Lettre de saint Paulaux Romains

Lettre de saint Paulaux Romains

Lettre de saint Paulaux Romains 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Au verset 5, nous lisons « La mort a frappé la multitude par la faute d’un seul, combien plus la grâce de Dieu a-t-elle comblé la multitude, grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ ». On comprend bien que l’Apôtre établit un parallèle entre le fruit de mort du péché d’Adam et le merveilleux fruit de grâce obtenu par Jésus, nouvel Adam.
Pour adorer le Mystère du Salut en Jésus le Christ, il faut avoir conscience de la réalité du péché originel : c’est l’objet du verset 12 : « Par un seul homme Adam, le péché est entré dans le monde et par le péché est venue la mort, ainsi la mort a atteint tous les hommes, du fait que tous ont péché ».
Le péché d’origine est passé à toute l’humanité. Aussi le premier fruit du sacrement du baptême est d’enlever le péché originel. Cette grâce première du baptême qui a été greffée en nous, chacun doit, au long de sa vie, y répondre par des conversions successives, c’est-à-dire le combat spirituel de toute une vie.
Dans les conciles des premiers siècles, une des « preuves » apportée de la réalité du péché originel était : « l’état actuel de l’humanité » – actuel, c’est-à-dire au 5ème siècle.
Sur le fond, l’état de l’humanité ayant peu changé, notre XXIème siècle nous donne tant d’exemples, tant de preuves de cette évidente réalité. Comme on dit « sur le zinc » le monde est fou … « où va-t-on ? » Mais à dater des «  Lumières », un courant de pensée en distance et en réaction vis-à-vis du Christianisme a affirmé que c’est la société qui rend l’homme mauvais, voir Rousseau et autres…
Mais le cœur de l’homme se retrouve cependant dans le psaume 50, celui où l’homme reconnaît et confesse tous les vendredis : « Je suis pécheur dès le sein de ma mère ».
Il faut remarquer d’ailleurs que l’élite de l’Antiquité païenne avait manifestement conscience de cette distorsion dans son cœur. Dans Astérix chez les Goths (1963), Goscinny met dans la bouche d’un légionnaire, en train de faire un mauvais coup avec un complice, ces mots d’Ovide (Publius O. Naso, 43 avant Jésus Christ, vers 18 après Jésus Christ) dans les «  Métamorphoses  »  : Video meliora proboque, deteriora sequor. Le dialoguiste bien connu ne donne pas la traduction (voir pages roses du Larousse). « Je vois ce que sont les choses bonnes et je les approuve, mais j’accomplis les mauvaises… »
Saint Paul exprime quelque chose de proche dans le chapitre 7 (verset 19) de la même épître aux Romains « Je ne fais pas le bien que je veux et commets le mal que je ne veux pas ». « Si on ne comprend pas, écrivait le Cardinal Ratzinger en 1985, que l’homme est dans un état d’aliénation (c’est-à-dire prisonnier de son péché) alors on ne comprend pas la nécessité du Christ Sauveur, pour nous reconstruire, une aide extérieure nous est nécessaire ».
Car au moment où Ovide écrivait, Jésus venait de naître, le Sauveur…
Pour conclure, reprenons ce que nous avons dit plus haut. Il faut répondre à la grâce du baptême avec le combat spirituel de toute une vie… en ayant conscience, en sachant bien que la volonté a été plus blessée par le péché que l’intelligence.
Les Anciens, païens, mais en quête de morale, l’ont exprimé comme nous l’avons vu et saint Paul le crie : « Malheureux homme que je suis ! » Mais aussi « grâces soient à Dieu par Jésus Christ ». Tous les saints qui ont été proclamés par l’Eglise sont autant de preuves que nous pouvons devenir des saints. Le Pape François dans son exhortation à la sainteté (2018) l’a exprimé  : « Les saints ne sont pas forcément ‘parfaits’ mais combien de victoires du Christ dans leurs vies ! » et Benoît XVI : « l’intervention bienveillante de Dieu ne cesse de se manifester : c’est une lutte qui traverse l’Histoire ! »
Don Jean Marcel VEAU

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