Il manifesta sa gloire

Il manifesta sa gloire

Il manifesta sa gloire 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Après l’adoration des mages il y a quinze jours, le baptême de Jésus dimanche dernier, nous célébrons aujourd’hui les noces de Cana. Traditionnellement, ces trois événements étaient commémorés ensemble en tant qu’épiphanies, manifestations du divin.
Cela est très clair pour les deux premiers : l’adoration des mages est la manifestation du Dieu fait homme aux nations païennes, le baptême de Jésus est à la fois la manifestation de la Trinité et l’attestation de l’identité divine de Jésus, mais il est beaucoup moins visible que les noces de Cana soient une épiphanie : après tout, le miracle de Jésus est ignoré de la quasi-totalité des convives et sa signification n’a rien d’évident. Pourtant l’évangile nous dit bien qu’à cette occasion Jésus « manifesta sa gloire et [que] ses disciples crurent en Lui. »
Il faut donc creuser pour comprendre la signification de ce miracle et en quoi celui-ci révèle la mission de Jésus. La conversion de l’eau en vin montre tout d’abord la puissance de Jésus, à qui les éléments sont soumis : personne d’autre que Lui ne peut prétendre dominer ainsi la nature. Cependant ce pouvoir, dû à son identité divine, se montre également dans tous ses miracles, par définition ; nous pouvons donc nous demander pourquoi Jésus a manifesté pour la première fois sa gloire par ce miracle-ci et non par un autre comme une guérison, une pêche miraculeuse ou même une résurrection. Le plan de la Providence ne laisse rien au hasard et il est délibéré que Jésus ait réalisé son premier miracle à un mariage où le vin manqua.
Les convives du mariage faisaient la fête et avaient donc besoin « du vin qui réjouit le cœur de l’homme » (Ps 103), sans quoi leur célébration risquait d’être bien terne. L’eau est sans saveur, le vin, lui, contient de multiples arômes, il réjouit, fait sortir de soi. Les anciens allaient jusqu’à le considérer comme un moyen de s’élever jusqu’à la sphère du divin. Bien entendu, la réalité de l’alcoolisme et des ravages de l’alcool tempère cette conception, mais il faut comprendre que nous nous intéressons ici à ce que représente le vin sur le plan symbolique. Sans Jésus, depuis le péché de nos premiers parents, l’homme est condamné à une existence peineuse, il ne peut plus accéder à la joie simple qui naît de l’amitié avec Dieu, et toutes ses souffrances sont inutiles. La jeune sainte Sandra Sabattini nous dit que « La vie vécue sans Dieu est un passe-temps, ennuyeux ou amusant, avec lequel jouer en attendant la mort. » Loin de Dieu, il est possible de vivre beaucoup de belles choses, mais pas d’atteindre le bonheur plénier pour lequel nous sommes faits.
Jésus est venu apporter le sel qui donne du goût à l’existence, qui fait de cette vie l’occasion d’apprendre à vivre avec Dieu et qui permet que même la souffrance prenne un sens, quand elle est acceptée par amour de Lui. Jésus est venu nous apporter le vin véritable qui permet à ce mariage qui s’annonçait mal d’être conclu : à savoir celui de Dieu et de l’humanité, malmené par l’infidélité de l’épouse. Par son sang versé par amour est scellée une nouvelle alliance, définitive, entre la multitude des hommes et leur Créateur (Cf. Lc 22,20).
A Cana, c’est donc bien la mission de Jésus qui a été manifestée : celle de rendre à nos existences la joie que Dieu nous destinait et de permettre que le projet de mariage entre le Créateur et l’humanité aboutisse enfin, par le don de la grâce qui seule rend digne de Lui l’épouse infidèle que nous étions. Pour entrer dans cette alliance, imitons donc ses disciples et présentons Lui l’hommage de notre foi.
Don Axel de Perthuis









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