Quel argent pour l’éternité ?

Quel argent pour l’éternité ?

Quel argent pour l’éternité ? 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Voilà une page d’évangile particulièrement perturbante et déroutante ! Que retenir de cette parabole qui parait, pour une part, en contradiction avec la bonne morale ; avec notamment l’éloge faite par le maître de son gérant malhonnête ? Tâchons au moins d’en dégager trois conclusions concrètes :
Tout d’abord, ce n’est pas une découverte, mais nous pouvons confirmer ce constat : dans les Saintes Ecritures, Dieu intervient abondamment sur la question de l’argent et de notre rapport à l’argent. C’est qu’il doit y avoir une raison ! On pourrait imaginer, avec une certaine vision de la laïcité par exemple, que la gestion de tout ce qui est matériel ne devrait pas être soumis au regard de l’autorité spirituelle. Il n’en est rien. Manifestement, Dieu revendique son droit de donner son avis sur la question de l’argent. Et sans doute devrait-on l’écouter un peu plus attentivement sur ce sujet  !
En second lieu, et c’est sans doute la raison essentielle de la présence de ce sujet au cœur même de la Révélation divine, la question de l’argent n’est pas sans rapport avec la vie éternelle. En effet, ce mauvais gérant de la parabole s’interroge : « que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gestion ? ». Autrement dit, que va-t-il rester de ma vie après que tout l’appareil financier qui donne une structure et une apparence à mon existence aura disparu ? Sur quoi suis-je bâti finalement ? L’argent fait partie de ce qu’on n’emporte pas au paradis ! Ou comme dit un proverbe suisse : « on n’a jamais vu un coffre-fort suivre un corbillard »… Jésus confirme qu’il y a une relation entre la façon d’utiliser l’argent et la vie éternelle : « Eh bien moi, je vous le dis : faites-vous des amis avec l’argent malhonnête, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles ».
Enfin, on peut voir que la bonne utilisation de l’argent est en lien avec la miséricorde. En effet, c’est en effaçant une partie de leur dette à ceux qui en avaient envers son maître que ce gérant se remet dans une situation favorable. Au lieu de le renvoyer, son maître fait maintenant son éloge… manifestement, ce maître tient moins à son argent qu’à sa bonne utilisation. Et la remise des dettes qu’on lui doit lui semble être une bonne opération ! Cela nous ramène à la prière du Notre Père dont une traduction plus littérale serait : « remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à ceux qui nous doivent ».
L’argent peut nous perdre s’il devient notre maître. Mais l’évangile nous dit aussi que l’utiliser à bon escient avec prudence et générosité contribue à notre vie éternelle.
 D. Martin PANHARD