Ce verset est le refrain du Psaume de la Fête de l’Assomption de Notre-Dame
(Ps 44/45,10). Il s’applique particulièrement à Marie montée au Ciel, corps et âme, qui reçoit les honneurs et le couronnement que Dieu veut accorder à la Créature choisie pour être Mère du Fils de Dieu incarné et Epouse de l’Esprit Saint.
Dieu avait déjà voulu que son Fils, descendu pour accomplir la purification des péchés, et remontant avec son humanité glorifiée, s’assoie à Sa droite, dans les hauteurs des Cieux : « Oracle du Seigneur à mon Seigneur : “siège à ma droite, jusqu’à ce que Je place tes ennemis comme escabeau de tes pieds.” » (Ps 109/110,1)
À la droite du Père, car c’est à Jésus qu’appartiennent le Règne, l’Honneur, la Puissance et la Gloire pour les siècles des siècles. À lui tout est soumis désormais, même si nous devons encore passer par les épreuves de l’histoire, jusqu’à son terme – et donc son sens : Jésus-Christ dans sa Gloire.
À la droite du Père, parce que tout pouvoir lui a été soumis, et tout genou doit fléchir devant le Nom de Jésus-Christ, ceux qui le veulent, ceux qui ne le veulent pas encore, et ceux qui ne le voudront jamais. Tous le feront, par amour ou par contrainte. « C’est lui qui doit mener toutes les nations avec un sceptre de fer. » (Ap 12,5)
« Dans le monde, vous aurez encore à souffrir, mais gardez confiance, j’ai vaincu le monde » (Jn 16,33). Garder confiance, cela veut dire garder la foi. (Garder la foi suppose de la nourrir : prière, sacrements, lecture de la Bible, obéissance à la Loi de Dieu.)
Le Père céleste attribue ainsi à Jésus l’honneur le plus grand qui puisse être, à Lui, son Fils Unique, le Verbe Incarné, l’Homme-Dieu, l’unique Sauveur et le Roi de tout l’univers.
« À ta droite se tient la Reine ».
À son Assomption dans la Gloire du Paradis, Marie est placée à la droite de son Fils. Jésus donne à sa Mère le signe de reconnaissance le plus grand possible, à sa virginale Mère, intimement associée à son œuvre terrestre, appelée désormais à partager sa gloire céleste et son pouvoir sur toute chair.
À la droite du Fils, parce que son “oui” lui a donné de pouvoir assumer la nature humaine dans son Sein très pur.
À la droite du Fils, parce que toujours restée à ses côtés, au moins en prière, durant son existence terrestre, buvant avec Lui au calice de nombreuses amertumes.
À la droite du Fils, parce que sous la Croix, debout, la Mère veillait dans la foi, l’espérance et la charité, et participait au Mystère de la Rédemption.
À la droite du Fils, appelée désormais Notre-Dame de la Victoire : victoire sur l’immonde Dragon, le Mauvais, le Rebelle, victoire sur le péché, sur la mort, conséquence du péché, sur la haine, sur la rébellion contre la Volonté de Dieu. L’humble servante est élevée, l’orgueilleux est abaissé.
À la droite du Fils, Marie a reçu non seulement la couronne d’honneur et de gloire, mais aussi le Règne et la Puissance que Jésus a voulu lui partager pour soumettre toutes choses au triomphe annoncé de son Cœur maternel et immaculé.
Nous ne voyons pas se réaliser ce triomphe promis, au contraire, tout semble pour l’instant soumis au pouvoir infernal, et de plus en plus. Mais “confiance” car la victoire est assurée, elle est annoncée, elle est écrite, et ne saurait décevoir. Le pouvoir du Mauvais n’est que concession momentanée accordée par le Tout-Puissant. « Peu de temps lui reste. » (Ap 12, 12)
À la droite du Fils, ô Marie, viens au secours du peuple qui tombe et qui cherche à se relever dans la terrible lutte apocalyptique actuelle décrite au
ch. 12 de l’Apocalypse donnée en 1ère lecture de ta fête. Ave Maria, Espérance du Peuple encore en chemin, sois notre secours et place-nous un jour à ta droite au Ciel éternel.
