Chers paroissiens, ce deuxiĂšme confinement nous plonge avec un peu dâavance dans ce temps de lâattente du Seigneur⊠oui la privation de lâEucharistie et de la messe dominicale avec son assemblĂ©e nous coĂ»tent. Cela creuse en nous diffĂ©rents sentiments : confusion, tristesse, colĂšre, incomprĂ©hension, injustice, anxiĂ©tĂ©, … que faisons-nous de ces sentiments ? Jâaimerais que ce temps de manque et de jeĂ»ne nous pousse Ă rĂ©flĂ©chir personnellement : quâattendons-nous vraiment ? quâest-ce quâil y a de bon dans mon dĂ©sir ? Comment le creuser pour mieux le cerner ? Comme lâAvent nous aide Ă faire Ă©merger les vrais et bons dĂ©sirs, ainsi lâattente actuelle peut nous prĂ©parer Ă cĂ©lĂ©brer lâeucharistie avec de meilleures dispositions. Bref, si ce temps de jeĂ»ne subi se transformait en une prĂ©paration volontaire, notre prochaine messe serait certainement encore plus fructueuse !
Je vois deux axes de prĂ©paration volontaire en vue de la prochaine messe Ă laquelle nous pourrons alors pleinement participer : les bonnes dispositions pour recevoir de maniĂšre ajustĂ©e le Saint Sacrement et les bonnes dispositions pour ĂȘtre vraiment ajustĂ©s Ă lâassemblĂ©e de lâEglise. Ces deux axes ne grandissent pas lâun sans lâautreâŠ
Pour le premier axe, les temps dâadoration et de confessions du dimanche aprĂšs-midi sont dĂ©jĂ une aide pour faire grandir en nous un cĆur brĂ»lant et fervent. Câest ainsi que nous devrions toujours communier. La confession nous dispose Ă la parfaite action de grĂące, oui lâamour de Dieu est plus grand que notre pĂ©chĂ© ! Lâadoration allume en nous, petit Ă petit, les mĂȘmes sentiments qui sont dans le CĆur du Seigneur JĂ©sus.
Pour le deuxiĂšme axe, eh bien je crois que nous avons tous du pain sur la planche ! Nos assemblĂ©es devraient toujours ressembler au Royaume de Dieu que JĂ©sus est venu inaugurer. La prĂ©face de ce dimanche nous en donne quelques dimensions : Royaume de vie, de vĂ©ritĂ©, de grĂące, de saintetĂ©, de justice, dâamour et de paix ! Quelle joie de pouvoir dĂ©jĂ palper cela dans une assemblĂ©e chrĂ©tienne unie et fraternelle⊠De plus lâĂ©vangile de ce dimanche nous donne des exemples de charitĂ© bien concrĂšte, auxquels nous pourrions encore ajouter les 7 Ćuvres de misĂ©ricorde spirituelle⊠Bref nous pouvons subir ce temps dâattente ou choisir de faire grandir la charitĂ© concrĂšte que nous nous devons les uns les autres. Nos familles sont de beaux terrains dâentrainement mais aussi nos lieux dâengagements paroissiaux. Par exemple, dans le(s) service(s) au(x)quel(s) jâappartiens, est-ce que je prends des nouvelles des uns ou des autres ? qui dans ma paroisse ou ma famille risquerait de ne recevoir aucun appel ? Personne nâest dispensĂ© de cette charitĂ©. Souvenons-nous des paroles de JĂ©sus : « chaque fois que vous ne lâavez pas fait Ă lâun de ces plus petits, câest Ă moi que vous ne lâavez pas fait ».
La charitĂ© fraternelle et lâeucharistie sâalimentent mutuellement. Choisissons de ne pas subir mais de profiter de cette attente pour avoir les justes dispositions de cĆur lors de notre prochaine messe, que nous espĂ©rons trĂšs bientĂŽt !
D. Marc-Antoine CROIZE-POURCELET
A chacun, selon ses capacitĂ©s, Dieu remet un trĂ©sor. Dans ce trĂ©sor fait de qualitĂ©s et de charismes propres Ă chacun, ce qui nous est donnĂ© de plus prĂ©cieux est la foi. Nous recevons tous, le jour de notre baptĂȘme, une âmesureâ de foi. A cette mesure, correspond une exigence. Pour certains, Dieu attendra un abandon et un renoncement plus radical que pour dâautres, mais chacun en fonction de sa mission. Dieu attend de nous que nous fassions notre possible pour accroĂźtre notre trĂ©sor, câest-Ă -dire pour faire grandir notre foi. Il y a deux maniĂšres de faire grandir la foi qui sont nĂ©cessaires toutes les deux. La premiĂšre est de nourrir notre connaissance sur Dieu. En dâautres termes, il sâagit de chercher Dieu, de faire grandir notre curiositĂ© pour savoir qui Il est, de dĂ©couvrir sa beautĂ©, son amour, son identitĂ© : câest le catĂ©chisme. La deuxiĂšme maniĂšre de faire grandir la foi est dâavancer dans la confiance que nous faisons Ă Dieu. Cela sâappelle lâabandon. Nous grandissons dans lâabandon Ă Dieu lorsque nous prenons le risque de renoncer Ă une sĂ©curitĂ© humaine pour nous remettre dans les mains de Dieu.
