Editorial Principal

Lire toute la Bible ?

Lire toute la Bible ? 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Beaucoup ont la velléité de lire toute la Bible, certains ont essayé, et quelques-uns y sont arrivés ! Ce n’est bien sûr pas indispensable quand on est chrétien, sinon ceux qui ne savent pas lire seraient de facto exclus, mais comme dit Saint Jérôme « ignorer les écritures c’est ignorer le Christ ». C’est un trésor inépuisable. Déjà Dieu manifeste sa splendeur dans la Création, combien plus dans la Révélation ! La Bible fait partie de ce patrimoine. Avec l’aide de l’Esprit Saint nous vous proposons de commencer cette aventure de lire toute la Bible. Peut-être que les rangs s’éclairciront avec les mois qui passent mais j’espère que la dynamique sera lancée !
Le 2ème objectif, en plus de la lecture intégrale, c’est que ceux qui seront parvenus au terme de cette expérience ne laissent plus une seule journée de leur vie sans lire un peu la Parole de Dieu. Oui, la Parole de Dieu est vivante et efficace, elle vient jusqu’aux jointures et jusqu’aux moelles de notre humanité pour la transformer. Ce sera peut-être l’occasion d’une belle croissance spirituelle.
Concrètement nous vous donnons rendez-vous une fois par mois – chaque 3ème mardi du mois– dans les salles Don Bosco pour recevoir le programme de lecture jusqu’au mardi du mois suivant. La lecture se fait chez soi. Le programme de lecture est composé pour lire, en même temps, un peu d’Ancien Testament et de Nouveau Testament en essayant de correspondre au temps liturgique. D’après mes calculs il y a en moyenne 5 minutes 45 secondes de lecture par jour, pendant 3 ans ! Un petit « goutte à goutte » quotidien pour une belle croissance.
L’avantage de ces retrouvailles mensuelles est de pouvoir poser des questions (et entendre celles des autres) sur les livres de la Bible que nous aurons lus dans la période précédente. Cela nous fera goûter à cette joie de lire ensemble les mêmes textes de l’écriture sainte. Il y aura aussi une introduction des livres à lire, ceci pour aider les lecteurs à comprendre le contexte et les enjeux. Petit à petit je suis sûr que le texte s’illuminera de plus en plus car la Bible est remplie de résonnances que l’Esprit Saint saura sûrement murmurer dans nos cœurs.
Si l’aventure vous titille, il est déjà temps de s’équiper : choisir une bonne Bible. En français nous avons la chance d’avoir de nombreuses traductions. Je vous conseille volontiers la dernière traduction officielle pour la liturgie, mais la Bible OSTY, la Bible TOB, la Bible expliquée ou la Bible de Jérusalem conviendront aussi. C’est plus commode de choisir une Bible avec des caractères suffisamment grands si on se lance dans cette aventure, mais si vous savez que vous lirez en déplacements, optez pour l’édition transportable. Distribution du programme de lecture sur 3 ans le mardi 15 septembre prochain !
Lire la Bible prendra peut-être un peu de temps sur certaines distractions… à nous de choisir. En tout cas cela ne remplace pas nos engagements mais leur donnera de la hauteur, de la profondeur.
Bonne rentrée !

Don Marc-Antoine CROIZE POURCELET

Quelle image nous faisons-nous du Messie comme Sauveur ?

