Lisons l’Evangile des « ouvriers de la 11ème heure », c’est-à-dire embauchés à 5h du soir, une heure avant la fermeture, en pensant à nos catéchumènes adultes, ou plus qu’adultes, déjà parvenus au soir de leur vie, et relisons avec eux cet Evangile.
Cet Evangile est fait pour eux : même après une vie où « personne ne les a embauchés », il n’est pas trop tard pour s’y mettre. C’était plutôt le monde matérialiste et païen qui avait fait de vous des débauchés ? Vous n’osez peut-être plus lever les yeux vers Dieu car vous vous estimez trop indignes de lui, trop peu légitimes pour aller travailler à sa vigne ? “Désormais, c’est trop tard, j’ai gâché ma vie…” – “Non !”, proclame Jésus ici : « Venez, vous aussi, à ma vigne ! », même à la dernière heure ! “Chez moi, ce n’est jamais trop tard, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir !”
Combien d’adultes se laissent décourager par leurs errances passées ou leurs recherches en impasse… Combien ont perdu la liberté, pris dans de lourdes chaînes (addictions), là où ils croyaient trouver le bonheur…
Mais aussi, constatons-le avec joie, combien se tournent finalement vers l’Eglise pour demander s’il n’y aurait pas finalement un vrai Salut qui se serait vraiment manifesté en ce monde et qui serait vraiment à portée de main, à portée de tous, sans élitisme, simplement parce qu’on est de bonne volonté… « Beaucoup disent : qui nous fera voir le bonheur ? » C’est une phrase du Psaume 4, où Dieu dit aussi : « Fils d’hommes, jusqu’où s’alourdiront vos cœurs, pourquoi ce goût du néant, cette course au mensonge ? »
Isaïe nous dit ce dimanche : « Que le méchant abandonne son chemin, et l’homme perfide, ses pensées ! Qu’il revienne vers le Seigneur qui lui montrera sa miséricorde. »
Où est donc cette Miséricorde, ce vrai Salut ? Il existe, il n’est pas frelaté, il n’est pas mensonger ni charlatan, il n’est pas là pour t’exploiter, t’instrumentaliser, t’oppresser et te détruire. Oui, le Salut s’est manifesté, alléluia ! Dieu a pris un Visage humain : c’est Jésus, celui des Evangiles, le même hier, aujourd’hui et à jamais. Arrête de te servir de (= de t’asservir à) ton smartphone, et prends-le pour lire les 4 Evangiles (ou mieux : prend une Bible !). Jésus est à ta disposition. Il embauche : « Viens, toi aussi, à ma vigne ! », « viens travailler non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en Vie éternelle ». – « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » – « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en Celui qu’il a envoyé » (Jn 6,27-29). Croire en Jésus sauveur et entrer gratuitement dans ce Salut. Etre sauvé, gratuitement. Voilà la première chose à “travailler” dans cette Vigne.
Jésus est l’Envoyé du Père avec qui il ne fait qu’Un. La Vigne, c’est son Eglise.
“Viens frapper à la porte de l’Eglise, avec beaucoup d’autres en ce moment, pour demander de croire en l’Envoyé du Père, pour demander de commencer ou de recommencer un chemin avec le Christ Jésus, vers le Baptême au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit (Mt 28,19), ou vers une reprise du chemin des sacrements et des commandements, au Nom de ce Dieu, source de la liberté véritable, qui attend le retour du fils prodigue sans jamais forcer.
Concrètement, invitez-vous et soyez invitants les mardi soir à la Salle Don Bosco, spécialement les 2ème mardi du mois, conçus pour accueillir les recommençants, ou hésitants à recommencer, qui ne se sentent presque pas légitimes de se trouver là : bienvenue à vous ! Ou alors, pour ceux qui ne travaillent pas les vendredi matin, venez voir le “cours Alpha” au même endroit.
Et nous, ouvriers de la première heure, ne nous situons pas sur le terrain de la Justice devant Dieu, mais souhaitons « entrer dans la joie de notre Maître »
(Mt 25,21), car « ta récompense sera très grande » (Gn 15,1). Nous dirons, si nous restons fidèles, avec sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus : « Ô mon Dieu, vous avez dépassé mon attente. »
Don Laurent LARROQUE