Aimons l’Eglise

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Aimons l’Eglise 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

En 1431, alors que sainte Jeanne d’Arc était jugée dans un ignoble procès, elle répondait aux brillants théologiens et évêques qui tentaient de la piéger en la questionnant sur l’Église : « Il m’est d’avis que Jésus Christ et l’Église, c’est tout un. »
Elle qui n’avait pas fait beaucoup d’études, mais avait été gratifiée de visions célestes qui lui avaient donné une force immense pour agir dans les troubles de son époque, avait saisi quelque chose, d’une manière particulièrement vive, du mystère de l’Église.
Cette semaine a eu lieu un évènement particulièrement triste pour tous les fidèles que nous sommes : la Fraternité sacerdotale
Saint Pie X, s’érigeant au-dessus du droit de l’Église, a consacré, sans mandat pontifical quatre nouveaux évêques, réitérant ainsi ce que Mgr Lefebvre avait réalisé en 1988 et qui avait initié un schisme douloureux. Le Saint-Siège a donc publié jeudi un décret stipulant la nature schismatique de cet acte et les excommunications des évêques consécrateurs et des nouveaux évêques ordonnés ainsi que les clercs et fidèles qui adhèrent formellement à ce schisme.
Cet évènement douloureux nous invite tous à réfléchir à notre attachement à l’Église : nous ne sommes pas membres de l’Église catholique parce qu’elle est parfaite, parce que nous sommes toujours et partout en accord avec tout ce que disent le pape et les évêques, mais parce que nous avons la foi en l’Esprit Saint qui l’assiste. Il ne peut pas y avoir la « Tradition » face à l’Église institutionnelle car dans ce cas la Tradition n’est plus la Tradition, c’est-à-dire la transmission fidèle des vérités de foi confiées aux Apôtres et à leurs successeurs, les évêques en communion avec le Pape. La vraie tradition ne peut se trouver qu’unie au Magistère de l’Église et elle est vivante.
Nous pouvons sans doute relire en ces temps le texte magnifique de Georges Bernanos qui comparait saint François d’Assise et Luther en affirmant que la vraie réforme de l’Église ne pouvait se vivre que de l’intérieur, par la sainteté :
« Qui prétend réformer l’Église par les mêmes moyens qu’on réforme une société temporelle, non seulement échoue dans son entreprise, mais finit infailliblement par se trouver hors de l’Église. Je dis qu’il se trouve hors de l’Église avant que personne ait pris la peine de l’en exclure, je dis qu’il s’en exclut lui-même, par une sorte de fatalité tragique. »
C’est là, je le répète, un fait d’expérience, que chacun peut vérifier s’il prend seulement la peine d’étudier la vie des hérésiarques grands ou petits. ON NE RÉFORME L’ÉGLISE QU’EN SOUFFRANT POUR ELLE, ON NE RÉFORME L’ÉGLISE VISIBLE QU’EN SOUFFRANT POUR L’ÉGLISE INVISIBLE. On ne réforme les vices de l’Église qu’en prodiguant l’exemple de ses vertus les plus héroïques.
Aimons l’Église non pas d’un amour superficiel mais avec foi et prions pour l’unité : que ceux qui s’en sont séparés reviennent dans la barque de Pierre !
Don Raphaël SIMONNEAUX

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