Paroisses de Saint-Raphaël

Basilique Notre-Dame de la Victoire

Un joyau historique au cœur de Saint-Raphaël

Origines et Histoire

Avant de devenir une station balnéaire prisée au XIXe siècle, Saint-Raphaël était un modeste port de pêcheurs. La ville porte le nom de l'archange Raphaël, figure biblique protectrice, particulièrement chère aux pêcheurs et aux voyageurs. La basilique, elle, commémore la grande victoire navale de Lépante (1571) sous la protection de la Vierge, marquant ainsi une symbolique forte d'union et de protection pour les habitants de la cité. Aujourd'hui, l'Archange dont le nom signifie « Dieu guérit » continue de veiller sur nous, nous invitant à confier au Seigneur nos propres combats spirituels.

L'archange Raphaël

Architecture Romano-Byzantine

Édifiée entre 1883 et 1887 sous la direction de l'architecte Pierre Aublé, l'église se distingue par son style byzantin, très en vogue à l'époque. Son dôme imposant culmine à près de 35 mètres, reposant sur un système de trompes typique de l'architecture orientale. Ses 12 piliers massifs symbolisent les apôtres. En reconnaissance de son importance spirituelle, l'édifice a été élevé à la dignité de Basilique mineure en 2004 par le Pape Jean-Paul II, lui octroyant les privilèges du pavillon basilical et du tintinnabule. Au-delà de l'esthétique, cette élévation vers le ciel et les fondations apostoliques nous rappellent que l'Église est avant tout la famille des croyants, un lieu où Dieu s'abaisse pour nous élever vers Lui.

La Basilique Notre-Dame de la Victoire

Le Sanctuaire et ses Trésors

Le chœur de la basilique est magnifié par un autel majeur en granit massif de Claude Gruer, consacré en 1990. Pesant plus d'une tonne, cet autel porte un bas-relief de l'Agneau immolé. L'ambon, créé par Jean-François Ferraton, s'orne d'un motif doré représentant l'Arbre de Vie, soulignant l'importance de la proclamation de la Parole. Une fresque de l'Annonciation vient couronner le cul-de-four du sanctuaire. Ce chœur est le cœur battant de notre foi : à chaque eucharistie, l'Agneau s'y offre par amour. C'est ici que nous sommes conviés, tels que nous sommes, à recevoir le pain de la vie et la grâce du pardon.

L'autel del sanctuaire

Les Vitraux de Gabriel Loire

Malheureusement soufflés par les bombardements du débarquement en août 1944, les vitraux originaux ont été remplacés à partir de 1954 par des chefs-d'œuvre en dalles de verre, réalisés par le célèbre verrier Gabriel Loire. Traversant toute la basilique, du chœur à la nef en passant par la majestueuse Rosace, ces verrières colorées diffusent une lumière méditerranéenne apaisée et racontent les grands mystères de la foi et de l'histoire raphaëloise. À l'image de ces éclats de verre reconstruits après la destruction, la lumière du Christ est capable de transfigurer nos propres blessures en merveilles et de raviver en nous l'Espérance.