Souvent, nous sommes tentĂ©s de nous accrocher Ă de fausses sĂ©curitĂ©s plutĂŽt quâĂ la vraie qui est que «Dieu est Dieu», câest-Ă -dire Tout Puissant et quâIl nous aime. Une tentation aujourdâhui est de mettre notre confiance et nos certitudes davantage dans la science que dans notre foi. En effet, les thĂ©ories scientifiques nous donnent une impression de maitrise alors que Dieu nous demande de lĂącher notre dĂ©sir de maitriser et de nous en remettre Ă Lui. Or, ce besoin de maitrise est particuliĂšrement frustrĂ© en ce moment. De fait, nous vivons une confusion globale gĂ©nĂ©rĂ©e par des politiques de confinement fluctuantes et, pour une part, arbitraires. Ces dĂ©cisions sont influencĂ©es par des rapports scientifiques nombreux et divergents. Certes, le sort de cette crise dĂ©pend beaucoup de la dĂ©couverte scientifique dâun remĂšde au virus. Cependant, il serait dangereux de vouloir remettre toute notre confiance dans un vaccin ou dans des gestes barriĂšres. Ce serait un faux semblant de sĂ©curitĂ© avec une durĂ©e trĂšs limitĂ©e dans le temps, avant quâun nouveau danger nâapparaisse. Pour Ă©chapper Ă la confusion actuelle, notre confiance doit sâappuyer sur le fait que Dieu est Dieu, câest-Ă -dire quâil est le Tout-Puissant, quâIl peut tout, et que rien ne lui Ă©chappe. Nous pouvons trouver la vraie sĂ©curitĂ© dans notre foi. Cette crise est donc le temps favorable pour poser des actes de confiance en Dieu. Nous ferons ainsi fructifier cette foi dont nous devrons rendre compte au jour du jugement.
La foi nous permet de regarder les Ă©vĂ©nements et les personnes comme Dieu les regarde. Quel regard de foi porter sur les nouvelles restrictions du culte ? La question nâest pas dâabord de savoir si ces restrictions sont cohĂ©rentes, mĂȘme si câest important de nous protĂ©ger, mais câest de prendre conscience de leurs consĂ©quences pour notre foi. Le Seigneur continuera de nous donner sa grĂące si nous restons disponibles de cĆur. Toutefois, il ne faudrait pas quâen essayant de maitriser la prolifĂ©ration du virus, nous occultions les vrais enjeux des restrictions qui nous sont imposĂ©es : jusquâoĂč puis-je aller avant de mettre en pĂ©ril la vie de mon Ăąme ?
D. Louis-Gustave de TORCY
Aux yeux du monde, quâil est difficile dâĂȘtre chrĂ©tien en 2020 ! Je ne vous parle pas dâĂȘtre un bon chrĂ©tien, ni dâĂȘtre saint mais seulement dâĂȘtre chrĂ©tien. Les attentats nous font mettre en colĂšre et finissent par faire (un peu) peur. La libertĂ© dâexpression se mute en surenchĂšre sanglante. LâactualitĂ© sur le virus est confuse. Le reconfinement nous isole des cĂ©rĂ©monies et de la Communion Eucharistique*. La pauvretĂ© et les inquiĂ©tudes grandissent autour de nous. Et nous restons souvent impuissants face Ă elles. MĂȘme si nos difficultĂ©s sont toutes relatives Ă celles de nos frĂšres dâOrient, souvent attaquĂ©s pour leur appartenance au nom de JĂ©sus, nous pouvons nous demander : Quand cela va-tâil sâarrĂȘter ? Et il est lĂ©gitime de se le demander.
Dans ce contexte fort anxiogĂšne, il est bon ce dimanche de relever la tĂȘte et de se plonger en Dieu en Ă©coutant sa Parole. En effet le mariage auquel participe ces dix jeunes filles (les vierges sages et les vierges folles) est une image de la rĂ©alitĂ© surnaturelle du Royaume des Cieux. Dans cette Noce, curieusement, seul lâEpoux est mentionnĂ©. Le Christ, nous le rappelons, a Ă©tĂ© dĂ©signĂ© par Jean le Baptiste comme lâĂ©poux. Son Ă©pouse peut donc ĂȘtre sa propre nature humaine, toute unie Ă sa nature divine. Mais ce peut ĂȘtre aussi ces dix jeunes filles, image de lâhumanitĂ© toute entiĂšre dĂ©sirĂ©e par Dieu comme un Ă©poux. Un Ă©poux fou amoureux.
à la chaleur de ces noces et des lampes à huile qui brûlent dans la nuit, nous pouvons entre autres retenir deux choses pour traverser cette période éprouvante.
