Sauve-toi toi-même !

Sauve-toi toi-même !

Sauve-toi toi-même ! 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Cette année pour la fête du Christ Roi de l’Univers, l’église nous donne à méditer sur la crucifixion de Jésus. Trois fois dans cette page d’évangile on lance à Jésus le défi de se sauver lui-même : soit parce qu’il est le Messie, l’élu de Dieu, soit parce qu’il est le Roi des juifs, soit parce qu’il est le Christ. Mais Jésus reste silencieux à ces dérisions, à ces moqueries. Il semble ne rien faire pour esquiver cette injustice de la croix. Au contraire, dans l’offrande parfaite de sa personne il s’offre librement et totalement sur l’autel de la Croix. Nous savons par la résurrection que Jésus est Roi, il le dira même clairement devant Pilate, mais son « Royaume n’est pas de ce monde » (Jn 18,36).
Depuis le début de la vie publique de Jésus il y a une ambiguïté sur cette royauté du Christ, sur sa messianité. C’est cette équivoque qui le fera fuir après la multiplication des pains (Jn 6,15) ou imposer le silence au lépreux délivré de sa lèpre (Mc 1,44). Le peuple attendait un messie politique assez fort pour bouter l’envahisseur romain, un roi capable de restaurer l’unité d’Israël, un Christ qui aurait pu donner des bonnes places de ministres aux apôtres Jacques et Jean (Mc 10,37).
Seul le bon larron reconnait la vrai Royauté de Jésus. « souviens toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume » (Lc 23,42). Pourtant Jésus n’a cessé de l’annoncer ce Royaume comme s’étant approché de nous (Lc 10,9). Il ne vient pas de manière visible (Lc 17,20), « il est là au milieu de vous » (Lc 17,21) disait-il.
Aujourd’hui encore, nous nous méprenons facilement sur ce Royaume. Ceux qui l’accueillent en accueillant le Christ savent bien qu’il ne transforme pas d’abord les structures, qu’il ne dispense pas des souffrances de nos croix, qu’il ne s’impose pas par la force sinon celle de la douceur de l’évangile.
Ce royaume nous y entrons, nous y goûtons quand nous obéissons aux paroles du Christ, en demandant à Notre Père la grâce de l’Esprit-Saint : s’il ne vient pas de manière visible on ne peut douter qu’il est là. Alors comme le bon larron, nous touchons du bout de l’âme la seigneurie sans fin, universelle, éternelle du Christ et nous n’en voulons plus d’autre !
Alors en laissant ce Royaume ou plutôt le vrai Roi nous transformer, nous transformerons les structures de la société, il donnera à nos croix leur fécondité par l’amour qui les irriguera, il unifiera vraiment tous les peuples dans sa paix. Voilà le salut que Jésus ne s’octroie pas pour lui-même mais qu’il souhaite à tous les peuples unis sous sa bannière.
Vive le Christ Roi !
Don Marc Antoine CROIZE-POURCELET

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