Le Bon Pasteur

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Le Bon Pasteur 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

On dit toujours que les brebis doivent se méfier du loup. Mais les brebis meurent rarement de mort naturelle : si ce n’est le loup qui s’en charge, elles finissent tôt ou tard en méchoui ou dans l’assiette du berger. Loin de nous l’idée de faire de Jésus une idole vegan avant l’heure, force est toutefois de constater que la perspective de Jésus n’est pas de manger les brebis. Bien au contraire, Jésus veut plutôt leur donner la vie, jusqu’à être mangé lui-même par elles, dans l’Eucharistie.

Il y a donc une mystérieuse inversion des rôles que nous sommes invités à contempler dans cette parabole et dans le mystère du Christ. Cette inversion découle de son union avec le Père, car c’est du cœur de la Sainte Trinité que Dieu a décidé en inversant les rôles, en inversant ce qui à nos yeux est logique, d’inverser le sort de l’humanité marquée inexorablement par le péché. Il fallait que Dieu décidât, par le choix d’une telle économie de la rédemption, d’inverser les rôles pour que fût inversée la condamnation de l’homme pécheur en devenant invitation à partager la vie éternelle de son créateur et de son rédempteur.

Vos pensées ne sont pas mes pensées, dit le Seigneur. (Jean 13, 13-14) : vous m’appelez Maître et Seigneur. Si donc moi je vous ai lavé les pieds, vous devez… Je vous ai montré l’exemple.

Accueillons ce mystère de Jésus envers nous, laissons-le inverser les rôles dans notre vie, acceptons de dépendre de lui comme de Celui qui donne sa vie pour nous, de manière renouvelée, alors que nous pourrions avoir l’impression d’abuser de sa patience et de sa miséricorde. Il ne nous doit rien, mais il veut être notre obligé, à tel point que les sacrements qui sont des actions des hommes, n’en sont pas moins ‘sur commande’ des actions de Dieu.

Cette attitude de Jésus que nous aurons contemplée et intériorisée, nous sommes invités à la traduire dans notre vie. En devenant toujours plus unis au Christ, plus conscients de sa mission rédemptrice et de la possibilité qui nous est offerte d’y participer à notre place, nous pouvons entrer dans cette dynamique du bon pasteur qui donne sa vie pour les brebis.

En ce dimanche du Bon Pasteur, l’Eglise nous invite à prier pour les prêtres et pour les vocations sacedotales. Le Christ a en effet inventé le sacrement de l’ordre pour appeler des hommes à le rendre présent, pas seulement comme des animateurs-coordinateurs de communauté (ce qu’un homme marié ou une femme pourrait très bien, voire mieux faire), mais comme le Christ lui-même, dans toutes les dimensions de son humanité, y compris sa masculinité et son célibat, choisissant résolument, malgré leurs limites, par le don de leur vie, d’être signes pour le monde d’aujourd’hui, exprimant que le Christ continue de donner sa vie à qui veut être sauvé. Que les prêtres puissent y être fidèles et de nombreux hommes répondre avec courage à l’appel de Dieu.

 D. Charles-Marie D’AMAT