Il ne suffira pas de vouloir sâen sortir pour sâen sortir. Nous avons besoin de Dieu. Le Salut vient de Lui. Voici ce que disait Gustave Thibon Ă ce sujet : « On ne peut pas demeurer longtemps sur la pointe des pieds. (Tao) â InefficacitĂ© de la tension volontaire dans les choses spirituelles. La vigilance Ă lâĂ©gard de Dieu ne doit pas ĂȘtre une tension, mais une dĂ©tente. Il faut que lâacte par lequel nous maintenons, vivante en nous, lâadhĂ©sion Ă lâamour divin, soit une espĂšce de dĂ©faillance de lâĂąme, un Ă©vanouissement. Prier, ce nâest pas raidir son moi, câest lâeffacer. Cette disparition appelle la grĂące : elle nous remplit de Dieu dans la mesure oĂč nous nous vidons de nous-mĂȘmes. »
Cette idĂ©e forte rejoint lâespĂ©rance chrĂ©tienne dans son sens biblique. LâespĂ©rance est une attente. Comme NoĂ© dans son arche ( comme nous dans nos maisons en ce moment ) attend la baisse des eaux. Cette attente nâest pas seulement celle dâun avenir meilleur, mais celle de Dieu. EspĂ©rer câest attendre Dieu, mais avec une joie dans le cĆur, comme sâil Ă©tait dĂ©jĂ lĂ . MĂȘme si cette attente nous fait tomber dans le sommeil, comme Lazare attendait JĂ©sus dans la mort, nous avons une certitude : le Christ approche.
La deuxiĂšme chose que nous pouvons demander Ă Dieu, pour cette pĂ©riode, est dâaugmenter en nous la Sagesse. Pas la sagesse comme fruit dâune vie sage et rangĂ©e, mais la sagesse comme don de son Esprit Saint. La Sagesse « câest la grĂące de pouvoir voir toute chose avec les yeux de Dieu. » disait le pape François dans ces catĂ©chĂšses sur les dons du Saint Esprit. Cinq des dix jeunes filles de lâĂ©vangile ont vu ce temps dâattente avec assez de sagesse pour prĂ©voir une quantitĂ© suffisante dâhuile.
Prions les uns pour les autres dans ce temps de confinement afin que lâEsprit de Dieu et, non lâesprit du monde, dirige nos actions et quâil nous fasse reprendre pied par la force de sa Parole en attendant son Eucharistie.
…………………………………………………………………. D.Christophe GRANVILLE
*cet Ă©dito est Ă©crit en attente du jugement du recours fait par la confĂ©rence des Ă©vĂȘques de France devant le Conseil dâĂ©tat.
Chers amis,
Cette fin dâannĂ©e ne nous aura pas Ă©pargnĂ©s et nous sentons, non sans une certaine crainte, la fĂ©brilitĂ© de notre sociĂ©tĂ©. Les menaces semblent venir de partout ! Menace pour notre santĂ© Ă travers cette pandĂ©mie, menace face Ă la violence terroriste qui sâimpose de plus en plus sur notre propre territoire et menace dâune crise Ă©conomique liĂ©e au confinement !
Face Ă ce dĂ©ferlement de « catastrophes », comment rĂ©agir ? Comment vivre ce nouveau confinement sans que celui-ci ne rime avec isolement et recroquevillement sur nous mĂȘmes ?
Peut ĂȘtre en acceptant dâouvrir les yeux de notre cĆur sur la grĂące que nous propose la liturgie pour ce dimanche. LâEglise nous invite Ă la fĂȘte et pas nâimporte laquelle : celle qui nous dĂ©payse, celle qui nous permet de relever la tĂȘte : la Toussaint !
En ce dimanche, nous sommes appelĂ©s Ă nous rĂ©jouir avec toute lâEglise du ciel, câest Ă dire lâEglise Triomphante, la JĂ©rusalem cĂ©leste, lâEglise dâen haut, celle de tous les Saints !
Dans la 2eme lecture, Saint Jean nous rappelle notre origine. Nous sommes citoyens des cieux. Nous avons Dieu pour PĂšre et donc sa demeure est aussi la nĂŽtre !
Bien-aimĂ©s, voyez quel grand amour nous a donnĂ© le PĂšre pour que nous soyons appelĂ©s enfants de Dieu â et nous le sommes.
Voici la seule, la vraie thĂ©rapie : accepter de vivre pleinement la grĂące de la Toussaint. La laisser nous saisir et nous dĂ©coller de lâangoisse de ce monde. Chers frĂšres et soeurs, relevons la tĂȘte, car le Christ est lĂ , au cĆur mĂȘme de nos combats ! Laissons la lumiĂšre de lâEglise du ciel nous plonger dans lâĂ©ternitĂ© et Ă©loigner de nous lâanxiĂ©tĂ© du temps prĂ©sent !
Gustave Thibon disait : «Tout ce qui nâest pas de lâĂ©ternitĂ© retrouvĂ©e, est du temps perdu ! »
Alors ne perdons pas notre temps et laissons raisonner en nous cette parole de Saint Paul : Notre cité se trouve dans les cieux !