Quelle image nous faisons-nous du Messie comme Sauveur ? 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Nous voilà, dans Saint Matthieu (ainsi qu’en Saint Marc et en Saint Luc) à un tournant, un des plus grands tournants des liens entre Jésus et ses disciples. Voilà plusieurs mois qu’ils ont vécu à ses côtés, et le Maître leur demande « Pour vous qui suis-je ? »
Pierre prend la parole au nom des autres : « Tu es le Messie, Tu es le Christ ». Aussitôt, Jésus leur annonce qu’Il sera un Messie rejeté qui devra subir sa Passion avant de ressusciter. Le même Pierre n’accepte pas cette perspective : « Cela ne t’arrivera pas  ». Il est vrai que c’est une annonce terrible pour les disciples. D’ailleurs, « six jours plus tard », Jésus emmène Pierre, Jacques et Jean et Il est transfiguré devant eux. Il leur dévoile un instant sa divinité afin de les renforcer dans la foi.
Saint Léon Le Grand dira : « C’était pour éviter qu’ils soient -on dirait de nos jours- ‘déstabilisés’ par la Passion ».
Et pourtant… cette image du Messie souffrant ne devrait pas être une surprise pour un Juif connaissant les Ecritures… Il y avait en Isaïe le « chant du Serviteur souffrant ». Bien sûr, il y a aussi chez les Juifs, au temps de la vie publique de Jésus, un courant « zélote » qui attendait un Messie victorieux par la force et Jésus a choisi un apôtre parmi eux, Simon. Il faut dire que la Palestine subit depuis 63 avant Jésus-Christ (l’annexion par Pompée), le poids de la domination romaine. Ainsi beaucoup de Juifs rêvent d’un Messie « Justicier » : ce n’est pas que cela ne soit « pas bien » de rêver d’un justicier, mais le plan de Dieu est un mystère qui nous échappe quelque peu.
Et nous, quelle « image » nous faisons-nous du Messie ? Le socle de notre méditation sur le Mystère du Christ doit toujours être celui que nous donnent les Ecritures, par exemple le Serviteur souffrant d’Isaïe. Le fait que ces textes sont insérés dans la liturgie de la Semaine Sainte nous le prouve… Sinon, selon le mot de Jean-Marie Lustiger, nous risquerions de faire du Christ «  la projection de l’homme idéal que chaque culture porte en elle  » (Le choix de Dieu – 1987).
A la fin de cet Evangile, Jésus annonce aux disciples -et Il le présente comme une condition- qu’ils passeront par le même chemin que Lui, le Sauveur, a pris.
« Prendre sa Croix » ce n’est pas seulement « un mauvais moment à passer » c’est, plus radicalement, accueillir un bouleversement total des projets. Un jour, Jésus le dira à Pierre : « Un jour tu iras là où tu ne voudrais pas aller ».
Nous ne le faisons pas avec du « stoïcisme », non, mais en union avec le Seigneur, dans la foi et donc l’espérance chrétienne, dans l’amour qui vient de Dieu.

Don Jean-Marcel VEAU

« Pierre tu es Pierre ! »

