Editorial Principal

Huit jours plus tard

Huit jours plus tard 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » »
Ainsi fut institué le dimanche. Dieu avait confié dans l’Ancienne Alliance au peuple hébreu, par l’intermédiaire de Moïse, le précepte du repos sabbatique : « Souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier […]. Le septième jour est un sabbat pour le Seigneur ton Dieu. » (Ex 20, 8). Jésus a lui-même respecté le sabbat avec ses disciples mais en lui redonnant la signification intérieure originelle. Nous connaissons les polémiques fréquentes, dans l’évangile, qui concernent le sabbat : « Le sabbat a été fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat. Ainsi le Fils de l’homme est maître même du sabbat. » (Mc 2, 27-28).
Lors du samedi saint, Dieu s’est en quelque sorte reposé de son œuvre de salut : Jésus est au tombeau et le monde attend la Résurrection. Celle-ci vient « le premier jour de la semaine », jour à la fois de mémoire du commencement de la Création (« le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux (…) Dieu dit : que la lumière soit, et la lumière fut. ») et jour qui marque la nouvelle Création, celle de l’homme racheté du premier péché, celle de la communauté des baptisés. Saint Jean-Paul II, dans sa lettre apostolique Dies Domini, donne le sens du dimanche : « C’est le jour qui rappelle la création du monde et annonce la nouvelle création inaugurée par la résurrection du Christ. » (n° 18)
Les premiers chrétiens ont tout de suite respecté le rythme de cette nouvelle Création en se réunissant pour « la fraction du Pain » – l’Eucharistie – chaque dimanche que très vite ils ont appelé le Dies Domini, le « Jour du Seigneur ». Certains sont même morts martyrs pour défendre cette possibilité de se réunir le dimanche : ce sont les martyrs d’Abytène qui répétaient : « sans le Dimanche, nous ne pouvons pas vivre ! »
Nous-mêmes, nous nous réunissons chaque dimanche et le temps pascal est l’occasion de retrouver le sens de ce jour particulier. Comme au Cénacle avec les Apôtres et la Vierge Marie, nous nous retrouvons pour recevoir la paix que le Christ Ressuscité nous offre, nous sommes « remplis de joie » en rencontrant le Seigneur et nous redisons à Jésus notre foi : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » notamment devant le mystère de l’Eucharistie. Réapprenons à vivre le dimanche qui ne peut pas être un jour comme les autres : non seulement bien sûr en étant fidèle à la messe mais aussi en faisant du dimanche une vraie fête du Seigneur en nous habillant de manière soignée pour marquer la fête, en invitant des frères et sœurs chrétiens et en soignant particulièrement le repas dominical, en privilégiant particulièrement ce jour-là les relations fraternelles et familiales et en laissant de côté les écrans, le matériel et le superficiel.
Don Raphaël SIMONNEAUX