Peut-ĂȘtre que certains objecteront que le confinement qui commence va peut-ĂȘtre nous empĂȘcher de prendre part Ă ce banquet des noces quâest la messe.
Peut ĂȘtre, mais rien nâest encore sĂ»r⊠Un recours devant le conseil dâEtat va certainement avoir lieu pour que nous puissions vivre de lâEucharistie et vos prĂȘtres qui savent combien vous avez besoin de cette nourriture cĂ©leste feront tout ce qui est possible pour vous y donner accĂšs !
Alors, pour le moment, profitons de cette grĂące de la Toussaint ! Laissons-la nous immerger dans la joie du ciel et confions le reste Ă notre Sauveur.
LâEsprit Saint et la charitĂ© quâelle diffuse en nous est inventive. Elle sait sâadapter Ă toutes les situations. Faisons Lui donc confiance et Ă©coutons lâexhortation quâun saint que nous avons connu et aimĂ© ici bas nous lance depuis le ciel : «Nâayez pas peur !»
D. Louis-Marie DUPORT
« Aimer Dieu de tout son cĆur et aimer son prochain comme soi-mĂȘme, Ă ces deux commandements est suspendue toute la Loi. » Mais comment aimer quand on y est obligĂ© ? Certes, aimer, nâest pas une obligation, sinon, ce nâest plus de lâamour. Cependant nous nâavons pas choisi de vivre ou de ne pas vivre. Et lâhomme a Ă©tĂ© créé pour aimer et ĂȘtre aimĂ©. Câest ainsi Ă la base, cela ne se choisit pas. Alors autant se servir de notre libertĂ© pour dire «oui» plutĂŽt que «non» Ă ce projet qui nous prĂ©cĂšde et dĂ©cidons nous-mĂȘmes dâaimer. Dieu veut quâil dĂ©pende de nous de devenir nous-mĂȘmes !
Jâaime Dieu parce que je veux lâaimer, librement, « par la foi au fils de Dieu qui mâa aimĂ© et sâest livrĂ© pour moi. » (Gal 2,20).
« Je me tiens Ă la porte et je frappe », dit Dieu (Ap 3,20). âJe nâentre pas de forceâ.
Mais comme nous voulons toujours tout contrĂŽler, compter sur nous-mĂȘmes, nous freinons des quatre fers, comme des Ăąnes (Ps 31,8-9). Nous ne lĂąchons pas prise. Trop souvent nous disons stop Ă lâamour qui nous fait peur, peur de perdre. Mais câest pourtant bien celui qui perd sa vie Ă cause de JĂ©sus et de lâĂvangile qui la trouve, celui qui dĂ©cide de faire confiance Ă JĂ©sus et de sâengager Ă sa suite, dans des chemins oĂč, humainement, il ne peut plus compter sur ses propres forces. « Câest la confiance et rien que la confiance, qui doit nous conduire Ă lâamour », nous dit Sainte ThĂ©rĂšse de lâEnfant JĂ©sus, Docteur de lâAmour. Ce nâest pas dâavoir dĂ©jĂ un amour terrestre qui peut faire obstacle Ă cela.
Alors « quâest-ce quâil faut faire ? » (Act. 2,37). Aimer, ce nâest pas dâabord des choses Ă faire, mais disposer son cĆur Ă la foi en JĂ©sus (Jn 6,29) qui a donnĂ© sa vie pour moi sur la croix (Gal. 2,20). Câest affermir cette vĂ©ritĂ© dans notre cĆur. Plus on sent combien on a Ă©tĂ© aimĂ© par JĂ©sus qui a donnĂ© sa vie pour nous, plus on ouvre son cĆur Ă la grĂące du Saint-Esprit, qui est lâamour mĂȘme de Dieu, qui peut se rĂ©pandre surabondamment dans nos cĆurs (Rm 5,5), spĂ©cialement dans lâadoration et la communion eucharistiques.
Jeune prĂȘtre du diocĂšse de Versailles, le pĂšre Jean-Paul Hyvernat a trouvĂ© la mort Ă 35 ans, au cours dâune ascension en montagne pendant lâĂ©tĂ© 1991, alors quâil Ă©tait dĂ©jĂ aux sommets de lâascension spirituelle. Il sâest sacrifiĂ© pour que le rocher lâĂ©crase lui et non les autres. Il aimait Ă citer Guy de Larigaudie: âil est aussi beau de peler des pommes de terre pour lâamour du Bon Dieu que de bĂątir des cathĂ©dralesâ. Par lâintention, nous pouvons changer des Ă©pluchures en or, comme de grands alchimistes ; câest un trĂ©sor que nous emportons avec nous dans lâau-delĂ . Ce trĂ©sor, câest lâinstant prĂ©sent ; une simple brindille et, lâamour fait feu de tout bois, lâamour fait or de toute pelure.