« Pierre tu es Pierre ! » 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

« Pierre tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon église».
Chaque fois qu’il venait en France, ce refrain populaire accompagnait les visites du Pape Jean-Paul II pour saluer dans la foi la grâce de la visite du successeur de Pierre dans notre pays.
Un mois avant l’arrivée de son successeur Léon XIV à Paris et à Lourdes, voilà un évangile qui nous invite à prendre vraiment toute notre part dans la préparation de cette visite apostolique !
La proclamation de Jésus est une réponse à l’acte de foi de Pierre : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ». Loin de n’être qu’une simple conclusion rationnelle ou logique cette profession de foi provient d’une révélation d’en haut que tout l’évangile a préparé : « C’est mon Père qui est aux cieux (qui t’a révélé cela) ».
Voilà un premier enseignement pour préparer la visite du Pape. C’est dans la foi qu’il faudra la vivre. Sans doute des lectures politiques ou médiatiques de l’évènement tenteront plus ou moins brillamment d’être proposées. Elles tomberont toutes à côté si n’est pas d’abord reconnue dans la foi la grâce qui nous est faite !
Le Pape, successeur de saint Pierre lui-même, est porteur de la même mission que Pierre, celle de confirmer ses frères dans la foi. Pierre, lui qui a tant aimé le Seigneur, lui qui a marché sur l’eau en regardant Jésus dans les yeux, lui qui l’a si lourdement trahi, après qu’il lui ait lavé les pieds, lui qui est si courageusement revenu, lui qui a finalement donné sa vie pour son maître. Quand un Pape visite un pays, au fond c’est le cœur battant de l’Evangile qui visite le pays, c’est le Christ qui à nouveau se fait proche de nous ! Il nous faudra être attentifs aux enseignements, aux prières, aux gestes de ce voyage, à coup sûr une parole nous sera adressée plus personnellement et viendra nous affermir ou nous encourager.
« Tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » Jésus donne à Pierre et à travers lui un grand pouvoir, non pas au sens d’une domination ou d’un privilège de caste, mais au sens d’une possibilité nouvelle d’agir, d’un déploiement ! Jésus donne à l’Eglise une autorité qui aura une conséquence sûre dans l’éternité. S’il est d’abord question de ce qui sera lié, ce qui est visé par Jésus est bien la possibilité de délier, de libérer, de pardonner les péchés, de donner la vie. L’Eglise est au service de la vie : La vie naturelle et la vie surnaturelle, la vie éternelle ! On comprend alors le scandale qui éclate quand une personne représentant l’Eglise porte atteinte à la vie !
« Pour que le monde ait la vie ! », c’est précisément la devise qui accompagnera le voyage du Pape le mois prochain ! Occasion d’une grande action de grâce pour toute la vie reçue, occasion d’un bel examen de conscience personnel et collectif et d’un nouveau désir d’aller ensemble donner la vie au monde, par notre foi, par notre cohérence, par notre courage, par notre joie, par notre fidélité, par notre vie chrétienne tout simplement. Précisons enfin que Jésus ne désire pas seulement que ses brebis aient la vie mais qu’elles aient « la vie en abondance » pour goûter déjà en espérance les beaux fruits de cette visite à venir !
A un mois de l’arrivée de Léon XIV, ne tardons plus, préparons-nous : ravivons notre foi et notre amour de l’Eglise, préparons-nous à recevoir et donner la vie jusqu’à la vie éternelle et prenons notre part dans la préparation matérielle et spirituelle de la visite du Pape en France !
Vive le Pape !
Don Guillaume PLANTY

A ta droite se tient la Reine

A ta droite se tient la Reine 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Ce verset est le refrain du Psaume de la Fête de l’Assomption de Notre-Dame
(Ps 44/45,10). Il s’applique particulièrement à Marie montée au Ciel, corps et âme, qui reçoit les honneurs et le couronnement que Dieu veut accorder à la Créature choisie pour être Mère du Fils de Dieu incarné et Epouse de l’Esprit Saint.
Dieu avait déjà voulu que son Fils, descendu pour accomplir la purification des péchés, et remontant avec son humanité glorifiée, s’assoie à Sa droite, dans les hauteurs des Cieux : « Oracle du Seigneur à mon Seigneur : “siège à ma droite, jusqu’à ce que Je place tes ennemis comme escabeau de tes pieds.” » (Ps 109/110,1)
À la droite du Père, car c’est à Jésus qu’appartiennent le Règne, l’Honneur, la Puissance et la Gloire pour les siècles des siècles. À lui tout est soumis désormais, même si nous devons encore passer par les épreuves de l’histoire, jusqu’à son terme – et donc son sens : Jésus-Christ dans sa Gloire.
À la droite du Père, parce que tout pouvoir lui a été soumis, et tout genou doit fléchir devant le Nom de Jésus-Christ, ceux qui le veulent, ceux qui ne le veulent pas encore, et ceux qui ne le voudront jamais. Tous le feront, par amour ou par contrainte. « C’est lui qui doit mener toutes les nations avec un sceptre de fer. » (Ap 12,5)
« Dans le monde, vous aurez encore à souffrir, mais gardez confiance, j’ai vaincu le monde » (Jn 16,33). Garder confiance, cela veut dire garder la foi. (Garder la foi suppose de la nourrir : prière, sacrements, lecture de la Bible, obéissance à la Loi de Dieu.)
Le Père céleste attribue ainsi à Jésus l’honneur le plus grand qui puisse être, à Lui, son Fils Unique, le Verbe Incarné, l’Homme-Dieu, l’unique Sauveur et le Roi de tout l’univers.
« À ta droite se tient la Reine ».
À son Assomption dans la Gloire du Paradis, Marie est placée à la droite de son Fils. Jésus donne à sa Mère le signe de reconnaissance le plus grand possible, à sa virginale Mère, intimement associée à son œuvre terrestre, appelée désormais à partager sa gloire céleste et son pouvoir sur toute chair.
À la droite du Fils, parce que son “oui” lui a donné de pouvoir assumer la nature humaine dans son Sein très pur.
À la droite du Fils, parce que toujours restée à ses côtés, au moins en prière, durant son existence terrestre, buvant avec Lui au calice de nombreuses amertumes.
À la droite du Fils, parce que sous la Croix, debout, la Mère veillait dans la foi, l’espérance et la charité, et participait au Mystère de la Rédemption.
À la droite du Fils, appelée désormais Notre-Dame de la Victoire : victoire sur l’immonde Dragon, le Mauvais, le Rebelle, victoire sur le péché, sur la mort, conséquence du péché, sur la haine, sur la rébellion contre la Volonté de Dieu. L’humble servante est élevée, l’orgueilleux est abaissé.
À la droite du Fils, Marie a reçu non seulement la couronne d’honneur et de gloire, mais aussi le Règne et la Puissance que Jésus a voulu lui partager pour soumettre toutes choses au triomphe annoncé de son Cœur maternel et immaculé.
Nous ne voyons pas se réaliser ce triomphe promis, au contraire, tout semble pour l’instant soumis au pouvoir infernal, et de plus en plus. Mais “confiance” car la victoire est assurée, elle est annoncée, elle est écrite, et ne saurait décevoir. Le pouvoir du Mauvais n’est que concession momentanée accordée par le Tout-Puissant. « Peu de temps lui reste. » (Ap 12, 12)
À la droite du Fils, ô Marie, viens au secours du peuple qui tombe et qui cherche à se relever dans la terrible lutte apocalyptique actuelle décrite au
ch. 12 de l’Apocalypse donnée en 1ère lecture de ta fête. Ave Maria, Espérance du Peuple encore en chemin, sois notre secours et place-nous un jour à ta droite au Ciel éternel.
Don Laurent LARROQUE