Don Laurent LARROQUE
Méditant encore une fois dans l’évangile de ce dimanche sur la figure de saint Pierre, l’homme de peu de foi qui a douté de la parole de Notre Seigneur Jésus-Christ, mais qui fut pourtant choisi pour guider la barque de l’Église, embarquons-nous avec lui…
Embarqués avec lui, nous le sommes, en fait, déjà, nous qui sommes le peuple des chrétiens et cette barque est remplie de tous ceux qui, militant sur la terre, souffrant dans le purgatoire ou triomphant dans le Ciel, sont unis avec Pierre à l’Église de Dieu.
Et pour garder le cap, ballottés au milieu des tempêtes, fixons nos yeux sur ceux qui sont déjà parvenus jusqu’au port de l’éternité, fixons nos yeux sur les saints.
Tout au long de l’année, l’Église notre mère nous propose de contempler ces nombreux frères et sœurs qui nous ont précédés.
Cette semaine, c’est saint Laurent qui, lundi 10, nous indiquera le Ciel, lui qui fut diacre fidèle du Pape Sixte II (fêté vendredi dernier), lui, encore, qui eut l’audace de montrer à l’empereur les pauvres et les indigents comme le trésor de l’Église et qui suivit le successeur de Pierre dans le martyre, le témoignage ultime rendu à Notre Seigneur.
Sainte Claire suivra mardi 11, femme courageuse et remplie de foi, amie de saint François d’Assise qui épousa la pauvreté et l’humilité dans la vie religieuse.
Saint Maximilien Kolbe, vendredi 14, nous montrera comme chaque année quel est le chemin le plus sûr et le plus court pour rejoindre le Ciel. Lui qui, étant prêtre franciscain, a offert sa vie au camp d’Auschwitz en 1941 pour préserver celle d’un père de famille, était, par-dessus tout un soldat de l’Immaculée, cherchant à répandre partout la dévotion à la très sainte Vierge. En ce mois d’août, consacré au Cœur Immaculé de Marie, il nous introduit chaque année à la solennité qui fut d’ailleurs fête nationale en France : l’Assomption de la Vierge Marie dans le Ciel.
Cette fête nous permettra de regarder, samedi 15, l’étoile qui guide notre barque aux rives éternelles, la Vierge Marie qui nous montre le Ciel. Elle y a été élevée par les anges, nous indiquant le seul cap que nous devrons garder jusqu’au bout.
Prenons donc cette direction unique que nous montre Marie, que nous montrent les saints de la barque de Pierre : À Dieu, toujours !
Hervé Soreau
Seigneur, merci pour les chrétiens de toutes parts qui passent des vacances à Saint-Raphaël et qui viennent honorer votre Sainte Mère : Notre-Dame de la Victoire…
Seigneur, merci pour tous les vacanciers qui entrent dans l’église et que vous attirez à vous à travers les murs de cette belle Basilique…
Seigneur, merci pour tous ceux qui ne vous connaissent pas et que vous nous confiez pour les accueillir et les conduire à vous…
Donnez-nous de les accueillir comme si c’était Vous, comme si nous les attendions depuis toujours.
Donnez-nous la grâce de les aimer, de les écouter, de les connaître, de recevoir leurs joies et leurs peines, leurs doutes et leurs espérances, leurs questions et leurs expériences…
Seigneur, merci pour tous ceux chez qui nous trouverons l’hospitalité du cœur.
Aidez-nous à initier une amitié confiante, à partager avec eux les merveilles que vous avez déjà faites pour nous, afin de leur annoncer le bonheur qu’il y a de vous connaître et de vous servir…
Seigneur, nous vous les confions, disposez leur cœur et le nôtre, envoyez vos saints anges pour préparer le terrain des âmes afin d’être enrichis de nombreuses et belles expériences d’évangélisation…
Donnez-nous la grâce de leur parler de vous, de votre divin Fils Jésus Christ et de toute la cour céleste mue par votre Esprit Saint.