« Pour tâaimer sur la terre, je nâai rien quâaujourdâhui. » (Ste ThĂ©rĂšse Ă nouveau). « Jâai choisi lâamour du Seigneur en chaque chose ordinaire. Alors je mettrai tant de cĆur Ă les rendre extraordinaires. » « Seigneur, foyer dâamour, fais brĂ»ler nos cĆurs de charitĂ©. » Ăa se chante, parce que « lâamour du Seigneur, je le chanterai  » (Ps 144 – et tous les psaumes !) : ma vie est faite pour devenir chant dâamour.
Il nâest pas rĂ©servĂ© Ă une Ă©lite de faire de sa vie un foyer dâamour en lâalimentant chaque jour des brindilles de chaque minute, comme dâailleurs des bĂ»ches de toute une vie donnĂ©e ; nous nâavons rien quâaujourdâhui pour aimer. « Je suis venu jeter un feu sur la terre » (Lc 12,49). « Recevez le feu de lâEsprit-Saint. »
(Cf Jn 20,22 et Act 2,3). « Suivez la voie de lâamour, Ă lâexemple du Christ qui vous a aimĂ©s et sâest livrĂ© pour nous, sâoffrant Ă Dieu en sacrifice dâagrĂ©able odeur.  » (Eph 5,2).
D. Laurent LARROQUE
JĂ©sus dans les Ă©vangiles aborde dans son enseignement tous les aspects de la vie humaine. Ce dimanche, il sâagit dâun sujet important : lâimpĂŽt et, Ă travers cette question, celle de lâargent. Câest une question Ă©pineuse, que nous en ayions suffisamment ou que nous en manquions, il est important de nous laisser Ă©vangĂ©liser sur ce sujet.
A travers la pirouette inattendue de JĂ©sus pour se sortir de ce piĂšge computĂ© par les pharisiens et les hĂ©rodiens, JĂ©sus nous invite Ă tout rendre Ă Dieu, y compris lâimage de Lui-mĂȘme quâil a mise en nous⊠câest notre personne toute entiĂšre quâil faut « rendre Ă Dieu » ! Quelle joie !
Mais tant que nous serons ici-bas, nous aurons toujours besoin de lâargent qui sert Ă ajuster nos Ă©changes. Et comme nous en aurons toujours besoin, il y aura donc toujours un combat ou une Ă©preuve pour en user avec libertĂ©.
Je vous propose quelques repĂšres tirĂ©s de la doctrine sociale de lâĂ©glise pour faire le point sur notre rapport Ă lâargent.
Le premier point est que lâargent doit servir Ă des projets. Câest un outil au service dâune finalitĂ©. Les projets peuvent ĂȘtre variĂ©s, comme lâinstruction de ses enfants, acquĂ©rir un bien ou une maison, vivre dĂ©cemment, assurer une Ă©preuve de maladie ou de chĂŽmage, transmettre Ă ses enfants un hĂ©ritage, etc⊠à ce titre, il est lĂ©gitime dâĂ©pargner en vue de ces projets  ; lâimportant est dâavoir de la luciditĂ© pour discerner ceux qui sont lĂ©gitimes et ceux qui ne le sont pas, pour Ă©pargner dans une proportion adĂ©quate aux besoins des nĂ©cessitĂ©s. Mais si nous cherchons Ă Ă©pargner pour Ă©pargner, cela ne sert Ă rien. Si nous manquons de «projets» et que nous avons de lâargent, il faut donc le donner Ă ceux qui ont des «projets», mais qui manquent dâargent. Quelle joie de pouvoir contribuer Ă des idĂ©es qui nous enthousiasment avec les moyens que Dieu nous a allouĂ©s ! Cette vision permet de nous aider Ă avoir un juste rapport Ă lâĂ©pargne.
Le deuxiĂšme point est quâil faut toujours donner de notre argent. On donne, non en fonction de ce qui reste, mais en fonction de ce quâon gagne, car nous savons bien quâil nâen reste jamais assez ! Câest librement et avec joie quâil faut donner, selon ce quâon a rĂ©solu dans notre cĆur⊠certains choisissent de donner quelques journĂ©es de salaires de leur annĂ©e, dâautres la dime, dâautres donnent tout comme la veuve aux deux piĂ©cettes (Mc 12,38ss) ! Ce point lĂ est important, car donner en fonction de ce quâon gagne nous maintient dans un esprit de foi et de confiance en la Providence qui pourvoit Ă ses enfants (Mt 6,24-34). Choisir de concĂ©der quelques heures ou quelques jours de travail nous permet en allant nous mĂȘme travailler, de nous souvenir que ces journĂ©es-lĂ sont pour dâautres et non pour nous, cela donne beaucoup de joie et de zĂšle Ă notre labeur. Nous sentons aussi par lĂ que nous faisons partie dâun tout plus grand que nous et nous sommes heureux dây participer, dây contribuer ! Mes frĂšres, nâoublions, pas « Dieu aime celui qui donne avec joie ! »
Gardons notre libertĂ© face Ă Mammon pour ne pas mettre notre espĂ©rance en lui, mais en Dieu qui est riche, riche en misĂ©ricorde, qui veut nous obtenir lâhĂ©ritage de la Vie Ă©ternelle !