Soyons saints

Soyons saints 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Méditant encore une fois dans l’évangile de ce dimanche sur la figure de saint Pierre, l’homme de peu de foi qui a douté de la parole de Notre Seigneur Jésus-Christ, mais qui fut pourtant choisi pour guider la barque de l’Église, embarquons-nous avec lui…
Embarqués avec lui, nous le sommes, en fait, déjà, nous qui sommes le peuple des chrétiens et cette barque est remplie de tous ceux qui, militant sur la terre, souffrant dans le purgatoire ou triomphant dans le Ciel, sont unis avec Pierre à l’Église de Dieu.
Et pour garder le cap, ballottés au milieu des tempêtes, fixons nos yeux sur ceux qui sont déjà parvenus jusqu’au port de l’éternité, fixons nos yeux sur les saints.
Tout au long de l’année, l’Église notre mère nous propose de contempler ces nombreux frères et sœurs qui nous ont précédés.
Cette semaine, c’est saint Laurent qui, lundi 10, nous indiquera le Ciel, lui qui fut diacre fidèle du Pape Sixte II (fêté vendredi dernier), lui, encore, qui eut l’audace de montrer à l’empereur les pauvres et les indigents comme le trésor de l’Église et qui suivit le successeur de Pierre dans le martyre, le témoignage ultime rendu à Notre Seigneur.
Sainte Claire suivra mardi 11, femme courageuse et remplie de foi, amie de saint François d’Assise qui épousa la pauvreté et l’humilité dans la vie religieuse.
Saint Maximilien Kolbe, vendredi 14, nous montrera comme chaque année quel est le chemin le plus sûr et le plus court pour rejoindre le Ciel. Lui qui, étant prêtre franciscain, a offert sa vie au camp d’Auschwitz en 1941 pour préserver celle d’un père de famille, était, par-dessus tout un soldat de l’Immaculée, cherchant à répandre partout la dévotion à la très sainte Vierge. En ce mois d’août, consacré au Cœur Immaculé de Marie, il nous introduit chaque année à la solennité qui fut d’ailleurs fête nationale en France : l’Assomption de la Vierge Marie dans le Ciel.
Cette fête nous permettra de regarder, samedi 15, l’étoile qui guide notre barque aux rives éternelles, la Vierge Marie qui nous montre le Ciel. Elle y a été élevée par les anges, nous indiquant le seul cap que nous devrons garder jusqu’au bout.
Prenons donc cette direction unique que nous montre Marie, que nous montrent les saints de la barque de Pierre : À Dieu, toujours !
Hervé Soreau