Donnez-nous la joie de nous prononcer pour Vous devant les hommes afin que nos noms soient inscrits dans les cieux et que vous leviez une moisson de nouveaux missionnaires dans toutes les paroisses où ils retourneront. AMEN !
Don Marc-Antoine CROIZE POURCELET
Alors que Jésus parle en parabole, beaucoup se demandent pourquoi il ne dit pas ce qu’il a à dire clairement. Ce serait pourtant plus simple, et il gagnerait à ce que tous comprennent. Pourquoi se fatiguer à parler si les interlocuteurs ne comprennent pas ce que l’on dit ? En Jean 10 on trouve : « Les Juifs firent cercle autour de lui ; ils lui disaient : « Combien de temps vas-tu nous tenir en haleine ? Si c’est toi le Christ, dis-le-nous ouvertement ! ». Jésus n’est pas différent de nous. Il veut que l’on comprenne. Cependant, il cherche quelque chose que ses contemporains ne saisissent pas : l’adhésion par la liberté. Il ne s’agit pas tant de forcer les Juifs à croire que de leur montrer la vérité afin qu’ils croient. C’est pourquoi Jésus fait des miracles, afin de susciter l’intérêt, mais parle de manière semi-cachée afin que le cœur s’ouvre à ce qu’il dit. On voit cela dans la construction de l’évangile de Matthieu : au chapitre 12 Jésus fait des miracles : (verset 13) « Alors Jésus dit à l’homme : « Étends la main. » L’homme l’étendit, et elle redevint normale et saine comme l’autre. » ou encore :
(verset 22) « Alors on lui présenta un possédé qui était aveugle et muet. Jésus le guérit, de sorte que le muet parlait et qu’il voyait ». Les foules sont dans l’admiration, mais les pharisiens ne veulent pas croire. Alors Jésus explique ces signes mais en parabole, de manière cachée afin que tous puissent le choisir avec sa propre liberté, sans être obligé de croire.
Jésus pourrait agir de manière plus forte, mais au détriment de notre liberté. C’est une leçon très importante que nous devons retenir. Notre monde est dirigé par une réflexion inverse. Si la technique nous permet de le faire, alors pourquoi s’en priver ? C’est souvent l’appât du confort qui nous fait agir ainsi : Le transhumanisme semble possible ? Alors faisons-le. L’avortement et l’euthanasie sont possibles ? Alors pourquoi s’en priver ? Nous sommes dans le monde de l’efficacité à tout prix. Nous ne comprenons pas que ce qui se fait sans le temps, ne résiste pas au temps. Aussi, il ne faut pas être un grand devin pour comprendre que notre manière de vivre actuellement, bien au-delà de nos moyens, ne pourra pas tenir longtemps. Et lorsque nous nous en rendrons compte, nous en souffrirons.
C’est pourquoi l’oraison de ce dimanche nous montre un autre chemin, celui du Christ et de l’Eglise : « […] multiplie pour nous les gestes de miséricorde afin que, sous ta conduite, en faisant un bon usage des biens qui passent, nous puissions déjà nous attacher à ceux qui demeurent ». Nous cherchons ce qui vient de Dieu et qui ne se voit pas, tandis que le monde court derrière ce que l’on voit, aveuglé par l’invisible.
Don Bruno de LISLE
Décevante défaite de la France à la coupe du monde alors que la victoire semblait à portée de pied, émouvant hommage aux victimes du tragique et insupportable attentat de Nice, tristesse devant la faillite morale qui a présidé à l’adoption de la loi sur le « droit à l’aide à mourir » au nom d’une prétendue fraternité.
Si ces trois évènements n’ont rien à voir en eux-mêmes et nous affectent légitimement selon des proportions très différentes, leur concomitance, sur fond de l’incendie de l’une de nos plus belles forêts, celle de Fontainebleau, a pu nous mettre cette semaine un peu crûment devant notre faiblesse et vulnérabilité comme pays, comme personne, comme chrétien.