D. Marc-Antoine CROIZĂ©-POURCELET
Samedi dernier, la paroisse a eu la joie de tenir la premiĂšre rĂ©union de lâannĂ©e des services. Lâobjectif de ce temps Ă©tait de raviver notre zĂšle dans notre maniĂšre de servir Dieu, lâĂ©glise et notre prochain. En effet, comme le dit Saint Ignace, « Lâhomme est créé pour louer, respecter et servir Dieu notre Seigneur et par lĂ sauver son Ăąme». Cette phrase, tirĂ©e des principes et fondements, nous rappelle la vocation ultime de lâhomme : servir Dieu. Pourtant, Dieu nâa pas besoin dâĂȘtre servi. Il est tout puissant et parfaitement heureux. Câest donc pour notre propre bien quâIl nous appelle Ă servir. Nous sommes faits pour servir Dieu et nous le faisons Ă travers le service que nous rendons Ă notre prochain.
Don Marc-Antoine nous rappelait, lors de la rĂ©union, que notre service prend tout son sens lorsque nous le faisons pour JĂ©sus. Que ce soit par lâenseignement du catĂ©chisme, par la priĂšre du monastĂšre invisible, ou par lâentretien de nos Ă©glises, câest le Christ que nous cherchons Ă servir. Sainte-ThĂ©rĂšse de lâEnfant JĂ©sus nous donne un critĂšre de discernement  : est-ce que je mets de lâamour dans mon service  ? La patronne des missions du monde entier nâa connu dâautres responsabilitĂ©s que de laver le linge, passer le balai et assurer des petits services auprĂšs de ses sĆurs carmĂ©lites. Câest par ce service en apparence trĂšs simple, quâelle a appris le secret de la saintetĂ© au quotidien : « jâai choisi lâamour du Seigneur dans chaque chose ordinaire, alors je mettrai tant de cĆur Ă les rendre extraordinaires». Est-ce que je mets mon cĆur Ă aimer les enfants que jâenseigne ? Est-ce que jâoffre le temps que je consacre pour demander des grĂąces au Seigneur ? Le service nâest vrai que lorsquâil est offert, câest-Ă -dire donnĂ© gratuitement, sans contrainte et sans rien attendre en retour. Câest alors que nous dĂ©couvrons que nous recevons toujours plus que ce que nous donnons. Câest la logique de Dieu, la logique de lâamour  : nous recevons des cadeaux bien plus prĂ©cieux que lâaide matĂ©rielle que nous apportons. Comme le dit St Paul : il y a plus de joie Ă donner quâĂ recevoir (Ac. 20, 35). Câest ce chemin que le Christ a voulu emprunter  : «le Fils de lâhomme est venu non pour ĂȘtre servi mais pour servir» (Mt 20, 28). En lavant les pieds des disciples, JĂ©sus nous a montrĂ© lâexemple de lâamour vrai : ĂȘtre Ă genoux devant celui que lâon sert.
Dans sa derniĂšre encyclique «Tutti Fratelli», le pape François nous enseigne que «servir, câest « en grande partie, prendre soin de la fragilitĂ©. Servir signifie prendre soin des membres fragiles de nos familles, de notre sociĂ©tĂ©, de notre peuple ». […] Le service vise toujours le visage du frĂšre, il touche sa chair, il sent sa proximitĂ© et mĂȘme, dans certains cas, la ââsouffreââ et cherche la promotion du frĂšre. VoilĂ pourquoi, le service nâest jamais idĂ©ologique, puisquâil ne sert pas des idĂ©es, mais des personnes » (TF 115).
LâEglise enseigne que lâhomme sâaccomplit en se mettant au service de son prochain. Si elle est sans doute lâinstitution qui rassemble le plus de bĂ©nĂ©voles, quâelle soit aussi celle qui tĂ©moigne au monde de la joie quâil y a Ă servir le Christ dans nos frĂšres.
 D. Louis Gustave de Torcy
Dans cette parabole de JĂ©sus, notre cĆur est saisi par les dĂ©tails qui nous font penser au sacrifice de la Croix, en dehors des murs de JĂ©rusalem. Les vignerons homicides, le fils qui ne dit pas un mot et qui obĂ©it jusquâĂ la mort, toutes ces prĂ©cisons font quasiment glisser le texte de type « parabole » Ă une prophĂ©tie de JĂ©sus. JĂ©sus nâemploie pas ici une simple image de la vie ordinaire comme la graine de moutarde pour nous parler des rĂ©alitĂ©s du Royaume des Cieux. Il construit sur mesure une histoire oĂč chaque dĂ©tail a son importance pour les auditeurs. Les grands prĂȘtres vont disparaĂźtre sous la plume de lâĂ©vangĂ©liste (chapitre 21) pour rĂ©apparaĂźtre seulement au moment du pacte de Judas avec le SanhĂ©drin
(chapitre 26) et au procĂšs de JĂ©sus. Le dĂ©coupage liturgique nous a coupĂ© leur rĂ©action amĂšre. Ils voulurent mettre la main sur JĂ©sus pour lâarrĂȘter dĂšs « quâils comprirent que câĂ©tait dâeux quâil parlait ». Mais la peur de la foule va les retenir, car cette derniĂšre considĂ©rait JĂ©sus comme un prophĂšte.