Vitrail de Gabriel Loire

L'Histoire Complète de la Basilique

Origines de la ville de Saint Raphaël
La première trace écrite de la commune de Saint Raphaël remonte à l'année 1041, lorsque les chanoines de Fréjus font donation du lieu-dit « Saint-Raphaël » à l'abbaye de Montmajour. Le nom de Saint Raphaël est directement lié à celui de l'église du lieu, qui était la seule construction véritablement signifiante dans ce qui n'était qu'un gros hameau. La première église San Raféu a en effet été érigée dès le VIe siècle. Si la commune porte ce nom, elle le doit à ses premiers habitants qui placèrent leur église sous le vocable de l'archange. La dévotion aux archanges est attestée dès les premiers siècles de l'Eglise, et la vie des saints est souvent parsemée d'apparitions angéliques. Si les premiers habitants ont choisi de se placer sous le patronage de l'archange saint Raphaël, c'est probablement pour son rôle de protecteur, souligné dans l'Ancien Testament au livre de Tobie. Le littoral des Maures et de l'Esterel fut pendant plusieurs siècles soumis aux pillages, massacres, incendies, ou enlèvements par diverses tribus barbares et sarrasins. La proximité de la prospère abbaye de Lérins était un facteur aggravant les risques pour les populations voisines.
Développement et projet d'une nouvelle église
Ce qui est aujourd'hui une ville et une cité balnéaire réputée est resté ce que l'on peut qualifier de gros hameau pendant des siècles. Auparavant, les quelques habitants vivaient majoritairement de la pêche. En 1850 on ne compte ici qu'environ 1000 habitants. La ville connaît son développement fulgurant entre 1865 et 1896 grâce à l'arrivée du train et du tourisme balnéaire, sous l'impulsion décisive de Félix Martin, maire et ingénieur qui transforme définitivement Saint-Raphaël en station balnéaire. Face à cet essor, la vieille église San Raféu et les 3 chapelles excentrées deviennent trop petites. Le projet de construire une nouvelle église s'impose au nouveau curé, M. l'abbé Louis Bernard. Il fait appel à l'ingénieur-architecte lyonnais Pierre Aublé (1842-1925), qui accepte de s'occuper gracieusement du projet. Un terrain suffisamment grand est acquis et la première pierre est posée le 11 décembre 1883. Bâtie en un peu plus de trois ans, l'église est inaugurée le 14 avril 1887 et consacrée le 14 avril 1888 par Mgr Oury, dédiée à Notre-Dame de la Victoire et aux patrons secondaires saint Raphaël et saint Pierre aux liens.
L'église devient basilique & Architecture
En 2004, à la demande de l'évêque de Fréjus et Toulon, le pape Jean-Paul II élève l'église à la dignité de basilique mineure, un honneur accordé à certaines églises. Cela lui donne le privilège d'arborer le pavillon basilical (aux couleurs rouge et or) et la clochette de procession (le tintinnabule), ainsi qu'un blason particulier. L'édifice a été conçu par Pierre Aublé dans un style romano-byzantin très en vogue à cette époque (comme Notre Dame de La Garde à Marseille ou le Sacré-Cœur à Paris). L'élément le plus marqué de ce style est le dôme sur trompes de 35m de hauteur qui couronne l'église. Elle est bâtie en pierres de la région, le grès rose de l'Esterel et la pierre blanche de Cassis, sur un plan en croix latine (43m sur 22m). La nef repose sur 12 piliers soutenant des arcs en plein cintre, un motif symbolisant les 12 apôtres, véritables "colonnes de l'Eglise".
L'Archange Saint Raphaël
Dieu a créé l'univers visible et invisible. Les anges sont des esprits purs envoyés vers les hommes comme messagers. Les Saintes Ecritures nous révèlent le nom de trois archanges : Michel, Gabriel, et Raphaël (dont le nom signifie « Dieu a guéri »). Dans le livre de Tobie, Raphaël accompagne le jeune Tobie lors d'un long périple, le protège, lui fait pêcher un poisson dont le fiel guérira la cécité de son père Tobit, et écarte le démon lors des noces de Tobie et Sara. L'archange Raphaël est donc invoqué pour la protection divine. Il accompagne l'homme sur sa route, donne la véritable guérison (physique et spirituelle) et oriente notre vie vers Dieu. Il est le patron des voyageurs, des fiancés et des mariés.
La Bataille de Lépante et le nom de la basilique
Le nom de Notre-Dame de la Victoire fait référence à la bataille de Lépante (7 octobre 1571). Lors de cette bataille navale décisive dans un golfe de Grèce, la flotte de la coalition européenne chrétienne (la Sainte Ligue) commandée par don Juan d'Autriche a vaincu la flotte ottomane d'Ali Pacha, arrêtant ainsi leur expansion fulgurante en Méditerranée. Le pape saint Pie V avait demandé la récitation universelle de la prière du Rosaire pour obtenir la victoire. En remerciement, il institua la fête de Notre-Dame de la Victoire (devenue Notre-Dame du Rosaire, fêtée le 7 octobre). L'architecte Pierre Aublé, né d'une mère grecque et baptisé à Rhodes (alors sous occupation ottomane), a probablement suggéré ce nom. Dans le contexte de la fin du XIXe siècle, évoquer Lépante était un signe d'union avec les territoires chrétiens occupés, et la dévotion à la Vierge Marie à travers le rosaire y est très forte.
Le Sanctuaire
Le chœur reprend les formes de l'architecture romane avec une voûte en cul-de-four portant une fresque peinte en 1952 par Jean Fauchon (l'archange Gabriel à la conception de la Vierge). Le maître-autel d'origine a été remplacé en 1990 par un autel en granit doré du Chili (la pierre la plus dure, symbole de l'alliance éternelle), réalisé par le sculpteur Claude Gruer. Pesant plus d'une tonne, il est orné d'un bas-relief du Christ sous la figure de l'Agneau de Dieu, entouré du tétramorphe (les symboles des quatre évangélistes : lion, taureau, aigle, homme ailé). L'ambon, lieu de proclamation de la Parole, a été réalisé en 2005 par Jean-François Ferraton et s'orne d'un motif doré représentant l'arbre de vie de la Genèse et de l'Apocalypse. Enfin, la croix du chœur installée en 1989 est une reproduction d'une croix byzantine du XIVe siècle, avec un Christ-prêtre revêtu d'ornements sacerdotaux.
Les Vitraux
Les premiers vitraux de la basilique, posés rapidement après la construction, ont été soufflés lors des bombardements du débarquement de Provence en août 1944. Bien que la ville fut pilonnée, la basilique elle-même fut épargnée par miracle suite aux prières des paroissiens. Le chanoine Latil s'attela au remplacement des vitraux détruits dès 1953 en faisant appel au célèbre maître verrier Gabriel Loire de Chartres. La technique utilisée est celle de la dalle de verre de 22 mm d'épaisseur sertie dans un ciment souple, créant des couleurs plus sombres pour atténuer la lumière éclatante du soleil méditerranéen. Les travaux se sont déroulés en plusieurs tranches de 1954 à 1980 : - Les baies du chœur avec la Vierge Marie écrasant le serpent, et les mystères eucharistiques. - Les grandes verrières côté sud évoquant le Rosaire et les Litanies. - La chapelle Saint Joseph et enfin la nef avec ses tons bleus légers, offrant aujourd'hui à la basilique une magnifique unité lumineuse.