Vivre la Semaine sainte différemment de l’année précédente

Vivre la Semaine sainte différemment de l’année précédente 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Il ne nous reste plus qu’une semaine avant la fête de Pâques, le but de notre Carême. On peut s’en réjouir, en être désolé suivant l’intensité des efforts que nous avons produits. Nous allons maintenant vivre une semaine intense dans l’ordre de la foi. Bien que nous puissions être las des jours de jeûne ou des sacrifices que nous offrons pourtant avec amour, cette semaine est le trésor que l’Eglise multimillénaire nous offre : nous allons vivre d’une manière particulière les derniers instants du Christ avant sa mort et sa résurrection.
Pour bien vivre cette semaine, il nous faut l’aborder comme un débutant qui découvre la vie du Christ. Bien sûr que la grande majorité d’entre nous connaît déjà le dénouement du Triduum pascal. C’est par ailleurs un danger. Il ne faut jamais s’habituer et toujours débuter cette semaine avec le regard des apôtres qui suivent Jésus sans comprendre la portée de chacune de ses paroles et de chacun de ses gestes. Nous avons un témoignage manifeste de cette incompréhension dans la série THE CHOSEN durant la saison 5. Les apôtres aiment Jésus. Ils essayent de comprendre ce que Jésus dit. Il prophétise afin que les apôtres comprennent, mais aussi pour que certaines de ses paroles leur soient cachées. Il veut que ses fidèles d’entre les fidèles vivent l’abandon à la volonté du Père, comme Jésus le vit. Les apôtres, comme nous tous, souhaitaient défendre Jésus. Pierre le dit  : «  Même si je dois mourir avec toi, je ne te renierai pas. » Et tous les disciples dirent de même. » (Mt 26,35). Mais ce n’est pas cette attitude que Jésus attend. Il veut que les apôtres ouvrent leurs cœurs afin que Dieu en prenne possession. Il en va de même pour nous. A l’instar des apôtres, vivons cette semaine en suivant Jésus, mais sans nos idées, sans notre manière de voir, avec les yeux de la foi.
Nous avons un deuxième modèle pour vivre la Semaine sainte. Celui de la Vierge Marie. Elle va vivre cette semaine tragique avec foi et courage contrairement aux apôtres. Ce qui est intéressant pour nous chez les apôtres, c’est que nous sommes comme eux, ce qui est intéressant pour nous avec la Vierge Marie, c’est qu’elle « gardait dans son cœur tous ces événements » (Lc 2,51). Cette phrase me semble décisive pour comprendre la Sainte Vierge. A chaque étape de la vie de son fils, elle a médité c’est-à-dire relu l’évènement avec les yeux de la foi. C’est une leçon que nous devons garder pour toute cette semaine : pour chaque célébration que nous allons vivre (Jeudi Saint, Vendredi Saint, Samedi Saint et Pâques), il nous faut méditer les paroles que nous entendons, les gestes que nous voyons dans la liturgie. Ne passons pas à côté de ce trésor : venons aux offices et méditons avec le regard des apôtres et de la Vierge Marie.
Don Bruno de LISLE

Messe des Rameaux, ouverture de la Semaine Sainte

Messe des Rameaux, ouverture de la Semaine Sainte 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Au cœur de cette Messe nous entendons la lecture de la Passion de Jésus, cette année selon Saint Matthieu.
Sainte Bernadette Soubirous, sainte Bernadette de Lourdes a eu ce mot : « La Passion je la comprends mieux quand je la lis que quand on me l’explique ».
La Passion de Jésus c’est l’heure dont Il a parlé en disant « Je dois être baptisé d’un baptême » c’est-à-dire plongé dans cette mort de l’Homme-Dieu, Celui qui est venu nous sauver.
Dans l’Evangile selon Saint Luc, nous lisons qu’à plusieurs reprises Jésus dit aux disciples « nous montons à Jérusalem » Jérusalem, la Ville Sainte où Il va mourir et ressusciter ! Les différents faits qui composent la Passion de Jésus on pourrait dire qu’ils sont un condensé du péché des hommes, la trahison, les reniements (Le seul Apôtre présent au pied de la Croix, nous le savons bien, est Jean.)
D’un autre côté il y a la perversité des gens du Temple, dans l’Evangile selon Saint Jean (cette Passion qui est lue chaque année au Vendredi Saint) nous voyons les gens du Temple qui haïssent les romains mais qui, en l’occurrence, font appel à une loi romaine, la « Lex de majestate », la « loi de majesté » instaurée par Octave Auguste ; c’est à cette loi qu’ils font référence (Jean chap 19. Verset 12) quand ils disent à Pilate « Si tu le relâches tu n’es pas ami de César, quiconque se fait roi s’oppose à César. » (1)
Ils ont déplacé le procès au plan politique : c’est une menace à peine voilée de dénonciation « en haut lieu » auprès de Tibère à Rome, et comme Pilate leur dit « crucifierai-je votre roi ? », ils ont ce mot terrible « nous n’avons de roi que César ».
Le Père Xavier Léon-Dufour, exégète, écrit : « A cet instant précis, ils ont renié la Seigneurie de Dieu sur eux ».
Sœur Edith Stein (canonisée par Jean-Paul II en 1998) a écrit : «Jamais cœur d’homme n’a pénétré dans une nuit aussi obscure que celle de l’Homme-Dieu à Gethsémani ».
Il n’est pas donné à l’esprit investigateur des hommes de pouvoir sonder le mystère impénétrable du divin abandon de l’Homme-Dieu sur la Croix »
Et, cependant si Jésus nous apparaît bien comme écrasé par ces événements terribles, sans compter les supplices endurés, en même temps Jésus commande sa Passion « Ma vie, nul ne la prend, c’est moi qui la donne ».
Au moment de mourir sur la Croix Jésus déclare : « Tout est accompli  ». Ce qui nous sauve, nous tous pécheurs, ce n‘est pas toute cette quantité de souffrances, c’est le fait que Jésus accepte tout cela avec amour, c’est le fait qu’Il accomplit la Volonté du Père c’est ainsi que cette mort devient rédemptrice.