Dans cette parabole, la rĂ©flexion du maĂźtre du Domaine ne peut que nous surprendre. En effet aprĂšs les deux salves de serviteurs envoyĂ©s rĂ©cupĂ©rer les fruits de la vigne mais finalement massacrĂ©s, le fils nous paraĂźt ĂȘtre le moins bon choix restant. Pour nous, câest pure folie, mais pour le maĂźtre du domaine, câest une derniĂšre chance : «  ils respecteront mon fils ! ». Cette folie (dâamour) est bien celle du PĂšre en nous envoyant son Fils ! Câest vraiment une unique et derniĂšre chance que nous avons de nous convertir. Il nây aura plus dâautres envoyĂ©s. Nous sommes dans lâattente du retour de JĂ©sus dans sa Gloire pour le Jugement.
La mort de lâhĂ©ritier nous donne Ă rĂ©flĂ©chir. Cette mort est en apparence absurde. Mais elle trouve du sens quand nous en parlons comme dâun sacrifice. « Ma vie, personne ne la prend, câest moi qui la donne » dit JĂ©sus chez Saint Jean (10,18). Le sacrifice, le don de soi, est lâĂąme de la Croix. Voici ce que disait le dominicain Henri-Dominique Lacordaire dans un de ses sermons Ă Notre Dame de Paris : « Le sacrifice nâest ni une Ćuvre de raison, ni une Ćuvre de folie, et câest une Ćuvre qui domine lâhistoire et la vie du genre humain. » La Croix rayonne sur nous encore aujourdâhui car en elle lâamour de Dieu a atteint son paroxysme. Comme un Agneau sans tache, JĂ©sus nous a sauvĂ©s dans son amour et dans son obĂ©issance jusquâĂ la Croix. Tel a Ă©tĂ© le prix de sa Gloire.
Ce sacrifice est dâune fĂ©conditĂ© infinie. La pierre quâont rejetĂ©e les bĂątisseurs est devenue la pierre dâangle dâun nouvel Ă©difice. Le Christ a bĂąti son Ăglise, oĂč Juifs et PaĂŻens se rejoignent. Chacun dâentre nous, chers paroissiens, avons Ă©tĂ© choisis et placĂ©s dans cette Ăglise. Que le don de nous-mĂȘmes dans les multiples petits services ou dans la communion de priĂšre fasse resplendir la Gloire de JĂ©sus dans notre entourage !
D. Christophe GRANVILLE
Depuis quelques temps, en allant Ă Sainte Bernadette, jâai pu constater une file dâattente inhabituelle empiĂ©tant sur le trottoir de lâavenue de Valescure. Je viens de comprendre quâil sâagit en fait de lâentrĂ©e dâun laboratoire dâanalyse mĂ©dicale.
Alors jâaimerais vous partager un rĂȘve que les prĂȘtres qui sont Ă votre service partagent avec lâabbĂ© Thibaut de Rincquesen (Vicaire Ă la paroisse Saint Germain des prĂ©s). Je tire ce qui suit de son Ă©dito.
Imaginons que cette queue ne soit plus simplement devant la porte du laboratoire dâanalyse mĂ©dicale mais devant celle de nos confessionnaux.
On viendrait y chercher lâabsolution qui rĂ©jouit et non le test Covid qui inquiĂšte. On pratiquerait lâintrospection de lâĂąme, plutĂŽt que de faire entrer Ă lâintĂ©rieur de nos sinus de douloureux Ă©couvillons. On recevrait la rĂ©confortante misĂ©ricorde, plutĂŽt que le diagnostic implacable.
« Or ces tests ont un rĂ©sultat incertain, alors que lâabsolution, elle, rĂ©ussit Ă tous les coups. La peine pour les coupables de contagion est elle-mĂȘme terrible : quatorze jours de rĂ©clusion et surtout un humiliant message Ă tous ses proches pour leur annoncer quâon leur a fait courir un terrible danger en leur parlant ou en leur souriant. Tandis que la peine pour les pĂ©cheurs repentants est une douce pĂ©nitence : une action de grĂące qui fait sentir combien lâamour de Dieu est grand.
