Savoir aimer

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Savoir aimer 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Les pharisiens ont toujours le mauvais rôle ! Même dans cette parabole qui est une histoire inventée. Jésus aurait pu inverser les rôles pour ne pas stigmatiser encore ces mêmes individus et leur donner pour une fois, le rôle des gentils mais non. Décidément, être pharisien ne fait pas approcher du royaume des cieux. Pire que ça, ce qui en éloigne le plus semble être de s’y croire. La parabole est destinée à certains qui sont convaincus d’être justes et qui méprisent les autres. Et ce rôle sera tenu par un pharisien…
Bon, mais ne nous y trompons pas. L’intention de Jésus n’est pas de se moquer ou de dénigrer. Rappelons-nous simplement que Jésus vient nous apprendre que nous sommes aimés par Dieu même si nous nous sentons minables ; et que cet amour de Dieu est agissant et transformant en nous dès lors que nous nous reconnaissons comme tels. Ensuite, cette action de Dieu qui nous transforme ou qui nous fait devenir justes, selon l’expression de l’évangile, vise à nous élever à une même capacité d’amour. Aimer Dieu et aimer son prochain est le véritable et nouveau commandement donné par Jésus.
En effet, « Qui s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé » est une affirmation que l’on relève trois fois dans les évangiles (une fois chez saint Matthieu, deux fois chez saint Luc). Elle vient conclure des enseignements sur les rapports avec le prochain comme la manière de se faire serviteur ou les rapports avec Dieu, comme ici avec la prière. Cette expression est donc une règle de l’amour aussi bien de Dieu que du prochain. C’est ce qu’avait bien compris sainte Thérèse de l’Enfant Jésus qui écrivait cette belle définition : « Le propre de l’amour est de s’abaisser ». Elle l’écrivait d’abord pour décrire l’amour de Jésus qui, étant Dieu, s’est abaissé pour chacun de nous, jusqu’à prendre la dernière place et être tué. Ce que résume l’hymne aux Philippiens (Ph 2, 6-11) : « Il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur… Il s’est abaissé… jusqu’à la mort et la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a exalté et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom… ».
Croire en Jésus mort et ressuscité, c’est dire comme saint Jean  : « Nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous et nous y avons cru… Quant à nous, nous aimons parce que Dieu nous a aimés le premier » (1 Jn 4, 16-19).
D. Martin PANHARD