La PMA pour tous est impossible !

La PMA pour tous est impossible !

La PMA pour tous est impossible ! 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Peut-être êtes-vous un peu désabusés, voie désemparés devant l’« énième  » projet de loi bioéthique ! Peut-être vous sentez-vous las et impuissant ! A quoi bon en parler…
Comment s’opposer au fait que la PMA, qui existe déjà, puisse être ouverte à toutes les femmes ? Partageant cette même lassitude, devant un combat qui me semble perdu d’avance, j’ai toutefois été réveillé de ma torpeur par un philosophe.
Curieusement, c’est au cours de l’émission : « On n’est pas couché » du 21 septembre, animé par Laurent Ruquier, en écoutant les arguments de François Xavier Bellamy j’ai pris conscience d’un aspect de ce projet de loi, dont je n’avais pas mesuré la portée : En toute rigueur de terme, il ne peut y avoir de PMA pour tous !
Je le laisse vous expliquer pourquoi : « En fait, la procréation médicalement assistée ne sera jamais ouverte aux couples de femmes, ni aux célibataires. Parce que ce n’est pas possible ».
Comme son nom l’indique, la PMA est un acte médical. Un acte qui pose des questions éthiques en lui-même, mais qui est dans son essence un acte thérapeutique, en ce sens qu’il vise à remédier à une pathologie. Le geste médical est un geste technique qui se donne pour objectif la santé. C’est quand la santé est atteinte, suite à un accident ou à une maladie, que la médecine intervient pour tenter de rétablir le cours régulier de la nature.
La procréation médicalement assistée est donc le geste thérapeutique par lequel un couple qui se trouve infertile? pour une raison accidentelle ou pathologique, peut recouvrer la fécondité qu’un trouble de santé affectait.
Ce dont parle Marlène Schiappa, c’est en fait tout autre chose : en apparence, le même geste pratique ; en réalité, le contraire d’une thérapeute. Ce n’est plus un acte médical : c’est une prestation technique. La différence est aussi grande, qu’entre greffer un bras à une personne amputée, et greffer un troisième bras sur un corps sain.
Les femmes auxquelles s’adresse Marlène Schiappa n’auront pas recours à une procréation médicalement assistée, pour une raison assez simple : ce n’est pas un problème de santé. Que pourrait guérir la médecine ? Quand notre désir n’implique pas que soit corrigé un échec aux lois de la biologie, mais qu’on organise cet échec, il s’agit d’un acte absolument nouveau – d’une procréation artificiellement suscitée.
Il n’est plus question de rétablir la nature, mais de s’en arracher. Le but n’est plus que nos corps soient réparés, mais qu’ils soient vaincus. Et que soit enfin brisée cette impuissance douloureuse de leur condition sexuée, qui nous faisant homme ou femme, interdit à chacun d’entre nous de pouvoir prétendre être tout, et de se suffire pour engendrer.
Pour la première fois dans l’histoire, la science médicale est détournée du principe qui la règle depuis ses commencements – préserver ou reconstituer la santé, pour être mise au service exclusif du désir. Et nous ne parlons pas ici de chirurgie esthétique ; il s’agit de créer des vies. Jamais un corps humain n’a été fécond sans contact avec l’altérité biologique.
Si nous décidons aujourd’hui d’autoriser un geste technique qui renie notre condition de vivant, nous faisons le premier pas d’une longue série. Nous choisissons la toute-puissance du désir contre l’équilibre naturel. Nous décidons de nous rêver plutôt que de nous recevoir »
Chers amis, il nous reste encore un peu de temps pour nous réveiller ! Luttons et prions pour qu’une telle frontière ne soit pas franchie. Choisissons librement de nous accepter tels que nous sommes. Acceptons qu’une limite puisse être donnée à nos désirs par la nature…là serait le vrai progrès.
D. Louis-Marie DUPORT