Seigneur merci !

Seigneur merci ! 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Seigneur, merci pour les chrétiens de toutes parts qui passent des vacances à Saint-Raphaël et qui viennent honorer votre Sainte Mère : Notre-Dame de la Victoire…
Seigneur, merci pour tous les vacanciers qui entrent dans l’église et que vous attirez à vous à travers les murs de cette belle Basilique…
Seigneur, merci pour tous ceux qui ne vous connaissent pas et que vous nous confiez pour les accueillir et les conduire à vous…
Donnez-nous de les accueillir comme si c’était Vous, comme si nous les attendions depuis toujours.
Donnez-nous la grâce de les aimer, de les écouter, de les connaître, de recevoir leurs joies et leurs peines, leurs doutes et leurs espérances, leurs questions et leurs expériences…
Seigneur, merci pour tous ceux chez qui nous trouverons l’hospitalité du cœur.
Aidez-nous à initier une amitié confiante, à partager avec eux les merveilles que vous avez déjà faites pour nous, afin de leur annoncer le bonheur qu’il y a de vous connaître et de vous servir…
Seigneur, nous vous les confions, disposez leur cœur et le nôtre, envoyez vos saints anges pour préparer le terrain des âmes afin d’être enrichis de nombreuses et belles expériences d’évangélisation…
Donnez-nous la grâce de leur parler de vous, de votre divin Fils Jésus Christ et de toute la cour céleste mue par votre Esprit Saint.
Donnez-nous la joie de nous prononcer pour Vous devant les hommes afin que nos noms soient inscrits dans les cieux et que vous leviez une moisson de nouveaux missionnaires dans toutes les paroisses où ils retourneront. AMEN !

Don Marc-Antoine CROIZE POURCELET

Alors que Jésus parle en parabole

Alors que Jésus parle en parabole 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Alors que Jésus parle en parabole, beaucoup se demandent pourquoi il ne dit pas ce qu’il a à dire clairement. Ce serait pourtant plus simple, et il gagnerait à ce que tous comprennent. Pourquoi se fatiguer à parler si les interlocuteurs ne comprennent pas ce que l’on dit ? En Jean 10 on trouve : «  Les Juifs firent cercle autour de lui ; ils lui disaient : « Combien de temps vas-tu nous tenir en haleine ? Si c’est toi le Christ, dis-le-nous ouvertement ! ». Jésus n’est pas différent de nous. Il veut que l’on comprenne. Cependant, il cherche quelque chose que ses contemporains ne saisissent pas : l’adhésion par la liberté. Il ne s’agit pas tant de forcer les Juifs à croire que de leur montrer la vérité afin qu’ils croient. C’est pourquoi Jésus fait des miracles, afin de susciter l’intérêt, mais parle de manière semi-cachée afin que le cœur s’ouvre à ce qu’il dit. On voit cela dans la construction de l’évangile de Matthieu  : au chapitre 12 Jésus fait des miracles : (verset 13) « Alors Jésus dit à l’homme  : « Étends la main. » L’homme l’étendit, et elle redevint normale et saine comme l’autre. » ou encore :
(verset 22) « Alors on lui présenta un possédé qui était aveugle et muet. Jésus le guérit, de sorte que le muet parlait et qu’il voyait ». Les foules sont dans l’admiration, mais les pharisiens ne veulent pas croire. Alors Jésus explique ces signes mais en parabole, de manière cachée afin que tous puissent le choisir avec sa propre liberté, sans être obligé de croire.
Jésus pourrait agir de manière plus forte, mais au détriment de notre liberté. C’est une leçon très importante que nous devons retenir. Notre monde est dirigé par une réflexion inverse. Si la technique nous permet de le faire, alors pourquoi s’en priver  ? C’est souvent l’appât du confort qui nous fait agir ainsi  : Le transhumanisme semble possible ? Alors faisons-le. L’avortement et l’euthanasie sont possibles ? Alors pourquoi s’en priver ? Nous sommes dans le monde de l’efficacité à tout prix. Nous ne comprenons pas que ce qui se fait sans le temps, ne résiste pas au temps. Aussi, il ne faut pas être un grand devin pour comprendre que notre manière de vivre actuellement, bien au-delà de nos moyens, ne pourra pas tenir longtemps. Et lorsque nous nous en rendrons compte, nous en souffrirons.
C’est pourquoi l’oraison de ce dimanche nous montre un autre chemin, celui du Christ et de l’Eglise : « […] multiplie pour nous les gestes de miséricorde afin que, sous ta conduite, en faisant un bon usage des biens qui passent, nous puissions déjà nous attacher à ceux qui demeurent ». Nous cherchons ce qui vient de Dieu et qui ne se voit pas, tandis que le monde court derrière ce que l’on voit, aveuglé par l’invisible.

