Après avoir fêté le baptême du Seigneur dimanche dernier, nous sommes entrés dans la première période de ce que les livres liturgiques français appellent le « temps ordinaire » – le latin parle de « tempus per annum », c’est-à-dire le temps au long de l’année. Nous vivrons ce temps ordinaire jusqu’au Carême puis du lendemain de la Pentecôte jusqu’au 1er dimanche de l’Avent.
Loin d’être un temps « bouche-trou » – il aurait bien fallu trouver un nom à « ce qui n’est pas » : n’est pas l’Avent ni le Carême, n’est pas le temps de Noël ni de Pâques – loin également d’être un temps « banal » (ce que pourrait laisser croire le terme ordinaire), ce temps nous est donné pour sanctifier notre quotidien. Dieu agit dans chaque seconde qui passe du temps qu’Il nous donne de vivre et nous sommes appelés à sanctifier chaque instant. Nous avons besoin de temps de grâces (Noël, Pâques) pour habiter par la suite l’ordinaire comme dans notre vie chrétienne, nous avons besoin d’évènements qui font grandir notre foi (pèlerinages, retraites, temps forts) pour chercher Dieu dans le quotidien de notre vie.
En retrouvant la couleur verte, choisissons de faire de l’ordinaire de notre vie le temps béni de notre sanctification. Soyons certains que Dieu nous veut là où nous sommes (dans notre famille, dans notre travail, dans notre paroisse) sans fuir, mais en habitant le temps qui s’écoule de sa présence aimante. Saint José Maria Escriva, souvent surnommé « le saint de l’ordinaire », exhortait à se battre contre « la mystique du » si » ». « Ah ! si je ne m’étais pas marié, ah ! si je n’avais pas cette profession ». Tenez-vous-en à la réalité la plus matérielle et la plus immédiate, car c’est là que se trouve le Seigneur. Demandons-lui son intercession et, pourquoi pas, lisons ses enseignements pour entrer avec enthousiasme dans le temps ordinaire et pour rechoisir la vie que le Seigneur nous donne de vivre. « Il n’y a pas d’autre chemin, mes enfants : ou nous savons trouver le Seigneur dans notre vie ordinaire, ou nous ne Le trouverons jamais » disait-il.
Soyons-en convaincus : comme une plante verte qui croît lentement, la grâce viendra au secours de notre faiblesse humaine pour faire de notre vie, aussi banale soit-elle, une merveille habitée de la présence de Dieu. « Veux-tu vraiment être saint ? s’enquiert saint José Maria. Remplis le petit devoir de chaque instant : fais ce que tu dois et sois à ce que tu fais. »
Don Raphaël SIMONNEAUX