Mercredi dernier, en recevant la cendre sur notre front, nous avons entendu ces paroles qui résonnent à chaque Carême : « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile ! ». Le prêtre a pu dire également : « N’oublie pas que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière ». Ce ne sont pas des menaces ni des injonctions culpabilisantes, mais une invitation à repartir du bon pied, à recentrer notre vie sur l’essentiel. L’Évangile ne cesse de nous le rappeler : Dieu ne se lasse pas d’espérer en l’homme. Le Carême nous donne quarante jours pour accueillir à nouveau cet appel à la conversion du cœur.
Ce temps liturgique n’est pas d’abord une période de tristesse ou de privation, mais un moment de vérité et de renouveau. Il s’agit de laisser Dieu nous rejoindre là où, souvent, nous résistons : dans nos habitudes, nos certitudes, nos distractions. Le jeûne, la prière et le partage ne sont pas des exercices moraux, mais des chemins concrets pour dégager en nous la place qui revient à Dieu et à nos frères. Le jeûne nous apprend la sobriété et la liberté intérieure ; la prière nous remet en présence du Seigneur ; le partage nous ouvre aux besoins de notre prochain.
La première lecture de ce dimanche nous rappelle pourquoi il est nécessaire pour l’homme de fournir des efforts pour revenir à lui. Car l’homme s’est éloigné de Dieu, et est maintenant soumis aux tentations du démon. L’évangile nous montre toute la compassion de Dieu qui vient lui aussi subir les mêmes tentations. Il accepte tout, dans une vie d’amour pour l’homme.
Souvent, nous redoutons le mot « effort ». Pourtant, le Carême n’est pas une performance spirituelle à réussir, mais une disponibilité à accueillir la grâce. Comme tout chemin de foi, il commence par un geste de confiance. Dieu ne nous demande pas d’être parfaits, mais d’accepter d’être rejoints, relevés, aimés. Le Carême commence quand nous consentons à être déplacés et renouvelés.
Que ce temps soit donc pour nos paroisses un souffle de fraternité et de simplicité. À travers la prière en Église, les gestes de charité et les célébrations qui jalonneront ces semaines, laissons grandir en nous la joie pascale. Car au bout du désert de quarante jours, il y a un matin de lumière : celui de la Résurrection. Avançons avec confiance vers Pâques, le cœur ouvert à l’espérance qui ne déçoit pas.
Don Bruno de LISLE