(1) Voir « Le procès de Jésus condamné par Ponce Pilate « J.M. Varaut avocat chrétien Plon 1997

Don Jean-Marcel VEAU

Je suis la Résurrection

Je suis la Résurrection 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Lazare était au tombeau depuis déjà quatre jours. Tous les délais étaient largement dépassés pour que personne ne puisse dire : “En fait il n’était pas réellement mort…” Il était bien mort et enterré, et la putréfaction du cadavre rend tout à fait incommode et déplacé l’ordre de Jésus : « Enlevez la pierre  !… – Mais, Seigneur, il sent déjà… » Et Jésus : “N’avais-je pas dit que cette maladie n’était pas pour la mort, mais pour la gloire de Dieu et de son Fils ?” Si, tu avais dit cela, Jésus… Mais justement, Lazare est mort quand même… Ô Jésus, “que ta parole est pour moi difficile” (Ps 138/139,17) : Lazare est mort et enterré, pourquoi dire que cette maladie ne le conduirait pas à la mort ? À ma courte vue (et sans doute parce que ce n’est pas exactement cela que tu avais dit, mais j’ai compris à ma façon), il semblerait que ta Parole est prise en défaut… C’était pourtant celui que tu aimais, et tu aimais aussi Marthe et Marie qui ont envoyé un messager pour te supplier de venir… Et tu n’es pas venu… Il semblerait que tu as fait exprès de rester loin plus longtemps… Notre incompréhension est à son comble, notre peine est immense, non seulement parce qu’il nous a semblé que tu t’es désintéressé de nous, mais aussi parce que tous tes ennemis (venus peut-être davantage constater la mort de Lazare que manifester leurs condoléances) se réjouissent de cette absence, au goût d’échec et d’impuissance…
Mais tu as un plan. Il correspond au plan du Père qui t’exauce toujours. Il ne correspond pas au plan des hommes, à la vue courte et au cœur submergé et aveuglé par le chagrin familial, et aussi, pour ceux qui t’aiment, bouleversés par la souffrance de te voir vaincu… Et la douleur nous égare…
Mais toi, Jésus, tu n’es jamais vaincu. Même quand ta Parole semble prise en défaut, même lorsqu’il semble que tu t’éloignes et t’absentes au moment du deuil insupportable et de la peine inconsolable, même alors rien ne t’échappe, le hasard n’existe pas, ta toute-Puissance est toujours à l’œuvre, tout correspond à ton plan, au cheveu près (Mt 10,30) ; il fallait faire ce miracle devant une grande partie des ennemis réunis, devant une grande partie des hésitants, devant tes propres apôtres et disciples si douloureusement mis à l’épreuve, afin de les affermir le plus possible devant le mystère incompréhensible qui est finalement celui de la Croix, mystère d’un Messie souffrant qui suit son plan, pour la gloire de Dieu et pour le salut du monde, mystère de faiblesse qui est puissance de Dieu, mystère de folie (“l’amour de Dieu est folie”, comme on le chante), alors qu’il est sagesse de Dieu, mystère de pauvreté qui est la vraie richesse du Royaume des cieux.
« Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes. » (1Co 1,25). Mystère quand même. Mais « si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » La Foi traverse le mystère, elle est déjà Résurrection, elle est déjà Vie éternelle. « La Vie éternelle, c’est de te connaître, toi le seul Véritable Dieu, le Père, et Celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. » Tout cela était « afin qu’ils croient que tu m’as envoyé ».
Actualité de l’Evangile ! Ô mon âme, ta maladie te mène t-elle à la mort ?
Ô Eglise, tes maladies te mènent-elles à la mort ? Ô humanité, ton état de fin de civilisation te mène-t-elle à la mort ? Non, « cet état des choses est pour la gloire de Dieu, pour la gloire du Fils de Dieu ! » Mystère, surtout s’il faut quand même passer par la mort et attendre de Dieu la Résurrection.
“Ô Croix, Sagesse suprême !”
Qui me donnera de faire confiance, au-delà du désespoir, en une parole de Dieu qui semble se démentir elle-même ? Ô vous, Marthe et Marie, et Lazare votre frère, vous qui êtes passés par ce désespoir, donnez-moi de faire confiance au plan de Jésus dans ma vie, dans la vie de l’Eglise, dans la vie de l’humanité, malgré l’état des lieux.
“J’ai mon plan !” « Je suis la Résurrection et la Vie ! Crois-tu cela ? »
Don Laurent LARROQUE