Don Bruno de LISLE

La gloire de la graine de moutarde !

La gloire de la graine de moutarde ! 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Décevante défaite de la France à la coupe du monde alors que la victoire semblait à portée de pied, émouvant hommage aux victimes du tragique et insupportable attentat de Nice, tristesse devant la faillite morale qui a présidé à l’adoption de la loi sur le « droit à l’aide à mourir  » au nom d’une prétendue fraternité.
Si ces trois évènements n’ont rien à voir en eux-mêmes et nous affectent légitimement selon des proportions très différentes, leur concomitance, sur fond de l’incendie de l’une de nos plus belles forêts, celle de Fontainebleau, a pu nous mettre cette semaine un peu crûment devant notre faiblesse et vulnérabilité comme pays, comme personne, comme chrétien.
Cette semaine confirme à quel point notre pays, et chaque personne qui l’habite a un urgent besoin d’Espérance ! Comme chrétiens, ce genre d’ambiance de défaite, et de faillite, mérite d’être vécu comme un puissant appel à rayonner de l’Espérance qui nous habite !
Nos prières sont petites certes, nos actes de charité sont en effet invisibles, le soin que nous avons les uns des autres paraît tout à fait dérisoire, tout donner et reconnaître que l’autre est meilleur est humiliant, pourquoi pas ! Mais en tout cela, vécu par amour de Dieu, en disciples de Jésus, en tout cela est semé le Royaume de Dieu.
Nous aimerions être les moissonneurs et pouvoir récolter la consolation, la paix, et la joie de nos prières exaucées. C’est oublier que c’est le Seigneur qui donne le signal de la moisson et que cette moisson intervient à la fin des temps. Notre mission aujourd’hui, à la suite de celle du Christ lui-même est de semer, de ne pas arrêter de semer. En bonne terre comme en mauvaise terre, quelles que soient les intempéries, et les climats hostiles.
Ce qui rend la graine de moutarde précieuse n’est pas sa taille mais l’arbre surpassant les autres plantes potagères pourtant plus prometteuses, qui offre ses branches aux oiseaux du ciel et dont la graine est la promesse !
Ce qui rend si précieux ces petitesses que sont l’humilité désarmée, la fidélité dans la prière, la charité active et pressante, le soin des plus vulnérables, le respect de la vie humaine de son commencement jusqu’à son terme naturel, ce ne sont pas la place que ces actes prennent dans la gazette du monde mais la promesse qu’ils construisent patiemment et sûrement le Royaume de Dieu, dans lequel « les justes resplendiront comme le soleil » !
Pour nous encourager aux conversions que cet appel à l’Espérance exige de nous, écoutons le livre de la sagesse ce dimanche : « à tes fils tu as donné une belle Espérance : après la faute tu accordes la conversion. »
Alors, Haut les cœurs ! Redoublons de cette belle Espérance chrétienne, offrons-la à notre pays et à ses habitants qui n’attendent que cela !

