Le chapitre dix de l’Évangile selon Saint Jean nous offre une image réconfortante de Jésus. Il se présente comme le Bon Pasteur. Celui qui paît ses brebis, celui qui les conduit, celui qui donne sa vie pour elle. C’est le dimanche de l’année où nous demandons particulièrement au Seigneur les vocations sacerdotales dont nous avons besoin, dont le monde a besoin. Dès le commencement de sa vie publique, Jésus a formé son groupe des douze pour être avec lui et faire les mêmes œuvres que lui. Il a voulu des prêtres. Demandons pour nos prêtres cette grâce de lui ressembler de plus en plus, pour les séminaristes qu’ils soient généreux dans la réponse à l’appel de Dieu, pour nos familles qu’elles soient le terreau où germeront les vocations de demain.
Revenons à cette page d’évangile (Jn 10,1-10). Tout d’abord, Jésus nous dit « les brebis écoutent sa voix ». Dans le brouhaha de nos vies modernes, entre les notifications de nos téléphones, les sollicitations incessantes et les inquiétudes du lendemain, nous sommes souvent comme des brebis étourdies. Nous entendons mille voix, mais laquelle écoutons-nous vraiment ? Jésus nous dit : « Les brebis écoutent sa voix… elles le suivent, parce qu’elles connaissent sa voix. » La croissance de la vie spirituelle passe par affiner notre oreille intérieure. Pour cela, il est nécessaire de goûter, dans le silence de la prière et la fréquentation de la Parole de Dieu, le murmure du Seigneur. Nous y apprenons à distinguer la voix du Christ de celle des « voleurs et des brigands » — ces voix qui nous poussent à la comparaison, à l’amertume ou au repli sur soi.
Puis Jésus nous dit : « Je suis la porte ». C’est une affirmation surprenante. Le Christ ne se présente pas comme une barrière, mais comme un point de passage. Entrer par lui, c’est entrer dans une relation personnelle. Ce lien avec Jésus nous guérit et nous libère des mauvais liens. Ce n’est pas une porte qui enferme, mais une porte qui ouvre sur un espace où l’on peut « entrer et sortir » en toute sécurité. Être chrétien, ce n’est pas vivre en vase clos, c’est habiter ce monde – pour lequel Jésus a livré sa vie – avec assurance, puisque nous sommes infiniment aimés et sous la protection du Bon Pasteur.
La conclusion de ce passage est une promesse : « Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en surabondance. » Dieu ne veut pas pour nous une vie « correcte » ou simplement « raisonnable ». Il veut le débordement. Cette abondance n’est pas matérielle ; elle est la réponse de Dieu à notre âme qui a infiniment soif d’aimer et d’être aimée. Cette abondance, rien ni personne ne pourra nous la ravir -mêmes les épreuves les plus coriaces- parce que c’est une promesse de Dieu.
Pour goûter à cette surabondance, passons par la porte qu’est le Christ pour nous laisser conduire, éteignons les hauts-parleurs qui grondent et nous empêchent de goûter le silence de la prière, guettons la voix du Bon Pasteur dans sa Parole. Il nous appelle !
Don Marc-Antoine CROIZE-POURCELET