L’aveugle né

L’aveugle né 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Ce dimanche, l’Eglise nous donne d’entendre la guérison de l’aveugle né (Jn 9). Jésus se situe au Temple de Jérusalem au moment de la fête des Tentes (Jn 7,2). Cette fête rappelle l’exode au désert et plus fondamentalement la condition de viator de peuple de Dieu. La tension est grande, Jésus vient d’esquiver une lapidation à cause de la phrase « Amen, amen, je vous le dis : avant qu’Abraham fût, moi, JE SUIS. »
Dans ce contexte, Jésus et ses disciples croisent l’aveugle mendiant. Cela suscite une excellente question : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? ». Derrière cette question il y a une croyance : si tu souffres c’est que Dieu t’a puni. La prospérité était comprise comme la récompense de Dieu pour une vie droite, le malheur comme la conséquence du mal commis. Bien sûr que notre bonheur et notre malheur ne sont pas indépendants de notre vie morale. Mais l’expérience commune de l’humanité regorge d’une part de personnes qui ne cessent de faire le bien et qui pourtant accumulent les misères, d’autre part de bourreaux à qui tout semble sourire.
La Bible aussi a ses contre-exemples comme Job le juste qui sombre dans la misère la plus profonde sans jamais maudire Dieu : « le Seigneur a donné, le Seigneur a repris, que le nom du Seigneur soit béni » (Job 1,21). Bref, Jésus brise ici cette fausse croyance : l’infirmité ou la blessure n’est pas une punition divine.
Le mal moral entraîne une blessure, sur moi ou sur quelqu’un d’autre. Faire le mal a toujours une conséquence négative. Mais dans l’autre sens je ne suis pas forcément la cause d’une blessure que je subis. Heureusement aussi : le bien accompli a lui aussi toujours une conséquence positive, sur moi et sur l’humanité tout entière.
S’il y a bien un lien entre le mal moral et le mal subi (ou la blessure), il n’est pas nécessairement immédiat.
Enfin, il est bon de regarder l’itinéraire de foi de cet aveugle guéri. Au début de cette page d’évangile il parle de Jésus en disant « l’homme qu’on appelle Jésus » (v11), puis « C’est un prophète » (v17), puis il est « de Dieu » (v33) enfin il l’appelle « Seigneur » (v38) et se prosterne devant lui. Que le Seigneur dessille toujours notre regard pour mendier sa lumière. Nous ne nous lasserons jamais de le contempler et de mieux le connaitre.
Don Marc Antoine CROIZE POURCELET

Prions pour nos catéchumènes

Prions pour nos catéchumènes 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