Don Guillaume PLANTY

Que celui qui a des yeux et des oreilles s’en serve !

Que celui qui a des yeux et des oreilles s’en serve ! 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

« Ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouchés les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur cœur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent » et qu’ils soient finalement sauvés.
C’est la plainte de Dieu, dans l’Evangile de ce dimanche, reprise du Livre d’Isaïe. Dieu se plaint amèrement que son Salut n’est pas accepté par les hommes. Pourtant il était à portée humaine, à portée des yeux qui servent à voir, car il tombait sous les yeux, il était évident ; à portée des oreilles qui servent à entendre, car la Parole s’était faite chair pour se faire entendre des hommes. Mais si l’homme se bouche les yeux pour ne pas voir, il ne voit pas le Salut qui passe sous ses yeux. Si l’homme se bouche les oreilles pour ne pas entendre… “il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre”… La Parole de Dieu est prêchée dans un désert. La Bonne Nouvelle… Quelle Bonne Nouvelle ?…
Derrière les yeux et les oreilles qui se ferment, il y a un cœur qui se ferme, qui ne veut pas savoir, qui ne veut rien entendre. Pourquoi l’homme s’enferme-t-il ainsi ? « afin qu’ils ne se convertissent pas » : voilà le problème : l’homme n’a pas envie de se convertir à un Dieu qui viendrait le sauver. Il estime qu’il est lui-même un petit dieu et qu’il n’a pas besoin qu’un Dieu vienne lui dire ce qu’il a à faire. Alors si Dieu vient quand même, l’homme le rejette. Il le crucifie. …Dieu en fera quand même un moyen de salut ! Mais à une seule condition : ouvrir les yeux, les oreilles, l’intelligence, le cœur, et comprendre qu’il faut se convertir et croire à la Bonne Nouvelle d’un Sauveur, le Seigneur Jésus, le Bien-Aimé éternel de nos âmes ; comprendre qu’on n’est pas des dieux, qu’on ne pourra pas faire notre salut par nous-mêmes, que cette position est juste de l’orgueil… Là, l’homme ouvre l’oreille ! Mais pour écouter un serpent qui susurre : « Vous serez comme des dieux » si vous vous affranchissez de ce Dieu qui prétend vous dire ce que vous avez à faire pour devenir vous-mêmes. Et c’est “malin”, en effet, car c’est bel et bien le projet de Dieu sur nous : nous faire Un avec Lui en son Fils qui ne fait qu’Un avec Lui : fils et filles de Dieu dans le Fils de Dieu.
La conversion, c’est le point névralgique pour accepter de voir le Salut de Dieu et d’y entrer, ou au contraire de dire : « Non, je n’ai rien vu, il ne s’est rien passé ! » Depuis 2000 ans, combien nient et renient ainsi l’Evangile de la Grâce de Dieu  ! « Nous n’avons jamais rien vu de pareil ! » disaient les foules émerveillées. « Non, nous avons une explication : c’est le diable qui est à l’œuvre ! » disaient les pharisiens. Les gens de mauvaise foi sont prêts à renoncer à la logique de leur raison (il leur sera enlevé ce qu’ils ont, pour y avoir renoncé eux-mêmes !), pourvu qu’ils arrivent à ne pas admettre Jésus, le Sauveur, sauveur effectif par des miracles et des délivrances, bien visibles et bien clairs pour des yeux ouverts, c’est-à-dire un cœur ouvert, et Sauveur éternel par la Filiation à laquelle il nous donne part.
La conversion, c’est le point névralgique pour accepter d’entendre la Parole de Dieu ou au contraire pour dire : « Non, je n’ai rien entendu, il ne s’est rien passé ! » Depuis 2000 ans, combien nient et renient ainsi la Bonne Nouvelle de la Grâce de Dieu !
La parabole de la semence est à mettre dans cette perspective : Dieu est venu. Mais si les yeux, les oreilles, les intelligences et les cœurs refusent de voir, d’entendre, de comprendre et de vouloir, si le terrain se ferme à la bonne graine, alors le Salut échappe et la terre redevient un désert, lieu du serpent.
Avoir des yeux, des oreilles, une intelligence et un cœur, c’est une responsabilité humaine. C’est une possibilité de répondre à Dieu qui vient nous convertir à Lui pour nous sauver. Ou non. L’enfermement – l’Enfer me ment. La vérité m’ouvre à moi-même, au Salut de Jésus Christ, à un fruit de Vie éternelle avec Lui, par Lui et en Lui.
À toi de voir, et d’entendre la Bonne Nouvelle.