Cette semaine confirme à quel point notre pays, et chaque personne qui l’habite a un urgent besoin d’Espérance ! Comme chrétiens, ce genre d’ambiance de défaite, et de faillite, mérite d’être vécu comme un puissant appel à rayonner de l’Espérance qui nous habite !
Nos prières sont petites certes, nos actes de charité sont en effet invisibles, le soin que nous avons les uns des autres paraît tout à fait dérisoire, tout donner et reconnaître que l’autre est meilleur est humiliant, pourquoi pas ! Mais en tout cela, vécu par amour de Dieu, en disciples de Jésus, en tout cela est semé le Royaume de Dieu.
Nous aimerions être les moissonneurs et pouvoir récolter la consolation, la paix, et la joie de nos prières exaucées. C’est oublier que c’est le Seigneur qui donne le signal de la moisson et que cette moisson intervient à la fin des temps. Notre mission aujourd’hui, à la suite de celle du Christ lui-même est de semer, de ne pas arrêter de semer. En bonne terre comme en mauvaise terre, quelles que soient les intempéries, et les climats hostiles.
Ce qui rend la graine de moutarde précieuse n’est pas sa taille mais l’arbre surpassant les autres plantes potagères pourtant plus prometteuses, qui offre ses branches aux oiseaux du ciel et dont la graine est la promesse !
Ce qui rend si précieux ces petitesses que sont l’humilité désarmée, la fidélité dans la prière, la charité active et pressante, le soin des plus vulnérables, le respect de la vie humaine de son commencement jusqu’à son terme naturel, ce ne sont pas la place que ces actes prennent dans la gazette du monde mais la promesse qu’ils construisent patiemment et sûrement le Royaume de Dieu, dans lequel « les justes resplendiront comme le soleil » !
Pour nous encourager aux conversions que cet appel à l’Espérance exige de nous, écoutons le livre de la sagesse ce dimanche : « à tes fils tu as donné une belle Espérance : après la faute tu accordes la conversion. »
Alors, Haut les cœurs ! Redoublons de cette belle Espérance chrétienne, offrons-la à notre pays et à ses habitants qui n’attendent que cela !
Don Guillaume PLANTY
« Ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouchés les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur cœur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent » et qu’ils soient finalement sauvés.
C’est la plainte de Dieu, dans l’Evangile de ce dimanche, reprise du Livre d’Isaïe. Dieu se plaint amèrement que son Salut n’est pas accepté par les hommes. Pourtant il était à portée humaine, à portée des yeux qui servent à voir, car il tombait sous les yeux, il était évident ; à portée des oreilles qui servent à entendre, car la Parole s’était faite chair pour se faire entendre des hommes. Mais si l’homme se bouche les yeux pour ne pas voir, il ne voit pas le Salut qui passe sous ses yeux. Si l’homme se bouche les oreilles pour ne pas entendre… “il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre”… La Parole de Dieu est prêchée dans un désert. La Bonne Nouvelle… Quelle Bonne Nouvelle ?…
Derrière les yeux et les oreilles qui se ferment, il y a un cœur qui se ferme, qui ne veut pas savoir, qui ne veut rien entendre. Pourquoi l’homme s’enferme-t-il ainsi ? « afin qu’ils ne se convertissent pas » : voilà le problème : l’homme n’a pas envie de se convertir à un Dieu qui viendrait le sauver. Il estime qu’il est lui-même un petit dieu et qu’il n’a pas besoin qu’un Dieu vienne lui dire ce qu’il a à faire. Alors si Dieu vient quand même, l’homme le rejette. Il le crucifie. …Dieu en fera quand même un moyen de salut ! Mais à une seule condition : ouvrir les yeux, les oreilles, l’intelligence, le cœur, et comprendre qu’il faut se convertir et croire à la Bonne Nouvelle d’un Sauveur, le Seigneur Jésus, le Bien-Aimé éternel de nos âmes ; comprendre qu’on n’est pas des dieux, qu’on ne pourra pas faire notre salut par nous-mêmes, que cette position est juste de l’orgueil… Là, l’homme ouvre l’oreille ! Mais pour écouter un serpent qui susurre : « Vous serez comme des dieux » si vous vous affranchissez de ce Dieu qui prétend vous dire ce que vous avez à faire pour devenir vous-mêmes. Et c’est “malin”, en effet, car c’est bel et bien le projet de Dieu sur nous : nous faire Un avec Lui en son Fils qui ne fait qu’Un avec Lui : fils et filles de Dieu dans le Fils de Dieu.