L’Église de France ne cesse de se réjouir de l’afflux de nombreux catéchumènes : cette année encore, la France entière aura, à Pâques la joie, dans de très nombreuses paroisses, d’entourer des jeunes et des adultes au moment où ils recevront la vie divine dans la grâce incommensurable du baptême. A Saint-Raphaël également, nous entourerons nos 15 catéchumènes.
Ils sont catéchumènes depuis plusieurs mois, voire plusieurs années depuis leur entrée en catéchuménat : après avoir été instruits brièvement sur les rudiments de la foi chrétienne et de leurs conséquences morales, l’Église les a accueillis en leur posant la question : « Que demandez-vous à l’Eglise de Dieu ? » – « La foi » ont-ils répondu après avoir frappé à la porte de l’église. Ils ont alors reçu sur leurs diffférents sens des signes de croix.
Depuis ce temps, ils se sont préparés en découvrant la vie chrétienne au dernier carême dans lequel ils sont entrés avec toute l’Église le mercredi des Cendres.
Lors du 1er dimanche de Carême, ils étaient à la Castille autour de notre évêque pour l’appel décisif, ce qu’on appelait dans l’Antiquité, le rite de l’inscription du nom. Désormais nous les appelons les « electi », les appelés. Ils ont alors été appelés à intensifier leur préparation : nous les entourons tous de notre prière et de notre affection fraternelle pendant ce Carême décisif pour eux.
A partir d’aujourd’hui et durant les trois dimanches qui viennent, ils recevront les « scrutins », des prières d’exorcisme où nous demandons à Dieu de les aider dans leur ultime combat spirituel. Ils sont « scrutés  » par Dieu, c’est-à-dire regardés en profondeur, jusqu’au plus profond de leur cœur. Nous demandons que le diable soit repoussé loin d’eux au moment où ils s’apprêtent à recevoir en héritage le trésor de la vie éternelle. Les scrutins sont accompagnés des trois évangiles qui nous aident à méditer ce qu’est le baptême : la Samaritaine aujourd’hui, l’aveugle né le 4ème et la résurrection de Lazare le 5ème dimanche de Carême.
Ils seront après chaque scrutin « renvoyés » de l’église conformément à l’usage antique pour signifier qu’ils n’ont pas encore été « initiés » au sacrement de l’Eucharistie auquel ils prendront part d’une manière nouvelle lors de la vigile pascale.
Lors du dernier scrutin, les baptisés réciteront devant eux le Symbole des Apôtres qu’ils seront invités à apprendre et qu’ils « restitueront » le matin du Samedi saint. C’est aussi le cas de la prière du Notre Père.
Le Samedi saint auront lieu les ultimes rites préparatoires au baptême : un dernier exorcisme, l’onction d’huile des catéchumènes signifiant la force dans le combat spirituel et l’Ephata reprenant le geste guérisseur de Jésus en Mc 7, 32-35.
En ce temps de grâce qu’est le Carême prions et jeûnons pour nos chers catéchumènes qui vont être enfantés à la grâce !

Don Raphaël SIMONNEAUX

Les beaux dimanches de Carême !

Les beaux dimanches de Carême ! 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Nous connaissons la symbolique importante des 40 jours du Carême. Il suffit de l’entendre ou de le lire pour que rejaillissent dans notre cœur les 40 ans d’errance du peuple hébreux dans le désert, les 40 jours et 40 nuits de Jésus lui-même au désert, modèle par excellence de notre combat spirituel de Carême.
Pourtant les plus matheux d’entre nous auront remarqué qu’entre le mercredi des Cendres et le dimanche de Pâques, il y a bien plus que 40 jours, il y en a 46 ! Nous aurait-on menti ? Non ! C’est tout à fait normal.
Notons-le une fois pour toutes ! Le dimanche, ce n’est pas Carême ! Ouf ! Le compte est bon, ça fait bien 40 !
Pour autant, savons-nous bien vivre ces dimanches de Carême  ?
Pointons d’abord un danger, celui de céder à la tentation de rattraper le dimanche tout ce dont nous nous sommes héroïquement privés la semaine ! Cette tentation peut venir d’une approche un peu trop légaliste de notre Carême se résumant dans l’alternative emprisonnante du seul permis / défendu. Cette tentation peut aussi venir aussi d’une certaine tension dans notre conversion qui cherche une soupape pour tenir la durée et révèle par là encore un manque de liberté !
Loin de cette tentation, les dimanches de Carême sont une grâce pour grandir en liberté. Chaque dimanche permet un point d’étape, un regard sur la semaine écoulée et une anticipation de la semaine à venir. Suis-je un peu plus détaché de ceci ou de cela ? Suis-je un peu plus attaché au Seigneur ? Occasion de rechoisir par amour le travail de réorientation de notre liberté vers Dieu.
Cette année A nous offre par ailleurs l’un des plus beaux cycles d’évangiles de l’année liturgique. Il vaut la peine de les méditer un peu plus que d’habitude. Ils évoquent chacun à leur manière le mystère du baptême que recevront nos catéchumènes à Pâques ! Belle occasion de raviver notre propre baptême !
Il apparait alors que ces dimanches de Carême sont parmi les plus beaux de l’année tant ils nous permettent d’apprendre avec la délicatesse de la pédagogie de l’Eglise la joie de la liberté des enfants de Dieu !
Bon Dimanche !

