă©lite de faire de sa vie un foyer d’amour en l’alimentant chaque jour des brindilles de chaque minute, comme d’ailleurs des bĂ»ches de toute une vie donnĂ©e ; nous n’avons rien qu’aujourd’hui pour aimer. « Je suis venu jeter un feu sur la terre » (Lc 12,49). « Recevez le feu de l’Esprit-Saint. »
(Cf Jn 20,22 et Act 2,3). « Suivez la voie de l’amour, Ă  l’exemple du Christ qui vous a aimĂ©s et s’est livrĂ© pour nous, s’offrant Ă  Dieu en sacrifice d’agrĂ©able odeur.  » (Eph 5,2).
D. Laurent LARROQUE

Mammon

Mammon 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

JĂ©sus dans les Ă©vangiles aborde dans son enseignement tous les aspects de la vie humaine. Ce dimanche, il s’agit d’un sujet important : l’impĂŽt et, Ă  travers cette question, celle de l’argent. C’est une question Ă©pineuse, que nous en ayions suffisamment ou que nous en manquions, il est important de nous laisser Ă©vangĂ©liser sur ce sujet.
A travers la pirouette inattendue de JĂ©sus pour se sortir de ce piĂšge computĂ© par les pharisiens et les hĂ©rodiens, JĂ©sus nous invite Ă  tout rendre Ă  Dieu, y compris l’image de Lui-mĂȘme qu’il a mise en nous
 c’est notre personne toute entiĂšre qu’il faut « rendre Ă  Dieu » ! Quelle joie !
Mais tant que nous serons ici-bas, nous aurons toujours besoin de l’argent qui sert Ă  ajuster nos Ă©changes. Et comme nous en aurons toujours besoin, il y aura donc toujours un combat ou une Ă©preuve pour en user avec libertĂ©.
Je vous propose quelques repĂšres tirĂ©s de la doctrine sociale de l’église pour faire le point sur notre rapport Ă  l’argent.
Le premier point est que l’argent doit servir Ă  des projets. C’est un outil au service d’une finalitĂ©. Les projets peuvent ĂȘtre variĂ©s, comme l’instruction de ses enfants, acquĂ©rir un bien ou une maison, vivre dĂ©cemment, assurer une Ă©preuve de maladie ou de chĂŽmage, transmettre Ă  ses enfants un hĂ©ritage, etc
 Ă  ce titre, il est lĂ©gitime d’épargner en vue de ces projets  ; l’important est d’avoir de la luciditĂ© pour discerner ceux qui sont lĂ©gitimes et ceux qui ne le sont pas, pour Ă©pargner dans une proportion adĂ©quate aux besoins des nĂ©cessitĂ©s. Mais si nous cherchons Ă  Ă©pargner pour Ă©pargner, cela ne sert Ă  rien. Si nous manquons de «projets» et que nous avons de l’argent, il faut donc le donner Ă  ceux qui ont des «projets», mais qui manquent d’argent. Quelle joie de pouvoir contribuer Ă  des idĂ©es qui nous enthousiasment avec les moyens que Dieu nous a allouĂ©s ! Cette vision permet de nous aider Ă  avoir un juste rapport Ă  l’épargne.
Le deuxiĂšme point est qu’il faut toujours donner de notre argent. On donne, non en fonction de ce qui reste, mais en fonction de ce qu’on gagne, car nous savons bien qu’il n’en reste jamais assez ! C’est librement et avec joie qu’il faut donner, selon ce qu’on a rĂ©solu dans notre cƓur
 certains choisissent de donner quelques journĂ©es de salaires de leur annĂ©e, d’autres la dime, d’autres donnent tout comme la veuve aux deux piĂ©cettes (Mc 12,38ss) ! Ce point lĂ  est important, car donner en fonction de ce qu’on gagne nous maintient dans un esprit de foi et de confiance en la Providence qui pourvoit Ă  ses enfants (Mt 6,24-34). Choisir de concĂ©der quelques heures ou quelques jours de travail nous permet en allant nous mĂȘme travailler, de nous souvenir que ces journĂ©es-lĂ  sont pour d’autres et non pour nous, cela donne beaucoup de joie et de zĂšle Ă  notre labeur. Nous sentons aussi par lĂ  que nous faisons partie d’un tout plus grand que nous et nous sommes heureux d’y participer, d’y contribuer ! Mes frĂšres, n’oublions, pas « Dieu aime celui qui donne avec joie ! »
Gardons notre libertĂ© face Ă  Mammon pour ne pas mettre notre espĂ©rance en lui, mais en Dieu qui est riche, riche en misĂ©ricorde, qui veut nous obtenir l’hĂ©ritage de la Vie Ă©ternelle !