La conversion, c’est le point névralgique pour accepter de voir le Salut de Dieu et d’y entrer, ou au contraire de dire : « Non, je n’ai rien vu, il ne s’est rien passé ! » Depuis 2000 ans, combien nient et renient ainsi l’Evangile de la Grâce de Dieu ! « Nous n’avons jamais rien vu de pareil ! » disaient les foules émerveillées. « Non, nous avons une explication : c’est le diable qui est à l’œuvre ! » disaient les pharisiens. Les gens de mauvaise foi sont prêts à renoncer à la logique de leur raison (il leur sera enlevé ce qu’ils ont, pour y avoir renoncé eux-mêmes !), pourvu qu’ils arrivent à ne pas admettre Jésus, le Sauveur, sauveur effectif par des miracles et des délivrances, bien visibles et bien clairs pour des yeux ouverts, c’est-à-dire un cœur ouvert, et Sauveur éternel par la Filiation à laquelle il nous donne part.
La conversion, c’est le point névralgique pour accepter d’entendre la Parole de Dieu ou au contraire pour dire : « Non, je n’ai rien entendu, il ne s’est rien passé ! » Depuis 2000 ans, combien nient et renient ainsi la Bonne Nouvelle de la Grâce de Dieu !
La parabole de la semence est à mettre dans cette perspective : Dieu est venu. Mais si les yeux, les oreilles, les intelligences et les cœurs refusent de voir, d’entendre, de comprendre et de vouloir, si le terrain se ferme à la bonne graine, alors le Salut échappe et la terre redevient un désert, lieu du serpent.
Avoir des yeux, des oreilles, une intelligence et un cœur, c’est une responsabilité humaine. C’est une possibilité de répondre à Dieu qui vient nous convertir à Lui pour nous sauver. Ou non. L’enfermement – l’Enfer me ment. La vérité m’ouvre à moi-même, au Salut de Jésus Christ, à un fruit de Vie éternelle avec Lui, par Lui et en Lui.
À toi de voir, et d’entendre la Bonne Nouvelle.
Don Laurent LARROQUE
En 1431, alors que sainte Jeanne d’Arc était jugée dans un ignoble procès, elle répondait aux brillants théologiens et évêques qui tentaient de la piéger en la questionnant sur l’Église : « Il m’est d’avis que Jésus Christ et l’Église, c’est tout un. »
Elle qui n’avait pas fait beaucoup d’études, mais avait été gratifiée de visions célestes qui lui avaient donné une force immense pour agir dans les troubles de son époque, avait saisi quelque chose, d’une manière particulièrement vive, du mystère de l’Église.
Cette semaine a eu lieu un évènement particulièrement triste pour tous les fidèles que nous sommes : la Fraternité sacerdotale
Saint Pie X, s’érigeant au-dessus du droit de l’Église, a consacré, sans mandat pontifical quatre nouveaux évêques, réitérant ainsi ce que Mgr Lefebvre avait réalisé en 1988 et qui avait initié un schisme douloureux. Le Saint-Siège a donc publié jeudi un décret stipulant la nature schismatique de cet acte et les excommunications des évêques consécrateurs et des nouveaux évêques ordonnés ainsi que les clercs et fidèles qui adhèrent formellement à ce schisme.
