Veillez

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Veillez 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Nous voici au passage de la nouvelle année liturgique, avec ce premier dimanche de l’Avent.
Je nous invite à ne pas dire : “Que nous importe, avec tout ce qui se passe  ?”, mais à remettre précisément “ce qui se passe” dans la perspective du temps qui est aussi “liturgique”, parce que le Seigneur Jésus est aussi le Seigneur du temps et lui donne son sens. Même lorsque nous ne voyons pas le sens de “ce qui se passe”. Les vagues de l’épidémie ? « Elles ne te submergeront pas ! » Le feu du terrorisme  ? «  Il ne te brûlera pas ! » (Is 43,2) « Car Je serai avec toi”, au milieu de ces épreuves. “Je ne les enlève pas, mais JE SUIS là.”
Le temps liturgique, au passage d’une année à l’autre, est un rappel : l’histoire est imprégnée de sens, même lorsque nous ne le comprenons plus.
L’évangile du Seigneur de l’histoire, en ce premier dimanche de l’Avent, nous demande de tendre le cou pour voir arriver le Salut qui advient à nouveau : c’est Noël tous les jours, c’est Pâques tous les jours (surtout si on peut recevoir Jésus Eucharistie dans la crèche de nos cœurs, une crèche en état de grâce, même si elle est très pauvre), alors cela vaut la peine de nous préparer à la fête liturgique  : c’est bientôt Noël, le Salut qui est advenu vient à nouveau, si vulnérable, si faible, cela nous rappelle qu’il doit encore advenir par sa Parousie, par son retour en Gloire pour juger les nations, si fort, si puissant, car – que les nations s’en rappellent ou non – , “c’est à Lui qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire pour les siècles des siècles ! Amen !”
« Veillez ! », nous demande Jésus dans l’évangile de ce dimanche. “Veillez !” ; “ne vous endormez pas !” C’est lapidaire et insistant.
D’abord, parce que le temps a un sens et que Jésus doit revenir dans sa gloire pour y mettre un terme. « J’ai gardé la foi », dit Saint Paul, se sachant près de la rencontre avec le Seigneur, à la fin de sa vie. « Et j’espère recevoir de lui la couronne de justice qu’il me donnera, au jour de son retour. Pour moi, mais aussi pour tous ceux qui attendent avec amour son Avènement. » (2Tim 4,8). Veillons donc, pour la rencontre avec le Seigneur à la fin de notre vie.
Mais pas seulement. Nous savons veiller sur les fenêtres ouvertes pour les fermer à temps en cas de mistral et nous prévoyons en conséquence de relever les stores.
Ainsi, veiller au sens spirituel, c’est veiller sur soi pour ne pas se faire duper par l’Adversaire (mot qui en hébreu se dit satan) dans le combat spirituel qui souffle le chaud et le froid, tour à tour enragé comme un lion qui rôde (1Pi 5,8), ou subtil comme un serpent qui susurre (Gn 3,1-5). Nous savons veiller sur des choses matérielles… Ne devons-nous pas aussi savoir veiller spirituellement pour prévenir la tempête ou repérer les voix de sirène ? L’activité principale du “serpent des origines, le séducteur du monde entier” (Ap 12,9) est de tromper, d’égarer, de séduire, de fourvoyer. On ne le voit pas forcément toujours venir… Si l’on ne veille pas sur soi, on peut se laisser gagner par le mensonge sans s’en rendre compte. On arrive facilement à voir les manquements des autres, les “mauvaises pentes”… mais on ne voit pas facilement les siennes…
« Que celui qui se flatte d’être debout prenne garde de tomber. » 1Co 10,12. Combien de “cèdres du Liban” tombent ainsi pour n’avoir pas assez veillé, en se croyant bien enracinés… Combien de stars dans le ciel de l’église sont tombées ces derniers temps (cf Ap 12,3)… C’est, dit Saint Louis-Marie, pour avoir eu un imperceptible appui sur eux-mêmes (la séduction par excellence c’est l’orgueil) alors qu’il ne leur semblait pas l’avoir… Au départ, on a manqué de vigilance sur soi-même.
Veiller, c’est veiller à ne pas s’affadir, à ne pas se récupérer après avoir fait le don de soi : il doit être souvent renouvelé. Il donne sens à mon histoire et la fera arriver à son terme dans le Seigneur qui est le terme et le sens de l’histoire.
D. Laurent LARROQUE

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