D. Marc-Antoine CROIZĂ©-POURCELET

Etre au service de son prochain

Etre au service de son prochain 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Samedi dernier, la paroisse a eu la joie de tenir la premiĂšre rĂ©union de l’annĂ©e des services. L’objectif de ce temps Ă©tait de raviver notre zĂšle dans notre maniĂšre de servir Dieu, l’église et notre prochain. En effet, comme le dit Saint Ignace, « L’homme est créé pour louer, respecter et servir Dieu notre Seigneur et par lĂ  sauver son Ăąme». Cette phrase, tirĂ©e des principes et fondements, nous rappelle la vocation ultime de l’homme : servir Dieu. Pourtant, Dieu n’a pas besoin d’ĂȘtre servi. Il est tout puissant et parfaitement heureux. C’est donc pour notre propre bien qu’Il nous appelle Ă  servir. Nous sommes faits pour servir Dieu et nous le faisons Ă  travers le service que nous rendons Ă  notre prochain.
Don Marc-Antoine nous rappelait, lors de la rĂ©union, que notre service prend tout son sens lorsque nous le faisons pour JĂ©sus. Que ce soit par l’enseignement du catĂ©chisme, par la priĂšre du monastĂšre invisible, ou par l’entretien de nos Ă©glises, c’est le Christ que nous cherchons Ă  servir. Sainte-ThĂ©rĂšse de l’Enfant JĂ©sus nous donne un critĂšre de discernement  : est-ce que je mets de l’amour dans mon service  ? La patronne des missions du monde entier n’a connu d’autres responsabilitĂ©s que de laver le linge, passer le balai et assurer des petits services auprĂšs de ses sƓurs carmĂ©lites. C’est par ce service en apparence trĂšs simple, qu’elle a appris le secret de la saintetĂ© au quotidien : « j’ai choisi l’amour du Seigneur dans chaque chose ordinaire, alors je mettrai tant de cƓur Ă  les rendre extraordinaires». Est-ce que je mets mon cƓur Ă  aimer les enfants que j’enseigne ? Est-ce que j’offre le temps que je consacre pour demander des grĂąces au Seigneur ? Le service n’est vrai que lorsqu’il est offert, c’est-Ă -dire donnĂ© gratuitement, sans contrainte et sans rien attendre en retour. C’est alors que nous dĂ©couvrons que nous recevons toujours plus que ce que nous donnons. C’est la logique de Dieu, la logique de l’amour  : nous recevons des cadeaux bien plus prĂ©cieux que l’aide matĂ©rielle que nous apportons. Comme le dit St Paul : il y a plus de joie Ă  donner qu’à recevoir (Ac. 20, 35). C’est ce chemin que le Christ a voulu emprunter  : «le Fils de l’homme est venu non pour ĂȘtre servi mais pour servir» (Mt 20, 28). En lavant les pieds des disciples, JĂ©sus nous a montrĂ© l’exemple de l’amour vrai : ĂȘtre Ă  genoux devant celui que l’on sert.
Dans sa derniĂšre encyclique «Tutti Fratelli», le pape François nous enseigne que «servir, c’est « en grande partie, prendre soin de la fragilitĂ©. Servir signifie prendre soin des membres fragiles de nos familles, de notre sociĂ©tĂ©, de notre peuple ». […] Le service vise toujours le visage du frĂšre, il touche sa chair, il sent sa proximitĂ© et mĂȘme, dans certains cas, la ‘‘souffre’’ et cherche la promotion du frĂšre. VoilĂ  pourquoi, le service n’est jamais idĂ©ologique, puisqu’il ne sert pas des idĂ©es, mais des personnes » (TF 115).
L’Eglise enseigne que l’homme s’accomplit en se mettant au service de son prochain. Si elle est sans doute l’institution qui rassemble le plus de bĂ©nĂ©voles, qu’elle soit aussi celle qui tĂ©moigne au monde de la joie qu’il y a Ă  servir le Christ dans nos frĂšres.
 D. Louis Gustave de Torcy

