Quel est le plus grand commandement ?

Quel est le plus grand commandement ?

Quel est le plus grand commandement ? 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

« Aimer Dieu de tout son cœur et aimer son prochain comme soi-même, à ces deux commandements est suspendue toute la Loi. » Mais comment aimer quand on y est obligé ? Certes, aimer, n’est pas une obligation, sinon, ce n’est plus de l’amour. Cependant nous n’avons pas choisi de vivre ou de ne pas vivre. Et l’homme a été créé pour aimer et être aimé. C’est ainsi à la base, cela ne se choisit pas. Alors autant se servir de notre liberté pour dire «oui» plutôt que «non» à ce projet qui nous précède et décidons nous-mêmes d’aimer. Dieu veut qu’il dépende de nous de devenir nous-mêmes !
J’aime Dieu parce que je veux l’aimer, librement, « par la foi au fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré pour moi. » (Gal 2,20).
« Je me tiens à la porte et je frappe », dit Dieu (Ap 3,20). “Je n’entre pas de force”.
Mais comme nous voulons toujours tout contrôler, compter sur nous-mêmes, nous freinons des quatre fers, comme des ânes (Ps 31,8-9). Nous ne lâchons pas prise. Trop souvent nous disons stop à l’amour qui nous fait peur, peur de perdre. Mais c’est pourtant bien celui qui perd sa vie à cause de Jésus et de l’Évangile qui la trouve, celui qui décide de faire confiance à Jésus et de s’engager à sa suite, dans des chemins où, humainement, il ne peut plus compter sur ses propres forces. « C’est la confiance et rien que la confiance, qui doit nous conduire à l’amour », nous dit Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, Docteur de l’Amour. Ce n’est pas d’avoir déjà un amour terrestre qui peut faire obstacle à cela.
Alors « qu’est-ce qu’il faut faire ? » (Act. 2,37). Aimer, ce n’est pas d’abord des choses à faire, mais disposer son cœur à la foi en Jésus (Jn 6,29) qui a donné sa vie pour moi sur la croix (Gal. 2,20). C’est affermir cette vérité dans notre cœur. Plus on sent combien on a été aimé par Jésus qui a donné sa vie pour nous, plus on ouvre son cœur à la grâce du Saint-Esprit, qui est l’amour même de Dieu, qui peut se répandre surabondamment dans nos cœurs (Rm 5,5), spécialement dans l’adoration et la communion eucharistiques.
Jeune prêtre du diocèse de Versailles, le père Jean-Paul Hyvernat a trouvé la mort à 35 ans, au cours d’une ascension en montagne pendant l’été 1991, alors qu’il était déjà aux sommets de l’ascension spirituelle. Il s’est sacrifié pour que le rocher l’écrase lui et non les autres. Il aimait à citer Guy de Larigaudie: “il est aussi beau de peler des pommes de terre pour l’amour du Bon Dieu que de bâtir des cathédrales”. Par l’intention, nous pouvons changer des épluchures en or, comme de grands alchimistes ; c’est un trésor que nous emportons avec nous dans l’au-delà. Ce trésor, c’est l’instant présent ; une simple brindille et, l’amour fait feu de tout bois, l’amour fait or de toute pelure.
« Pour t’aimer sur la terre, je n’ai rien qu’aujourd’hui. » (Ste Thérèse à nouveau). « J’ai choisi l’amour du Seigneur en chaque chose ordinaire. Alors je mettrai tant de cœur à les rendre extraordinaires. » « Seigneur, foyer d’amour, fais brûler nos cœurs de charité. » Ça se chante, parce que « l’amour du Seigneur, je le chanterai  » (Ps 144 – et tous les psaumes !) : ma vie est faite pour devenir chant d’amour.
Il n’est pas réservé à une élite de faire de sa vie un foyer d’amour en l’alimentant chaque jour des brindilles de chaque minute, comme d’ailleurs des bûches de toute une vie donnée ; nous n’avons rien qu’aujourd’hui pour aimer. « Je suis venu jeter un feu sur la terre » (Lc 12,49). « Recevez le feu de l’Esprit-Saint. »
(Cf Jn 20,22 et Act 2,3). « Suivez la voie de l’amour, à l’exemple du Christ qui vous a aimés et s’est livré pour nous, s’offrant à Dieu en sacrifice d’agréable odeur.  » (Eph 5,2).
D. Laurent LARROQUE