Déroulement de la Visite

1. Le Narthex

Au fond de l'église, levez les yeux : l'élévation symbolise l'âme qui s'élève vers Dieu. L'eau bénite rappelle le baptême, porte d'entrée de la vie chrétienne.

2. Les Fonts Baptismaux

L'eau, symbole de mort et de résurrection, est au centre du mystère. Admirez la fresque du baptême de Jésus. Au loin, les statues de Raphaël et Tobie se dévoilent.

3. La Chapelle Saint-Raphaël

L'archange Raphaël, figure du livre de Tobie, est invoqué comme protecteur et guérisseur. Il guide l'homme, le guérit de ses cécités spirituelles et intercède pour les voyageurs et les fiancés.

4. Face au Chœur

L'autel, table du sacrifice, et l'ambon, lieu de la Parole, constituent les deux pôles liturgiques. Le vocable "Notre-Dame de la Victoire" rappelle la bataille de Lépante (1571), symbolisée par la reproduction de sa célèbre croix.

5. La Nef et les Vitraux

Rappelez-vous le "petit miracle" du 15 août 1944, où l'église fut épargnée par les bombardements. La visite se termine en méditant sur les splendides dalles de verre modernes de Gabriel Loire qui baignent la nef de lumière.

Venez et Voyez

Que vous ayez la foi depuis toujours, que vous vous en soyez éloigné, ou que vous cherchiez un sens à votre vie, la porte de cette basilique vous est grande ouverte. Le Seigneur vous y attend avec une tendresse infinie. Osez franchir le seuil, asseyez-vous dans le silence, et laissez-vous aimer.

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