Le courage d’espérer

Le courage d’espérer

Le courage d’espérer 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Savez vous comment finit la Bible ? Quels sont les derniers mots qui clôturent le livre saint ?

Ils nous sont donnés dans la deuxième lecture de ce dimanche :

Et celui qui donne ce témoignage déclare :

« Oui, je viens sans tarder. »

Amen ! Viens, Seigneur Jésus !

Curieusement, la Bible finit sur une attente ! C’est un appel qui clôture la Bible : Viens Seigneur Jésus ! Et cette finale a toute son importance. Cette attente vient qualifier, de manière très profonde, la foule de ceux qui se mettront en marche derrière le Christ. Le peuple chrétien est le peuple de l’attente, le peuple de l’espérance ! Une attente impatiente, une attente ardente, une attente active de la réalisation plénière du Royaume de Dieu.

Comme une jeune femme attend son fiancé :
L’Esprit et l’Épouse disent : « Viens ! »

Et tout chrétien doit partager cette attente :
Celui qui entend, qu’il dise : « Viens ! »

Cette veille n’est pas de tout repos ! Et le premier devoir du chrétien, c’est d’accepter que tout ne soit pas encore réalisé. 

Adrien Candiard, dans son livre intitulé : « Veilleurs où en est la nuit », écrit : 

« Notre premier devoir de veilleur c’est de regarder la nuit comme elle est. L’espérance chrétienne ne réclame pas d’optimisme, mais du courage. C’est un acte héroïque, pouvait écrire Bernanos dont les lâches et les imbéciles ne sont pas capables ; c’est l’illusion qui leur tient lieu d’espérance.

Le courage est nécessaire à l’espérance, car pour pouvoir espérer, espérer vraiment, il faut accepter de renoncer à l’illusion ou faux espoirs. En dernière analyse, l’espérance est un choix. Pour espérer en Dieu, et n’espérer qu’en Dieu, il faut accepter de quitter tous les espoirs alternatifs, tous les filets de sécurité qui nous évitent d’avoir à faire le grand saut de la confiance en Dieu ; tous ces espoirs alternatifs que nous arrivons parfois à confondre avec Dieu lui-même et dont l’échec nous déconcerte tant.

L’espérance chrétienne espère nécessairement contre toute espérance, c’est-à-dire contre tous les faux espoirs qui nous protègent d’une rencontre rugueuse avec le monde réel où Dieu nous attend.

Dieu n’existe que dans le monde réel. Il n’est ni hier, ni demain, ni ailleurs : c’est le Dieu du présent, pas celui des rêveries et des châteaux en Espagne.

Refuser les faux espoirs, refuser de vivre dans le passé, ou dans un optimisme béat, savoir regarder la nuit, c’est déjà un acte d’espérance ; C’est n’attendre son salut que de Dieu et, ne l’attendre que de lui, c’est déjà le recevoir. »

Alors que nous venons de fêter l’Ascension, par laquelle le Christ nous a ouvert la voie, mettons toute notre espérance dans le Christ. Acceptons de regarder la nuit et, dans l’obscurité, sûrs que l’aurore est proche, avec celui qui donne ce témoignage de l’Apocalypse, crions : « Oui, viens sans tarder. » Amen ! Viens, Seigneur Jésus !

 D. Louis-Marie