Cet évènement douloureux nous invite tous à réfléchir à notre attachement à l’Église : nous ne sommes pas membres de l’Église catholique parce qu’elle est parfaite, parce que nous sommes toujours et partout en accord avec tout ce que disent le pape et les évêques, mais parce que nous avons la foi en l’Esprit Saint qui l’assiste. Il ne peut pas y avoir la « Tradition » face à l’Église institutionnelle car dans ce cas la Tradition n’est plus la Tradition, c’est-à-dire la transmission fidèle des vérités de foi confiées aux Apôtres et à leurs successeurs, les évêques en communion avec le Pape. La vraie tradition ne peut se trouver qu’unie au Magistère de l’Église et elle est vivante.
Nous pouvons sans doute relire en ces temps le texte magnifique de Georges Bernanos qui comparait saint François d’Assise et Luther en affirmant que la vraie réforme de l’Église ne pouvait se vivre que de l’intérieur, par la sainteté :
« Qui prétend réformer l’Église par les mêmes moyens qu’on réforme une société temporelle, non seulement échoue dans son entreprise, mais finit infailliblement par se trouver hors de l’Église. Je dis qu’il se trouve hors de l’Église avant que personne ait pris la peine de l’en exclure, je dis qu’il s’en exclut lui-même, par une sorte de fatalité tragique. »
C’est là, je le répète, un fait d’expérience, que chacun peut vérifier s’il prend seulement la peine d’étudier la vie des hérésiarques grands ou petits. ON NE RÉFORME L’ÉGLISE QU’EN SOUFFRANT POUR ELLE, ON NE RÉFORME L’ÉGLISE VISIBLE QU’EN SOUFFRANT POUR L’ÉGLISE INVISIBLE. On ne réforme les vices de l’Église qu’en prodiguant l’exemple de ses vertus les plus héroïques.
Aimons l’Église non pas d’un amour superficiel mais avec foi et prions pour l’unité : que ceux qui s’en sont séparés reviennent dans la barque de Pierre !
Don Raphaël SIMONNEAUX
« Dieu est amour : celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu en lui » (1 Jn 4, 16).
Cette phrase de l’apôtre saint Jean est la clef pour comprendre l’évangile d’aujourd’hui qui est particulièrement exigeant : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ; Qui a trouvé sa vie la perdra ». Regardons pourquoi cela nous semble exigeant et pourquoi Jésus nous demande cela.
Depuis plusieurs décennies, le confort des occidentaux augmente largement. Il fait bon vivre en France, même si dernièrement, de nombreux problèmes inquiétants se font plus visibles qu’auparavant. Ce confort est une des causes de notre foi souvent tiède. Nous avons le sentiment que l’on peut vivre tranquillement ou du moins nous cherchons cette tranquillité et le repos de manière constante, croyant naïvement qu’il sera parfait quand nous serons parvenus à notre but ; but qui évolue en permanence à mesure que nous avons obtenu quelque chose de nouveau. Le confort nous donne l’illusion que nous pouvons créer un monde parfait. Nous avancerions vers un monde toujours meilleur. On comprenait cette idée par exemple dans la chanson de Daniel BALAVOINE : Tous les cris les SOS : « Il faudrait changer les héros dans un monde où le plus beau reste à faire ». Dans cette optique, il nous est impossible de comprendre la phrase de Jésus : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ». Il nous faut comprendre que notre but est au Ciel pour rejoindre l’Amour parfait, celui qui nous procurera le repos : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos » (Mt 11,28).
Jésus nous demande d’aimer Dieu davantage que nos parents, nos enfants qui sont certainement ce que nous avons de plus cher au monde, parce qu’il ne veut pas que nous nous
contentions d’un amour imparfait. Comprenons que la manière dont nous nous aimons les uns les autres n’est rien en comparaison avec l’amour dont nous sommes appelés à vivre auprès de Dieu. Ainsi, aimons Dieu au-delà de l’amour que nous avons pour nos familles et cet amour qui est notre joie en sera infiniment élevé. Jésus ne nous dit pas, n’aimez plus vos familles, mais au contraire, aimez-les davantage comme moi je vous aime. Pour cela, aimez-moi, car je suis l’Amour.
