L’hymne à l’amour ou la clé du Paradis…

L’hymne à l’amour ou la clé du Paradis…

L’hymne à l’amour ou la clé du Paradis… 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Nous voici en présence d’un des sommets du Nouveau Testament situé dans la première lettre de saint Paul aux Corinthiens. Prenons-nous conscience que ce texte nous parle aussi de la mort et de l’espérance en la vie éternelle ?

La lettre aux Corinthiens
La ville de Corinthe, en Grèce, a été évangélisée par saint Paul. Les charismes se multiplient de manière quelque peu anarchique. L’apôtre lance donc un appel vibrant à l’unité : « Il y a diversité de dons, mais c’est le même Esprit, diversité de ministères, mais c’est le même Seigneur. » (1 Co 12, 4) Tous, nous sommes membres du corps du Christ, avec des fonctions différentes. Puis, Paul livre comme son secret : « Je vais vous indiquer une voie infiniment supérieure » (1 Co 12, 31). Commence alors l’hymne à l’amour.

« Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour »
Face aux tiraillements et conflits, l’apôtre, dans l’hymne à la charité, exalte ce que saint Jean de la Croix exprimera en ces termes : « Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour. » Pourquoi ? Parce que seul l’amour peut vaincre la mort. Toutes les autres réalités de notre vie ne sont que passagères, elles seront comme englouties par la mort : « Les prophéties ? Elles seront abolies. Les langues ? Elles prendront fin. La connaissance ? Elle sera abolie. » (1 Co 13, 8) Même les plus belles actions, si elles ne sont pas marquées du sceau de l’amour, sont vouées à disparaître : « Quand je distribuerais tous mes biens aux affamés, quand je livrerais mon corps aux flammes, s’il me manque l’amour, je n’y gagne rien. » (1 Co 13, 3) Là où est l’amour, là est la vie éternelle déjà commencée. L’amour n’est donc pas un sentiment vague, il est cette présence de Dieu que nous pouvons accueillir dans chaque situation de notre vie.

Christ est ressuscité des morts
Cet hymne à l’amour constitue comme une clef de lecture du chapitre 15 de la même lettre, tout entier consacré à la résurrection. « Si nous avons mis notre espérance en Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes. » (1Co 15, 19) L’apôtre s’attache à montrer que tous nous sommes appelés à ressusciter avec le Christ. Son propos s’achève par un encouragement vigoureux : « Rendons grâce à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ. Ainsi, mes frères bien-aimés, soyez fermes, inébranlables, faites sans cesse des progrès dans l’oeuvre du Seigneur ; sachant que votre peine n’est pas vaine dans le Seigneur. » Au cœur de la lettre aux Corinthiens, nous trouvons donc la séquence suivante : le constat des divisions, l’appel à l’unité, l’hymne à l’amour, l’affirmation de la foi en la résurrection. Cela ne signifie pas pour autant qu’il y ait, pour l’apôtre Paul, la vie ici-bas avec ses contingences matérielles puis la vie dans l’au-delà. Les choses sont à voir à partir du pivot central qu’est l’hymne à l’amour : dès ici-bas, se livre un combat entre l’esprit de faction, de haine et de division qui est signe de mort, et l’amour qui sortira vainqueur et déjà nous fait entrer dans la vie éternelle. Par l’amour, la vie éternelle prend place dans les jointures les plus profondes de notre vie. Tel est le grand message de l’hymne à la charité !

 

Don Bertrand Lesoing