« Voir et faire voir Jésus »

« Voir et faire voir Jésus »

« Voir et faire voir Jésus » 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

En ce cinquième dimanche de carême, nous approchons de Pâques ; cela fait cinq semaines que nous sommes en marche avec le Christ. Nous voulons voir Jésus, comme les Grecs de l’évangile. Nous voulons mieux le connaitre, afin de mieux être aimé de lui et en retour l’aimer.

Mais il ne s’agit plus seulement de nous. Dans l’évangile, c’est à Philippe que des Grecs s’adressent. Pour la première fois, l’évangéliste saint Jean nous rapporte que des Grecs, des « craignant-Dieu » et non plus seulement des Juifs, sont curieux de voir Jésus, de le rencontrer, de l’écouter. Ils représentent le monde païen, déjà tout le reste de l’humanité à la recherche de son maître et Seigneur. Et ils voient en Philippe un exemple de témoin qui semble en quête et avoir trouvé une réponse en Jésus. Ils sont interpellés. Sommes-nous en cette fin de Carême à la recherche de Jésus ? Avons-nous faim de sa parole et soif de son amour ? Comment notre attitude de chercheurs de Dieu permet-elle d’interroger notre famille, notre entourage social et professionnel, et d’inviter à aller à Jésus ? Nous pouvons être, par volonté de Dieu, d’autres Philippe du XXIème siècle. Ma vie, mon exemple, peut conduire au Christ une foule de frères et sœurs en humanité qui ont soif d’un amour dont ils ignorent qu’il existe un homme capable de le leur donner, malgré leurs défauts, leurs fautes, leurs limites qui parfois les font désespérer.

Baptisés et croyants, quel que soit notre âge, notre passé et notre présent, nous sommes appelés à devenir des disciples-missionnaires, comme nous y exhorte le pape François dans l’exhortation Evangelii Gaudium. Pour devenir plus disciples et plus missionnaires, il nous donne trois clefs. Tout d’abord, savoir aller à l’essentiel, goûter ce qui donne la saveur profonde de la vie : la relation personnelle avec Dieu, l’expérience de son amour gratuit qui nous laisse libres de l’aimer en retour. Puis nous laisser secouer, bouleverser, par l’Esprit saint, par la découverte dans nos frères de tant de soif de cet amour. Nous laisser envahir par la miséricorde et savoir lire les besoins concrets, matériels et spirituels, de ces Grecs d’aujourd’hui. Ce sera en nous, enfin, que cette aspiration à voir Jésus pourra être comblée, s’ils peuvent voir Jésus en nous, le maître à travers des témoins disciples et missionnaires, si nous savons manifester l’amour du Christ dans les petits qui sont ses frères, en nous engageant dans les œuvres de miséricorde.

Pour répondre à ces besoins d’amour que nous aurons su identifier avec nos cœurs réceptifs à l’Esprit saint, il faut nous retrousser les manches. Plus encore, comme l’annonce Jésus avec l’image du grain de blé, la fécondité du disciple-missionnaire passe – comme pour le maître – par la mort, par de petites morts quotidiennes, le renoncement à notre vie ordinaire par l’acceptation de transformations non maîtrisées dans notre vie. Le voulons-nous ?

Don Charles Marie d’Amat