Le Sacrifice

Le Sacrifice 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Dans cette parabole de JĂ©sus, notre cƓur est saisi par les dĂ©tails qui nous font penser au sacrifice de la Croix, en dehors des murs de JĂ©rusalem. Les vignerons homicides, le fils qui ne dit pas un mot et qui obĂ©it jusqu’à la mort, toutes ces prĂ©cisons font quasiment glisser le texte de type « parabole » Ă  une prophĂ©tie de JĂ©sus. JĂ©sus n’emploie pas ici une simple image de la vie ordinaire comme la graine de moutarde pour nous parler des rĂ©alitĂ©s du Royaume des Cieux. Il construit sur mesure une histoire oĂč chaque dĂ©tail a son importance pour les auditeurs. Les grands prĂȘtres vont disparaĂźtre sous la plume de l’évangĂ©liste (chapitre 21) pour rĂ©apparaĂźtre seulement au moment du pacte de Judas avec le SanhĂ©drin
(chapitre 26) et au procĂšs de JĂ©sus. Le dĂ©coupage liturgique nous a coupĂ© leur rĂ©action amĂšre. Ils voulurent mettre la main sur JĂ©sus pour l’arrĂȘter dĂšs « qu’ils comprirent que c’était d’eux qu’il parlait ». Mais la peur de la foule va les retenir, car cette derniĂšre considĂ©rait JĂ©sus comme un prophĂšte.
Dans cette parabole, la rĂ©flexion du maĂźtre du Domaine ne peut que nous surprendre. En effet aprĂšs les deux salves de serviteurs envoyĂ©s rĂ©cupĂ©rer les fruits de la vigne mais finalement massacrĂ©s, le fils nous paraĂźt ĂȘtre le moins bon choix restant. Pour nous, c’est pure folie, mais pour le maĂźtre du domaine, c’est une derniĂšre chance : «  ils respecteront mon fils ! ». Cette folie (d’amour) est bien celle du PĂšre en nous envoyant son Fils ! C’est vraiment une unique et derniĂšre chance que nous avons de nous convertir. Il n’y aura plus d’autres envoyĂ©s. Nous sommes dans l’attente du retour de JĂ©sus dans sa Gloire pour le Jugement.
La mort de l’hĂ©ritier nous donne Ă  rĂ©flĂ©chir. Cette mort est en apparence absurde. Mais elle trouve du sens quand nous en parlons comme d’un sacrifice. « Ma vie, personne ne la prend, c’est moi qui la donne » dit JĂ©sus chez Saint Jean (10,18). Le sacrifice, le don de soi, est l’ñme de la Croix. Voici ce que disait le dominicain Henri-Dominique Lacordaire dans un de ses sermons Ă  Notre Dame de Paris : « Le sacrifice n’est ni une Ɠuvre de raison, ni une Ɠuvre de folie, et c’est une Ɠuvre qui domine l’histoire et la vie du genre humain. » La Croix rayonne sur nous encore aujourd’hui car en elle l’amour de Dieu a atteint son paroxysme. Comme un Agneau sans tache, JĂ©sus nous a sauvĂ©s dans son amour et dans son obĂ©issance jusqu’à la Croix. Tel a Ă©tĂ© le prix de sa Gloire.
Ce sacrifice est d’une fĂ©conditĂ© infinie. La pierre qu’ont rejetĂ©e les bĂątisseurs est devenue la pierre d’angle d’un nouvel Ă©difice. Le Christ a bĂąti son Église, oĂč Juifs et PaĂŻens se rejoignent. Chacun d’entre nous, chers paroissiens, avons Ă©tĂ© choisis et placĂ©s dans cette Église. Que le don de nous-mĂȘmes dans les multiples petits services ou dans la communion de priĂšre fasse resplendir la Gloire de JĂ©sus dans notre entourage !

