Lumière du Thabor

Lumière du Thabor

Lumière du Thabor 2560 1920 Paroisses de Saint-Raphael

Selon la présentation de Matthieu qui diffère de Marc et Luc, Jésus transfiguré apparaît surtout comme le nouveau Moïse, rencontrant Dieu sur un nouveau Sinaï (le Thabor) dans la nuée. Le visage lumineux, il est assisté des deux personnages de l’Ancien Testament qui ont bénéficié de révélations sur le Sinaï. Moïse et Elie personnifient la Loi et les Prophètes que Jésus vient accomplir. La voix céleste ordonne de l’écouter comme le nouveau Moïse et les disciples se prosternent en révérence du Maître. Quand l’apparition se termine, Jésus reste seul car il suffit comme docteur de la Loi parfaite et définitive. Sa gloire n’est d’ailleurs que transitoire car il est aussi le Serviteur souffrant ainsi décrit par Isaïe : « Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui mon âme se complaît » (Isaïe 42,1). Les mots du prophète sont presque les mêmes que ceux du Père !
Moïse a été choisi par Dieu pour libérer son peuple de l’esclavage d’Egypte et l’emmener 40 ans au désert. Au Sinaï, Dieu éprouve son peuple et le purifie tandis qu’il se révèle à Moïse en chargeant ce dernier, d’annoncer au peuple la grandeur et les promesses du Dieu unique qui « est celui qui est » (Exode 3,14). Tout notre programme de Carême est là ! Dans son humanité, le Verbe est venu nous libérer de l’esclavage du péché et nous attire au désert, poussés par l’Esprit, pour y être purifiés et prendre les moyens nécessaires pour écouter Dieu et le suivre, afin de devenir missionnaire et de l’annoncer au monde ; sur la montagne de la Salette, le 17 septembre 1846, la Vierge a demandé aux deux enfants : « Vous le ferez passer à tout mon peuple ». C’est un Christ glorieux (Thabor) et souffrant (la Passion) que nous devons annoncer !
Il y a moins de trois semaines, 53 d’entre nous étions sur le mont Thabor pour méditer ce même Evangile. Dans une démarche de pénitence et de conversion qui annonçait déjà le Carême, chacun a été invité à laisser la lumière du Christ venir sur lui. Cela signifie présenter au Seigneur notre part de ténèbres, ces régions de notre être, ces passages de nos vies qui nous font honte. Tous les pèlerins pouvaient écrire sur un papier (saint Ignace de Loyola enseignait qu’on se convertit en écrivant, faisant écho à son expérience personnelle, par la rédaction des Exercices spirituels), papier sur lequel chacun écrivait une ou plusieurs ténèbres de sa vie, obscurités présentées à la lumière miséricordieuse du Christ. Tous ces papiers ont été déposés sur les marches obscures et descendantes de la crypte du Thabor. Ils y sont restés. Chacun est reparti en abandonnant sur ce lieu de lumière, une part de ses ténèbres. Et si ce Carême 2020, et si ce dimanche de la Transfiguration était pour celui et celle qui lisent ces lignes, l’occasion, le moment de faire la lumière sur sa vie pour arriver au matin de Pâques, transfiguré de la gloire et de l’amour de Dieu ?

D. Stéphane PELISSIER