Chers amis,
Vous avez déjà certainement entendu cette blague qui exprime bien la difficulté que nous avons à appréhender le temps de Dieu :
Un homme s’adresse à Dieu en lui disant : est il vrai que pour toi, un an est comme un jour
- « oui »
- « et donc, 1 euro est comme 1000 euros »
- « oui »
- « Aurais-tu alors la gentillesse de me dépanner de quelques milliers d’euros »
- « Laisse moi une minute et je reviens vers toi »
Même si c’est sous forme humoristique, cette plaisanterie, en paraphrasant l’épître de Saint-Pierre, nous permet de pénétrer plus avant dans le mystère divin. Nous comprenons, en entendant cette blague, que Dieu n’a pas le même rapport au temps que nous puisqu’il est éternel ! Il voit tout et saisit toutes choses en un instant… en un seul acte ! Tous les instants du passé et du futur lui sont parfaitement présents. Il transcende le temps et c’est la peut-être une des caractéristiques divines qui permette de le définir… D’ailleurs, lorsque Moise demande son nom à Dieu, Il lui répond :
« Je suis qui je suis. Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : ‘Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est : Je-suis’. »
Simone Weil disait : « Dieu et l’humanité sont comme deux amants qui ont fait erreur sur le lieu de rendez-vous »
L’homme attend Dieu dans le temps, Dieu attend l’homme dans l’éternité. Comme saint Augustin l’exprime si bien dans ses confessions (* texte ci-dessous), l’homme cherche dans la création les traces du créateur. Il espère Le trouver dans ce monde matériel, extérieur à lui-même et régi par le temps. Mais le Seigneur nous attend en nous, dans la profondeur de notre âme. C’est par ce temple immatériel et spirituel que nous sommes mis en présence de Dieu ! Notre âme nous permet de quitter le flux constant du temps, pour nous immerger dans l’éternel présent. Or l’instant présent est le seul contact que nous puissions avoir avec l’éternité… avec « JE SUIS » !
Dans ce temps de carême, allons au désert pour fuir le rythme frénétique imposé par nos agendas surchargés. Décidons de prendre le temps du recueillement, de ralentir, pour vivre pleinement le présent !
Vivons dans la joie de savoir qu’à chaque instant, Dieu est là, tout proche ! Voici une prière qui peut nous aider à éloigner le stress en nous plongeant dans le présent : « Mon passé à ta miséricorde, mon avenir à ta providence… Puisse mon présent se laisser rejoindre par ton éternel acte d’amour pour moi ! »
(*) « Bien tard, je t’ai aimée, ô beauté si ancienne et si nouvelle, bien tard, je t’ai aimée ! Et voici que tu étais au-dedans, et moi au-dehors, et c’est là que je te cherchais, et sur la grâce de ces choses que tu as faites, pauvre disgrâcié, je me ruais ! Tu étais avec moi et je n’étais pas avec toi ; elles me retenaient loin de toi, ces choses qui pourtant, si elles n’existaient pas en toi, n’existeraient pas !
Tu as appelé, tu as crié et tu as brisé ma surdité ; tu as brillé, tu as resplendi et tu as dissipé ma cécité ; tu as embaumé, j’ai respiré et haletant j’aspire à toi ; j’ai goûté, et j’ai faim et j’ai soif ; tu m’as touché et je me suis enflammé pour ta paix. » (Saint Augustin, Les Confessions 10, 27)
Don Louis Marie DUPORT