« Le Bon Pasteur selon le Pape François »

« Le Bon Pasteur selon le Pape François »

« Le Bon Pasteur selon le Pape François » 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Pour aider notre coeur à brûler de la charité de Jésus Bon Pasteur, nous pouvons nous entraîner à faire nôtres, trois actions : chercher, inclure et se réjouir.

Chercher : L’Évangile dit, « il va chercher celle qui est perdue » (Lc 15, 4), sans se laisser effrayer par les risques ; sans délai il s’aventure hors des endroits du pâturage et hors des horaires de travail. Et il ne se fait pas payer les « extras ». Il ne renvoie pas la recherche, il ne pense pas « aujourd’hui j’ai déjà fait mon devoir, et éventuellement je m’en occuperai demain », mais il se met tout de suite à l’oeuvre ; son coeur est inquiet tant qu’il n’a pas retrouvé cette unique brebis perdue. L’a-t-il trouvée, il oublie la fatigue et il la charge sur ses épaules tout content. Parfois il doit sortir pour la chercher, lui parler, la persuader ; d’autres fois, il doit demeurer devant le tabernacle, luttant avec le Seigneur pour cette brebis.

Voilà le coeur qui cherche : c’est un coeur qui ne privatise pas les temps et les espaces. Gare aux pasteurs qui privatisent leur ministère ! Il n’est pas jaloux de sa légitime tranquillité – je dis légitime, même de celle-là – et il n’exige jamais de ne pas être dérangé. Le pasteur selon le coeur de Dieu ne défend pas ses propres aises, il n’est pas préoccupé de conserver sa bonne réputation, mais il sera calomnié, comme Jésus. Sans craindre les critiques, il est disposé à risquer même d’imiter son Seigneur. « Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute… » (Mt 5, 11)

Le pasteur selon Jésus a le coeur libre pour laisser ses affaires, il ne vit pas en tenant les comptes de ce qu’il a et des heures de service : il n’est pas un comptable de l’esprit, mais un bon samaritain à la recherche de celui qui a besoin. C’est un pasteur, non un inspecteur du troupeau, et il se dévoue à la mission non à cinquante ou soixante pour cent, mais avec tout lui-même. Allant à la recherche, il trouve, et il trouve parce qu’il risque. Si le pasteur ne risque pas, il ne trouve pas. Il ne s’arrête pas après les déceptions et il ne se rend pas dans les fatigues ; il est en effet, obstiné dans le bien, oint de la divine obstination que personne ne se perde. Pour cela, non seulement il tient les portes ouvertes, mais il sort à la recherche de celui qui ne veut plus entrer par la porte. Comme tout bon chrétien et comme exemple pour tout chrétien, il est toujours en sortie de soi. L’épicentre de son coeur se trouve hors de lui : il est un décentré de lui-même, centré seulement en Jésus. Il n’est pas attiré par son « moi », mais par le « Tu » de Dieu et par le « nous » des hommes.

Inclure : Le Christ aime et connaît ses brebis, il donne sa vie pour elles et aucune ne lui est étrangère (Jn 10, 11-14). Son troupeau est sa famille et sa vie. Il n’est pas un chef craint par les brebis, mais il est le pasteur qui marche avec elles et les appelle par leur nom (Jn 10, 3-4). Et il désire rassembler les brebis qui ne demeurent pas encore avec lui (Jn 10, 16). Ainsi également le prêtre du Christ : il est oint pour le peuple, pas pour choisir ses propres projets, mais pour être proche des gens concrets que Dieu, par l’Église, lui a confiés. Personne n’est exclu de son coeur, de sa prière et de son sourire. Avec un regard aimable et un coeur de père, il accueille, il inclut et, quand il doit corriger, c’est toujours pour approcher ; il ne méprise personne, mais il est prêt à se salir les mains pour tous. Ministre de la communion qu’il célèbre et qu’il vit, il n’attend pas les salutations et les compliments des autres, mais il tend la main en premier, rejetant les bavardages, les jugements et les venins. Il écoute les problèmes avec patience et il accompagne les pas des personnes, accordant le pardon divin avec une généreuse compassion. Il ne gronde pas celui qui laisse ou qui perd la route, mais il est toujours prêt à réinsérer et à calmer les querelles. C’est un homme qui sait inclure.

Se réjouir : Dieu est « tout joyeux » (Lc 5, 5) : sa joie naît du pardon, de la vie qui renaît, du fils qui respire à nouveau l’air de la maison. La joie de Jésus Bon Pasteur n’est pas une joie pour soi, mais c’est une joie pour les autres et avec les autres, la vraie joie de l’amour. C’est aussi la joie du prêtre. Il est transformé par la miséricorde qui donne gratuitement. Dans la prière il découvre la consolation de Dieu et il expérimente que rien n’est plus fort que son amour. Pour cela, il est serein intérieurement, et il est heureux d’être un canal de miséricorde, d’approcher l’homme au Coeur de Dieu.