Priez le maître de la moisson

Priez le maître de la moisson

Priez le maître de la moisson 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Jésus, dans les évangiles des dimanches de l’été, utilise volontiers la thématique de la moisson, comme celle de la vendange au mois de septembre. C’est l’Église qui a choisi de proposer à ces moments-là la lecture de ces évangiles, bien sûr, mais très probablement que Jésus lui-même a utilisé ces comparaisons, alors que cela correspondait à la saison en cours, pour illustrer son propos. Quoi qu’il en soit, dans notre région littorale qui n’a d’agricole que le viticole, la métaphore de la moisson nous demande un certain effort ; ellerejoint difficilement notre quotidien. Prenons le temps de creuser.

Que signifie donc “la moisson est abondante” ? C’est une bénédiction de Dieu :la terre, ensemencée, a été féconde. Chaque travailleur de la terre attend avec une certaine anxiété de savoir si la moisson va être abondante, le mettre à l’abri du besoin, voire lui permettre de faire du commerce. Mais ça n’est pasle tout d’avoir une moisson abondante : il faut aussi avoir des ouvriers poureffectuer la récolte, au temps de la maturité, avant qu’elle ne pourrisse sur pied ! La pénurie d’ouvriers peut gâcher le caractère abondant d’une récolte.Voilà pourquoi le maître de la moisson se doit d’embaucher suffisammentd’ouvriers, sous peine de faire perdre à tous les fruits de cette récolte, de cette bénédiction de Dieu.

Saint Luc nous dit, dans l’évangile de ce dimanche, au chapitre 10, que leSeigneur désigne “encore” soixante-douze disciples. Pourquoi “encore” ?Il nous faut naviguer un petit peu dans les passages qui précèdent le récit évangélique. En fait, au début du chapitre précédent, le Seigneur a déjà initiéune première petite mission, avec les apôtres : Jésus rassembla les Douze ;il leur donna pouvoir et autorité sur tous les démons et de même pour faire des guérisons ; il les envoya proclamer le règne de Dieu et guérir les malades. De plus, au chapitre d’avant, saint Luc nous avait rapporté de long en large la fameuse parabole du semeur et c’est à la lumière de cette comparaison agraire qu’il faut entendre l’enseignement de Jésus sur la moisson.

En effet, la moisson dont il est question fait suite aux semailles et les semaillessont celles de la Parole : cette semence qui tombe tantôt au bord du chemin, dans les ronces ou le sol pierreux, ou dans la bonne terre où elle fructifie au centuple. Ce sont les Douze qui ont proclamé le règne de Dieu sur ordre deJésus et, dans de nombreux cœurs bons et généreux, la parole a été reçue ;elle a germé et fructifié. Les champs sont prêts pour la moisson et Jésus veut, avant de faire sa “tournée” missionnaire en personne, envoyer des disciplespour récolter les fruits de cette moisson auprès de tous ces cœurs fécondés et les préparer à recevoir la visite de la Parole elle-même, le Verbe fait chair, pour de nouvelles semailles.

Cette évangélisation en plusieurs temps, c’est l’histoire de l’initiation progressive de chacune de nos âmes, ayant reçu l’annonce en famille, par des catéchistes, des prêtres, des témoins… L’Église nous permet de vivre cette initiation progressive aussi sur un plan sacramentel par le baptême,la confirmation et l’eucharistie. N’ayons pas peur de rendre grâce pourcette succession de semailles et de moissons dans notre coeur, demandons la grâce d’être toujours plus disponibles à être féconds et prions le Maître de la moisson de nous aider à prendre notre part à l’annonce du Royaume. Prions aussi spécialement en ce dimanche pour ceux que le Seigneur appelle dans le diaconat et le sacerdoce à prêcher la venue du Royaume.

D. Charles Marie D’AMAT