Don Guillaume PLANTY

Le début du Carême

Le début du Carême 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Mercredi dernier, en recevant la cendre sur notre front, nous avons entendu ces paroles qui résonnent à chaque Carême : « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile ! ». Le prêtre a pu dire également : « N’oublie pas que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière ». Ce ne sont pas des menaces ni des injonctions culpabilisantes, mais une invitation à repartir du bon pied, à recentrer notre vie sur l’essentiel. L’Évangile ne cesse de nous le rappeler : Dieu ne se lasse pas d’espérer en l’homme. Le Carême nous donne quarante jours pour accueillir à nouveau cet appel à la conversion du cœur.
Ce temps liturgique n’est pas d’abord une période de tristesse ou de privation, mais un moment de vérité et de renouveau. Il s’agit de laisser Dieu nous rejoindre là où, souvent, nous résistons : dans nos habitudes, nos certitudes, nos distractions. Le jeûne, la prière et le partage ne sont pas des exercices moraux, mais des chemins concrets pour dégager en nous la place qui revient à Dieu et à nos frères. Le jeûne nous apprend la sobriété et la liberté intérieure ; la prière nous remet en présence du Seigneur ; le partage nous ouvre aux besoins de notre prochain.
La première lecture de ce dimanche nous rappelle pourquoi il est nécessaire pour l’homme de fournir des efforts pour revenir à lui. Car l’homme s’est éloigné de Dieu, et est maintenant soumis aux tentations du démon. L’évangile nous montre toute la compassion de Dieu qui vient lui aussi subir les mêmes tentations. Il accepte tout, dans une vie d’amour pour l’homme.
Souvent, nous redoutons le mot « effort ». Pourtant, le Carême n’est pas une performance spirituelle à réussir, mais une disponibilité à accueillir la grâce. Comme tout chemin de foi, il commence par un geste de confiance. Dieu ne nous demande pas d’être parfaits, mais d’accepter d’être rejoints, relevés, aimés. Le Carême commence quand nous consentons à être déplacés et renouvelés.
Que ce temps soit donc pour nos paroisses un souffle de fraternité et de simplicité. À travers la prière en Église, les gestes de charité et les célébrations qui jalonneront ces semaines, laissons grandir en nous la joie pascale. Car au bout du désert de quarante jours, il y a un matin de lumière : celui de la Résurrection. Avançons avec confiance vers Pâques, le cœur ouvert à l’espérance qui ne déçoit pas.

Don Bruno de LISLE

Il a été dit aux Anciens, Moi, je vous dis

Il a été dit aux Anciens, Moi, je vous dis 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Dans cette page d’évangile de Saint Matthieu que nous connaissons très bien (peut-être « trop » bien ?), Jésus parle de trois commandements de la Loi et déclare, et cela à trois reprises : « il a été dit … et Moi je vous dis ».
Par exemple au sujet du meurtre Jésus déclare : « Moi je vous dis : qui se met en colère contre son frère en répondra au tribunal  ». Jésus avait commencé son discours en disant « Ne croyez pas que je suis venu abolir, mais accomplir », (on pourrait dire : la même Loi, mais en plus affiné, en plus intériorisé, purifiée aussi.
Nous l’avons assez bien saisi car on nous l’a enseigné depuis notre catéchèse, depuis notre enfance aux messes du dimanche, mais il y a quelque chose dans ces Paroles de Jésus auquel nous sommes peut-être justement trop « habitués » alors que cela pourrait nous surprendre, c’est ce mot : « et Moi je vous dis ». Aussi écoutons l’étonnement amical d’un Rabbin de notre époque, ami du Cardinal Ratzinger et donc de Benoît XVI. Neusner, américain (décédé en 2016), Neusner s’en était confié à son ami Pape : « en disant ces mots », remarquait-il, « Jésus prend la place de la Torah des Hébreux ».
Encore une fois, pour nous chrétiens de longue date, cela ne peut nous surprendre car depuis nos catéchismes, nous avons appris : Jésus est le nouveau Moïse ! Ainsi, par exemple, quand Jésus proclame la Loi Nouvelle, Il monte « sur la montagne », une colline de la Galilée, qui est ainsi un lointain écho de la montagne du Sinaï….
Oui cela ne nous « surprend » pas, mais justement ! que cette confidence du Rabbin à celui qui fut (un quart de siècle) le merveilleux chef du Dicastère de la Doctrine de la Foi à Rome, que cette confidence, oui, « rafraîchisse » en quelque sorte notre regard.
Ainsi nous redécouvrirons en quelque manière comment, et combien les disciples de Jésus ont été, eux, surpris en même temps qu’ils adhéraient avec leur foi et de tout leur cœur aux Paroles sacrées du Verbe Incarné qui s’est laissé voir dans la «  Galilée des Nations », au bord du Lac de Tibériade.
Ainsi, de cette façon, les deux mille ans qui nous séparent de cet instant seront abolis. Mettons en œuvre avec une ferveur renouvelée l’enseignement de Jésus le Christ Sauveur.

