« La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. »
La connaissance du vrai Dieu, le Père, qui a pu se faire par son Envoyé, son Fils Jésus-Christ, est la Vie éternelle.
Cette reconnaissance du Père et du Fils, qui est Vie éternelle, c’est la Foi.
La foi est réponse de l’homme à Dieu qui se fait connaître. Elle est responsabilité de l’homme (“ré-ponse” donc “res-ponsabilité”) ; mais seul Dieu peut faire connaître Dieu ! La foi est surtout don de Dieu à l’homme, une participation à la connaissance que Dieu a de lui-même. La foi est une grâce, une illumination intérieure, une l’œuvre de l’Esprit-Saint, l’Esprit du Père et du Fils, qui révèle le Père et le Fils à notre cœur et à notre intelligence. Jésus l’appelle l’Esprit de Vérité, parce que la Foi est connaissance de la Vérité, et cette connaissance est Vie éternelle. Connaissance, Vérité, foi en Dieu et en son Envoyé, et Vie éternelle, tout cela est la même chose. La Foi est la Vie de Dieu déjà donnée en partage à notre âme.
« La Vie s’est manifestée, et nous vous annonçons cette Vie éternelle, qui était tournée vers le Père et qui nous est apparue » (1Jn 1,2), c’est Jésus, « le Sauveur du monde » (1Jn 4,14).
« Comme le Père en effet a la Vie en lui-même, de même a-t-il donné au Fils d’avoir aussi la Vie en lui-même », dit Jésus (Jn 5,26). « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. » (Jn 14,6) « Je suis la Résurrection et la Vie. » (Jn 11,25) « Ce qui fut en lui était la Vie, et la Vie était la lumière des hommes. » (Jn 1,4)
Messie, Christ, Verbe, Fils de Dieu, Envoyé de Dieu, Chemin, Vérité, Vie éternelle : tel est notre cher Jésus, qui nous aime (Ap 1,5) et a donné sa vie pour que nous vivions de sa Vie (1Jn 4,9).
« Dieu nous a donné la vie éternelle et cette vie est dans son Fils. Qui a le Fils, a la vie ; qui n’a pas le Fils, n’a pas la vie. Je vous ai écrit ces choses, à vous qui croyez au nom du Fils de Dieu, pour que vous sachiez que vous avez la vie éternelle. » (1Jn 5,11-13)
Connaissance de Dieu, connaissance de Jésus-Christ, Vérité de Dieu, Vie de Dieu… tout cela n’est pas symbolique, c’est historique. L’absolu de Dieu s’est fait relatif à un temps et à un lieu, il y a 2000 ans en Palestine, et se vit dans son Eglise depuis lors.
Nos contemporains sont devenus “disciples de Pilate”, et non plus disciples de Jésus : ils ne disent plus “Jésus est la vérité” mais “qu’est-ce que la vérité… ?” (Jn 18,38), en haussant les épaules et en tournant le dos à Jésus.
« Le postulat de départ [de nos contemporains] est que la vérité authentique sur Dieu est en définitive inaccessible et que, au mieux, on ne peut rendre présent ce qui est ineffable qu’à l’aide de divers symboles. Ce renoncement à la vérité semble réaliste et utile à la paix entre les religions dans le monde, mais il est fatal pour la foi. De fait, celle-ci perd son caractère contraignant, et son sérieux si tout est réduit à des symboles au fond interchangeables, capables de renvoyer seulement de loin au mystère inaccessible du divin. » (Benoît XVI)
Cette “paix entre les religions” serait une belle chose. Mais si elle “redimensionne” Jésus-Vérité, ressenti désormais comme une prétention et même une agression, elle est en fait une tentation, peut-être la suprême tentation de l’histoire.
« Je suis la Vérité », je suis la Révélation du vrai Dieu, et la connaissance de cette Révélation, l’accueil de cette Révélation par la Foi, est Vie éternelle.
Le mandat de Jésus est toujours actuel : “Allez dans le monde entier proclamer la Bonne Nouvelle du Messie ressuscité !” (cf Mc 16,15). …S’ils n’évangélisent pas… (1Co 9,16). « La Vie s’est manifestée ! » Allons-nous fermer les yeux à cette manifestation ? Allons-nous remplacer une “prétention à la Vérité” par une fallacieuse prétention à la paix ? Cela n’apporterait ni la paix ni la Vie.
Don Laurent LARROQUE