Ah, si les chrĂ©tiens sâinquiĂ©taient autant de leur santĂ© spirituelle que du Covid ! Comme nous serions plus heureux et libres si la saintetĂ© Ă©tait un sujet de santĂ© publique ! Nous sommes tous pĂ©cheurs : pas besoin de test pour le savoir. Mais la maladie est de ne pas voir son pĂ©chĂ© et de ne pas sâen soucier. Quoi, nous acceptons de vivre tous les jours avec les dĂ©mons dans notre cĆur ? quelle mauvaise compagnie dont nous avons tout intĂ©rĂȘt Ă nous dĂ©barrasser ! Si nous avions cette mĂȘme vigilance contre le pĂ©chĂ© que face au Covid, au lieu de porter un masque, nous porterions une mĂ©daille miraculeuse autour du cou et un chapelet dans la poche ; en guise de gestes barriĂšres, nous ferions le signe de croix et une priĂšre silencieuse Ă chaque fois que nous risquons la contamination du pĂ©chĂ© par des regards ou des pensĂ©es impures ; Ă la place du confinement sanitaire, nous prendrions quelques minutes de priĂšre silencieuse dans une piĂšce reculĂ©e.
Oui, les journalistes et les politiques ont raison : il y a beaucoup de leçons Ă tirer de cette crise. Amis paroissiens, mettons autant dâapplication Ă revenir vers Dieu que nous en avons Ă tenir Ă distance le virus. Livrons-nous au Christ, vĂ©ritable mĂ©decin des Ăąmes »
Qui sait ? Peut-ĂȘtre vos prĂȘtres devront faire des « heures sup » au confessionnal ?
D. Louis-Marie DUPORT
« Cherchez le Royaume de Dieu et sa justice », nous dit JĂ©sus. Et les ouvriers de la premiĂšre heure qui ont commencĂ© Ă travailler Ă la Vigne du Seigneur – traduisons : Ă vivre dans la foi au Christ JĂ©sus -, se plaignent, Ă la fin du jour terrestre, de leur rĂ©tribution : « quoi ? Un denier, comme ceux qui sont arrivĂ©s Ă la derniĂšre heure ? » Ils estiment que ce nâest pas juste. Mais en terme de stricte justice, il Ă©tait convenu dâun denier dĂšs le dĂ©part. La justice est strictement observĂ©e. Et le MaĂźtre dĂ©sire donner Ă ceux qui arrivent plus tard le mĂȘme salaire : il est libre de le faire, par bontĂ©, pour ceux qui arrivent plus tard, sans lĂ©ser en stricte justice ceux qui ont commencĂ© tĂŽt.
Dans le Royaume des Cieux, Dieu ne calcule pas en stricte justice le temps passĂ© dans la foi, mais lâardeur du dĂ©sir dâen vivre jusquâĂ la mort, mĂȘme si le temps accordĂ© avant la mort est court. Certes, il semble ainsi favoriser ceux qui arrivent tard Ă la foi et qui se mettent tard Ă servir le Seigneur, aprĂšs une vie oĂč « personne ne les a embauchĂ©s » : câĂ©tait plutĂŽt ce monde matĂ©rialiste et corrompu qui en a fait des dĂ©bauchĂ©s et ils nâosent plus lever les yeux vers Dieu car ils sâestiment trop indignes dâaller travailler Ă sa vigne : âdĂ©sormais, câest trop tard, jâai gĂąchĂ© ma vieâŠâ « Non ! », proclame JĂ©sus depuis 2000 ans, dans cette parabole. « Venez, vous aussi, Ă ma vigne ! », mĂȘme Ă la derniĂšre heure ! MĂȘme Ă la derniĂšre minute, selon lâexemple limite du bon larron qui a Ă©tĂ© larron toute sa vie, sauf la derniĂšre minute de sa vie : par lâacte de Foi en JĂ©sus le Sauveur de sa vie, il est devenu saint, Ă©ternel vivant une minute avant de mourir. Gageons que, sâil avait pu ĂȘtre graciĂ© de la pendaison au gibet, sâil avait eu de nouveau les bras libres, il les aurait employĂ©s avec zĂšle Ă servir son Sauveur. Ainsi font les nouveaux convertis : le temps que nous, les anciens dans la Vigne, nous fassions un rang de vigne, en nous dĂ©brouillant pour faire le minimum de bien pour ne pas mĂ©riter la peine Ă©ternelle, tout en « aimant le monde et ce qui est dans le monde » sans aimer vraiment Dieu (1Jn 2,15), eux, ils en font le quadruple avec un grand enthousiasme. Ils aiment leur Sauveur et cela donne des ailes Ă leur zĂšle.
Dieu peut rĂ©compenser de la gloire immĂ©diate aprĂšs leur mort des nouveaux venus zĂ©lĂ©s et demander une longue expiation aux travailleurs attiĂ©dis par le calcul Ă©goĂŻste des consĂ©quences Ă©ternelles dâune vie ni bonne ni mauvaise. Ce ne sera pas stricte justice mais misĂ©ricorde pour « apprendre ce que signifie : câest la misĂ©ricorde que je veux » . PlutĂŽt que de rĂąler contre un maĂźtre estimĂ© injuste, estimons-nous heureux dâavoir encore un peu de temps pour nous convertir !
D. Laurent LARROQUE