D. Christophe GRANVILLE

Du laboratoire d’analyse au confessionnal

Du laboratoire d’analyse au confessionnal 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Depuis quelques temps, en allant Ă  Sainte Bernadette, j’ai pu constater une file d’attente inhabituelle empiĂ©tant sur le trottoir de l’avenue de Valescure. Je viens de comprendre qu’il s’agit en fait de l’entrĂ©e d’un laboratoire d’analyse mĂ©dicale.
Alors j’aimerais vous partager un rĂȘve que les prĂȘtres qui sont Ă  votre service partagent avec l’abbĂ© Thibaut de Rincquesen (Vicaire Ă  la paroisse Saint Germain des prĂ©s). Je tire ce qui suit de son Ă©dito.
Imaginons que cette queue ne soit plus simplement devant la porte du laboratoire d’analyse mĂ©dicale mais devant celle de nos confessionnaux.
On viendrait y chercher l’absolution qui rĂ©jouit et non le test Covid qui inquiĂšte. On pratiquerait l’introspection de l’ñme, plutĂŽt que de faire entrer Ă  l’intĂ©rieur de nos sinus de douloureux Ă©couvillons. On recevrait la rĂ©confortante misĂ©ricorde, plutĂŽt que le diagnostic implacable.
« Or ces tests ont un rĂ©sultat incertain, alors que l’absolution, elle, rĂ©ussit Ă  tous les coups. La peine pour les coupables de contagion est elle-mĂȘme terrible : quatorze jours de rĂ©clusion et surtout un humiliant message Ă  tous ses proches pour leur annoncer qu’on leur a fait courir un terrible danger en leur parlant ou en leur souriant. Tandis que la peine pour les pĂ©cheurs repentants est une douce pĂ©nitence : une action de grĂące qui fait sentir combien l’amour de Dieu est grand.
Ah, si les chrĂ©tiens s’inquiĂ©taient autant de leur santĂ© spirituelle que du Covid ! Comme nous serions plus heureux et libres si la saintetĂ© Ă©tait un sujet de santĂ© publique ! Nous sommes tous pĂ©cheurs : pas besoin de test pour le savoir. Mais la maladie est de ne pas voir son pĂ©chĂ© et de ne pas s’en soucier. Quoi, nous acceptons de vivre tous les jours avec les dĂ©mons dans notre cƓur ? quelle mauvaise compagnie dont nous avons tout intĂ©rĂȘt Ă  nous dĂ©barrasser ! Si nous avions cette mĂȘme vigilance contre le pĂ©chĂ© que face au Covid, au lieu de porter un masque, nous porterions une mĂ©daille miraculeuse autour du cou et un chapelet dans la poche ; en guise de gestes barriĂšres, nous ferions le signe de croix et une priĂšre silencieuse Ă  chaque fois que nous risquons la contamination du pĂ©chĂ© par des regards ou des pensĂ©es impures ; Ă  la place du confinement sanitaire, nous prendrions quelques minutes de priĂšre silencieuse dans une piĂšce reculĂ©e.
Oui, les journalistes et les politiques ont raison : il y a beaucoup de leçons Ă  tirer de cette crise. Amis paroissiens, mettons autant d’application Ă  revenir vers Dieu que nous en avons Ă  tenir Ă  distance le virus. Livrons-nous au Christ, vĂ©ritable mĂ©decin des Ăąmes »
Qui sait ? Peut-ĂȘtre vos prĂȘtres devront faire des « heures sup » au confessionnal ?