Don Jean Marcel VEAU

Sel de la terre et lumière du monde

Sel de la terre et lumière du monde 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

La Lettre à Diognète, vers l’an 150, reprenait les titres de gloire du chrétien, proclamés par Jésus : « Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde » :
« Ce que l’âme est dans le corps, les chrétiens le sont dans le monde. L’âme est répandue dans tous les membres du corps comme les chrétiens dans les cités du monde. L’âme habite dans le corps, et pourtant elle n’appartient pas au corps, comme les chrétiens habitent dans le monde mais n’appartiennent pas au monde. L’âme invisible est retenue prisonnière dans le corps visible ; ainsi les chrétiens : on les voit vivre dans le monde, mais le culte qu’ils rendent à Dieu est invisible. La chair déteste l’âme et lui fait la guerre, sans que celle-ci lui ait fait de tort, mais parce qu’elle l’empêche de jouir des plaisirs ; de même le monde déteste les chrétiens, sans que ceux-ci lui aient fait de tort, mais parce qu’ils s’opposent à ses plaisirs.
L’âme aime cette chair qui la déteste, ainsi que ses membres, comme les chrétiens aiment ceux qui les détestent. L’âme est enfermée dans le corps, mais c’est elle qui maintient le corps ; et les chrétiens sont comme détenus dans la prison du monde, mais ce sont eux qui maintiennent le monde. L’âme immortelle campe dans une tente mortelle : ainsi les chrétiens campent-ils dans le monde corruptible, en attendant l’incorruptibilité du ciel. L’âme devient meilleure en se mortifiant par la faim et la soif ; et les chrétiens, persécutés, se multiplient de jour en jour. Le poste que Dieu leur a fixé est si beau qu’il ne leur est pas permis de le déserter. »
L’image du sel correspond à cette idée d’incorruptibilité dans un monde corruptible. Car à l’époque de Jésus, il n’y avait pas de réfrigérateur, il y avait la saumure. Les chrétiens, et en particulier les prêtres et les consacrés, doivent être du sel, pour empêcher la corruption du monde. Bien sûr ils ne doivent pas être eux-mêmes corrompus avec le monde, sinon ils ne sont plus bons à rien qu’à être piétinés. Ils doivent empêcher la corruption, pas l’accélérer.
Il faut savoir mettre du sel sur les plaies, ça pique et ça brûle, pour cautériser, afin de cicatriser et d’arrêter l’infection de la plaie. Ainsi, le chrétien doit savoir dénoncer le mal et non s’en rendre complice. Pas de convention possible entre le Christ et Bélial (2Co 6,15), entre Dieu et diable, entre le bien et le mal.
L’image de la lumière ne comporte pas l’idée de briller pour soi-même, mais d’éclairer pour les autres, non pas pour sa propre gloire, mais pour qu’en voyant les bonnes œuvres, les hommes glorifient Dieu. “Pour toi, quand tu pries, quand tu fais l’aumône, quand tu fais pénitence, ne le fais pas devant les hommes pour en tirer de la gloire pour toi : fais le devant ton Père afin que toute la gloire soit pour Lui”. Le Père te réserve sa récompense « bien tassée, secouée, débordante », pour avoir été sel de la terre, quitte à piquer fort comme le sel sur les plaies, et pour avoir été la lumière transparente du Christ, pour que les hommes voient la lumière et retrouvent les repères de la foi et de la raison dans ce monde ténébreux d’orphelins sans père ni repère, angoissé dans sa recherche effrénée des plaisirs (hédonisme) mais qui ne trouve qu’esclavage, corruption, ténèbres et culture de mort, pour ne pas dire culte de la mort, jusqu’en Assemblées… Soyons sel et lumière, frères, même si ça pique, car le monde attend plus que jamais le passage des chrétiens.
Don Laurent LARROQUE

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