Le statut de la liberté

Le statut de la liberté

Le statut de la liberté 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Le contraste est saisissant entre l’évangile de ce dimanche et celui de dimanche dernier ! Nous avons rencontré la figure de Jean-Baptiste dimanche dernier. Celui-ci était plein de zèle et de fougue en appelant au baptême de conversion dans l’eau du Jourdain. Vêtu pauvrement, nous voyions en lui un modèle d’homme libre. Libre du regard des autres, libre dans sa parole, libre dans sa relation à Jésus qui viendra aussi se faire baptiser bien que Jean-Baptiste ne se sente pas digne de défaire la courroie de ses sandales. Libre, aussi, par rapport à lui-même et, enfin, libre d’annoncer la venue imminente du Christ : « il vient derrière moi celui qui est plus grand que moi ».
Et voilà que ce dimanche il est de nouveau fait mention de Jean-Baptiste mais… dans sa prison. L’homme libre du désert est à présent dans les geôles du roi Hérode. Il le doit à sa liberté de parole même envers le roi : « tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère ». Dans cette prison, il sera finalement décapité. Pourtant, dans ce contexte aux allures dramatiques, Jésus ne semble pas inquiet. On pourrait s’attendre à lire dans l’évangile un trait de compassion à l’égard de son cousin Jean-Baptiste. Il y a entre les deux un lien familial et d’amitié fort, comme il y en avait un entre leurs mères Marie et Elizabeth. En fait, Jean-Baptiste ne s’inquiète pas de son sort. De sa prison, il envoie ses disciples vers Jésus. Non pas pour que celui-ci le sorte par miracle de sa prison mais plutôt pour savoir si le Messie va enfin se manifester. C’est cela qui importe. Et Jésus lui répond ce qui sera de nature à le combler : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles retrouvent la vue et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute  ! ».
Peut-être pouvons-nous retenir cela : il n’y a pas de circonstances meilleures que d’autres pour recevoir Jésus et vivre de sa vie. Jean-Baptiste n’est pas moins libre quand il est en prison que quand il crie dans le désert. Dans chaque situation, il accomplit sa mission  : il est tourné vers Jésus, il le montre et y conduit ses disciples. En ne relâchant pas son attention vers Jésus, en ne la faisant pas dépendre des circonstances, il accomplit sa vocation profonde et y trouve sa joie. Nous aussi, pendant ce temps de préparation à Noël, ne nous cachons pas derrière de mauvais prétextes pour différer notre marche vers Jésus. Aucune condition n’est défavorable. Jésus vient pour tout sauver !
 
D. Martin PANHARD