Don Bruno de LISLE
Au verset 5, nous lisons « La mort a frappé la multitude par la faute d’un seul, combien plus la grâce de Dieu a-t-elle comblé la multitude, grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ ». On comprend bien que l’Apôtre établit un parallèle entre le fruit de mort du péché d’Adam et le merveilleux fruit de grâce obtenu par Jésus, nouvel Adam.
Pour adorer le Mystère du Salut en Jésus le Christ, il faut avoir conscience de la réalité du péché originel : c’est l’objet du verset 12 : « Par un seul homme Adam, le péché est entré dans le monde et par le péché est venue la mort, ainsi la mort a atteint tous les hommes, du fait que tous ont péché ».
Le péché d’origine est passé à toute l’humanité. Aussi le premier fruit du sacrement du baptême est d’enlever le péché originel. Cette grâce première du baptême qui a été greffée en nous, chacun doit, au long de sa vie, y répondre par des conversions successives, c’est-à-dire le combat spirituel de toute une vie.
Dans les conciles des premiers siècles, une des « preuves » apportée de la réalité du péché originel était : « l’état actuel de l’humanité » – actuel, c’est-à-dire au 5ème siècle.
Sur le fond, l’état de l’humanité ayant peu changé, notre XXIème siècle nous donne tant d’exemples, tant de preuves de cette évidente réalité. Comme on dit « sur le zinc » le monde est fou … « où va-t-on ? » Mais à dater des « Lumières », un courant de pensée en distance et en réaction vis-à-vis du Christianisme a affirmé que c’est la société qui rend l’homme mauvais, voir Rousseau et autres…
Mais le cœur de l’homme se retrouve cependant dans le psaume 50, celui où l’homme reconnaît et confesse tous les vendredis : « Je suis pécheur dès le sein de ma mère ».
Il faut remarquer d’ailleurs que l’élite de l’Antiquité païenne avait manifestement conscience de cette distorsion dans son cœur. Dans Astérix chez les Goths (1963), Goscinny met dans la bouche d’un légionnaire, en train de faire un mauvais coup avec un complice, ces mots d’Ovide (Publius O. Naso, 43 avant Jésus Christ, vers 18 après Jésus Christ) dans les « Métamorphoses » : Video meliora proboque, deteriora sequor. Le dialoguiste bien connu ne donne pas la traduction (voir pages roses du Larousse). « Je vois ce que sont les choses bonnes et je les approuve, mais j’accomplis les mauvaises… »
Saint Paul exprime quelque chose de proche dans le chapitre 7 (verset 19) de la même épître aux Romains « Je ne fais pas le bien que je veux et commets le mal que je ne veux pas ». « Si on ne comprend pas, écrivait le Cardinal Ratzinger en 1985, que l’homme est dans un état d’aliénation (c’est-à-dire prisonnier de son péché) alors on ne comprend pas la nécessité du Christ Sauveur, pour nous reconstruire, une aide extérieure nous est nécessaire ».
Car au moment où Ovide écrivait, Jésus venait de naître, le Sauveur…
Pour conclure, reprenons ce que nous avons dit plus haut. Il faut répondre à la grâce du baptême avec le combat spirituel de toute une vie… en ayant conscience, en sachant bien que la volonté a été plus blessée par le péché que l’intelligence.
Les Anciens, païens, mais en quête de morale, l’ont exprimé comme nous l’avons vu et saint Paul le crie : « Malheureux homme que je suis ! » Mais aussi « grâces soient à Dieu par Jésus Christ ». Tous les saints qui ont été proclamés par l’Eglise sont autant de preuves que nous pouvons devenir des saints. Le Pape François dans son exhortation à la sainteté (2018) l’a exprimé : « Les saints ne sont pas forcément ‘parfaits’ mais combien de victoires du Christ dans leurs vies ! » et Benoît XVI : « l’intervention bienveillante de Dieu ne cesse de se manifester : c’est une lutte qui traverse l’Histoire ! »
Don Jean Marcel VEAU
Le progrès offre des possibilités admirables, et nous le voyons aujourd’hui de manière singulière dans le développement de l’intelligence artificielle et des nouvelles technologies. Comme je l’ai rappelé dans ma récente Encyclique, la technologie en soi n’est pas neutre car elle prend le visage de ceux qui la conçoivent, la financent, la réglementent et l’utilisent (cf. Magnifica humanitas, n. 9) ; c’est pourquoi, face aux transformations de notre temps, notre discernement doit se concentrer sur la place qu’occupe la personne humaine dans nos décisions, et sur la manière dont se posent aujourd’hui, sous un jour nouveau, la dignité du travail, la solidarité, la politique sociale et le bien commun.
