Gaudete

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Gaudete 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

« Gaudete » (prononciation : gaoudété), réjouissez-vous ! C’est le nom que nous donnons à ce dimanche, le IIIème de l’Avent, en raison de la pièce qui était traditionnellement chantée en introduction à la messe :
Réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur, je vous le redis : réjouissez-vous ! Que votre bienveillance soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. Ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes.
Cette invitation est extraite de la lettre de Saint Paul aux Philippiens, ses disciples préférés, qu’il veut mener vers la perfection de la vie chrétienne. En nous proposant ce texte, la liturgie nous demande donc d’être dans la joie. Mais celle-ci n’est pas une chose qui se commande ! On ne peut pas entrer dans la joie en le décidant ex abrupto, parce que celle-ci est le fruit de la possession d’un bien : la joie dépend donc non de notre volonté mais de ce qu’on possède ou non le bien. Untel est dans une situation professionnelle ou familiale douloureuse, et, n’ayant pas ce qu’il désire, rencontrera des difficultés à entrer dans la joie. Tel autre semble avoir été favorisé par le destin récemment et est déjà spontanément content de lui-même. Par ailleurs, telle personne a un naturel heureux qui lui permet de reconnaître facilement la chance qu’elle a, tandis que telle autre, pessimiste, redoute la fin de son bonheur aussitôt qu’elle commence à l’entrevoir. Etre ou non dans la joie semble donc conjoncturel et psychologique.
Cependant, la Parole de Dieu ne parle pas ici du plaisir qui naît de la jouissance de réalités créées, soumis au hasard et conditionné par la psychologie, mais d’une félicité plus profonde, causée par l’union à Dieu, la charité. Cette joie-là est un des principaux « symptômes » qui permettent de reconnaître le chrétien. Si « un saint triste est un triste saint », à l’inverse, un chrétien joyeux est un chrétien véritable. La joie qui permet de reconnaître le disciple de Jésus-Christ n’est pas une excitation exubérante, mais elle est paisible et profonde. La gaieté produite par les biens créés est souvent plus visible que la joie théologale, divine, parce qu’elle impacte l’âme plus en surface, tandis que le bonheur d’être en Dieu jaillit du cœur de l’âme, du lieu où la Trinité réside, loin des bruits extérieurs. Les adolescents dans leur quête de bonheur parlent parfois de « s’éclater » : le terme est juste parce que la recherche des sensations fortes fait vivre à la surface de soi et coupe l’homme de son intériorité, qui a soif de plus. Par opposition, « l’amour de Dieu qui a été répandu en nos cœurs par le don du Saint-Esprit » (Rm 5,5) est une force unitive, qui connecte au Créateur, aux autres, et à soi-même : il harmonise l’âme.
A l’approche de Noël, recherchons donc cette joie-là, qui surpasse toutes les autres, en demandant à Dieu dans la prière qu’Il nous rapproche de Lui. Le Seigneur est proche : quand nous refêterons son avènement, Il nous fera la grâce de renaître en notre âme, d’intensifier sa présence en nous. Collaborons à ce mouvement qui ne dépend pas de nous dans sa cause en cherchant à chasser au loin ce qui n’est pas compatible avec Dieu : les mauvaises habitudes, les petites compromissions avec l’injustice, les fermetures de cœur, etc. S’il ne dépend pas de nous d’allumer le feu de la charité, il est bien de notre ressort (avec la grâce de Dieu) de chercher à éliminer ce qui lui fait obstacle et en bloque le développement. Ainsi, nous pourrons œuvrer à notre plus grande joie.
Don Axel de PERTHUIS

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