D. Louis-Marie DUPORT

Les ouvriers de la derniĂšre heure

Les ouvriers de la derniĂšre heure 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

« Cherchez le Royaume de Dieu et sa justice », nous dit JĂ©sus. Et les ouvriers de la premiĂšre heure qui ont commencĂ© Ă  travailler Ă  la Vigne du Seigneur – traduisons : Ă  vivre dans la foi au Christ JĂ©sus  -, se plaignent, Ă  la fin du jour terrestre, de leur rĂ©tribution : « quoi ? Un denier, comme ceux qui sont arrivĂ©s Ă  la derniĂšre heure  ?  Â» Ils estiment que ce n’est pas juste. Mais en terme de stricte justice, il Ă©tait convenu d’un denier dĂšs le dĂ©part. La justice est strictement observĂ©e. Et le MaĂźtre dĂ©sire donner Ă  ceux qui arrivent plus tard le mĂȘme salaire : il est libre de le faire, par bontĂ©, pour ceux qui arrivent plus tard, sans lĂ©ser en stricte justice ceux qui ont commencĂ© tĂŽt.
Dans le Royaume des Cieux, Dieu ne calcule pas en stricte justice le temps passĂ© dans la foi, mais l’ardeur du dĂ©sir d’en vivre jusqu’à la mort, mĂȘme si le temps accordĂ© avant la mort est court. Certes, il semble ainsi favoriser ceux qui arrivent tard Ă  la foi et qui se mettent tard Ă  servir le Seigneur, aprĂšs une vie oĂč « personne ne les a embauchĂ©s » : c’était plutĂŽt ce monde matĂ©rialiste et corrompu qui en a fait des dĂ©bauchĂ©s et ils n’osent plus lever les yeux vers Dieu car ils s’estiment trop indignes d’aller travailler Ă  sa vigne  : “dĂ©sormais, c’est trop tard, j’ai gĂąchĂ© ma vie
” «  Non  !  Â», proclame JĂ©sus depuis 2000 ans, dans cette parabole. « Venez, vous aussi, Ă  ma vigne ! », mĂȘme Ă  la derniĂšre heure ! MĂȘme Ă  la derniĂšre minute, selon l’exemple limite du bon larron qui a Ă©tĂ© larron toute sa vie, sauf la derniĂšre minute de sa vie : par l’acte de Foi en JĂ©sus le Sauveur de sa vie, il est devenu saint, Ă©ternel vivant une minute avant de mourir. Gageons que, s’il avait pu ĂȘtre graciĂ© de la pendaison au gibet, s’il avait eu de nouveau les bras libres, il les aurait employĂ©s avec zĂšle Ă  servir son Sauveur. Ainsi font les nouveaux convertis : le temps que nous, les anciens dans la Vigne, nous fassions un rang de vigne, en nous dĂ©brouillant pour faire le minimum de bien pour ne pas mĂ©riter la peine Ă©ternelle, tout en « aimant le monde et ce qui est dans le monde » sans aimer vraiment Dieu (1Jn 2,15), eux, ils en font le quadruple avec un grand enthousiasme. Ils aiment leur Sauveur et cela donne des ailes Ă  leur zĂšle.
Dieu peut rĂ©compenser de la gloire immĂ©diate aprĂšs leur mort des nouveaux venus zĂ©lĂ©s et demander une longue expiation aux travailleurs attiĂ©dis par le calcul Ă©goĂŻste des consĂ©quences Ă©ternelles d’une vie ni bonne ni mauvaise. Ce ne sera pas stricte justice mais misĂ©ricorde pour « apprendre ce que signifie : c’est la misĂ©ricorde que je veux » . PlutĂŽt que de rĂąler contre un maĂźtre estimĂ© injuste, estimons-nous heureux d’avoir encore un peu de temps pour nous convertir !

D. Laurent LARROQUE

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