Ce discernement part d’un postulat fondamental : toute société véritablement juste se fonde sur la reconnaissance de la dignité inviolable de la personne humaine. Cette dignité précède toute concession de l’État et ne peut être subordonnée à des consensus sociaux changeants ni aux aléas des majorités du moment (cf. Benoît XVI, Discours devant le Parlement fédéral allemand,
22 septembre 2011). Elle appartient à tout être humain du simple fait qu’il existe, et c’est pourquoi elle doit guider tout ordre juridique positif. La foi chrétienne la proclame à partir de la Révélation ; la raison humaine peut la reconnaître comme une exigence inscrite dans la vérité de l’homme (cf. ibid.). Lorsque cette conviction reste vivante, le droit devient une protection pour tous et une garantie face à l’imposition d’intérêts et d’agendas particuliers.
Sur cette base, il m’appartient aujourd’hui de prononcer une parole sereine et ferme devant ceux qui ont la grave responsabilité d’organiser juridiquement la vie en société. Cette vie en société peut être menacée par la culture du rejet, comme l’a si souvent mis en garde le Pape François (cf. Discours à l’Assemblée plénière de l’Académie Pontificale pour la Vie, 27 septembre 2021). En ce sens, si la vie cesse d’être reconnue comme une valeur fondamentale, quel avenir nos sociétés peuvent-elles avoir ? Peut-on qualifier de pleinement juste une communauté qui laisse dans l’ombre l’enfant à naître, la personne âgée, le malade, celui qui souffre en silence ou celui qui dépend entièrement des soins d’autrui ? La défense de la vie humaine n’est ni une question partielle ni un intérêt confessionnel : c’est un objectif de civilisation. Toute vie humaine doit être reconnue et protégée depuis sa conception jusqu’à son déclin naturel, dans toutes les circonstances de son existence. Lorsque cette certitude s’estompe, les plus vulnérables sont les premières victimes et la loi perd son sens le plus profond : servir et protéger chaque personne. C’est pourquoi la grandeur morale d’une nation se manifeste avant tout dans sa capacité à accompagner, protéger et aimer les vies qui traversent la plus grande fragilité.
Le bien commun est, d’une certaine manière, “la forme sociale de la dignité humaine” (cf. Magnifica humanitas, n. 59). Il ne consiste pas en une simple somme d’intérêts particuliers, mais en « l’ensemble des conditions de la vie sociale qui permettent aux associations et à chacun de leurs membres d’atteindre plus pleinement et plus facilement leur propre perfection » (Gaudium et spes, n. 26). Lorsque le bien commun cesse d’être un horizon partagé, l’action publique risque de se fragmenter en intérêts partiels, incapables de préserver ce qui appartient à tous.
Dans ce contexte, la famille revêt une importance particulière, en tant que première réalité humaine et fondement naturel de la communauté. C’est au sein du foyer que se côtoient les générations et que se transmet une mémoire vivante qui assure la continuité intérieure de la société. Là où la famille est soutenue, la stabilité spirituelle et sociale des nations s’en trouve également renforcée. La famille sera toujours la première école d’humanité où l’on apprend, avant tout autre lieu, la grammaire élémentaire de la vie en communauté : accueillir la vie, prendre soin de l’autre, pardonner, servir et appartenir.
Pape Léon XIV : extrait de la rencontre avec les parlementaires espagnols