Don Laurent LARROQUE

Aimons l’Eglise

Aimons l’Eglise 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

En 1431, alors que sainte Jeanne d’Arc était jugée dans un ignoble procès, elle répondait aux brillants théologiens et évêques qui tentaient de la piéger en la questionnant sur l’Église : « Il m’est d’avis que Jésus Christ et l’Église, c’est tout un. »
Elle qui n’avait pas fait beaucoup d’études, mais avait été gratifiée de visions célestes qui lui avaient donné une force immense pour agir dans les troubles de son époque, avait saisi quelque chose, d’une manière particulièrement vive, du mystère de l’Église.
Cette semaine a eu lieu un évènement particulièrement triste pour tous les fidèles que nous sommes : la Fraternité sacerdotale
Saint Pie X, s’érigeant au-dessus du droit de l’Église, a consacré, sans mandat pontifical quatre nouveaux évêques, réitérant ainsi ce que Mgr Lefebvre avait réalisé en 1988 et qui avait initié un schisme douloureux. Le Saint-Siège a donc publié jeudi un décret stipulant la nature schismatique de cet acte et les excommunications des évêques consécrateurs et des nouveaux évêques ordonnés ainsi que les clercs et fidèles qui adhèrent formellement à ce schisme.
Cet évènement douloureux nous invite tous à réfléchir à notre attachement à l’Église : nous ne sommes pas membres de l’Église catholique parce qu’elle est parfaite, parce que nous sommes toujours et partout en accord avec tout ce que disent le pape et les évêques, mais parce que nous avons la foi en l’Esprit Saint qui l’assiste. Il ne peut pas y avoir la « Tradition » face à l’Église institutionnelle car dans ce cas la Tradition n’est plus la Tradition, c’est-à-dire la transmission fidèle des vérités de foi confiées aux Apôtres et à leurs successeurs, les évêques en communion avec le Pape. La vraie tradition ne peut se trouver qu’unie au Magistère de l’Église et elle est vivante.
Nous pouvons sans doute relire en ces temps le texte magnifique de Georges Bernanos qui comparait saint François d’Assise et Luther en affirmant que la vraie réforme de l’Église ne pouvait se vivre que de l’intérieur, par la sainteté :
« Qui prétend réformer l’Église par les mêmes moyens qu’on réforme une société temporelle, non seulement échoue dans son entreprise, mais finit infailliblement par se trouver hors de l’Église. Je dis qu’il se trouve hors de l’Église avant que personne ait pris la peine de l’en exclure, je dis qu’il s’en exclut lui-même, par une sorte de fatalité tragique. »
C’est là, je le répète, un fait d’expérience, que chacun peut vérifier s’il prend seulement la peine d’étudier la vie des hérésiarques grands ou petits. ON NE RÉFORME L’ÉGLISE QU’EN SOUFFRANT POUR ELLE, ON NE RÉFORME L’ÉGLISE VISIBLE QU’EN SOUFFRANT POUR L’ÉGLISE INVISIBLE. On ne réforme les vices de l’Église qu’en prodiguant l’exemple de ses vertus les plus héroïques.
Aimons l’Église non pas d’un amour superficiel mais avec foi et prions pour l’unité : que ceux qui s’en sont séparés reviennent dans la barque de Pierre !
Don Raphaël SIMONNEAUX

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