Jugements particulier et universel

Jugements particulier et universel

Jugements particulier et universel 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Avant de régner avec le Christ glorieux, tous nous devrons être mis à découvert « devant le tribunal du Christ, pour que chacun reçoive le salaire de ce qu’il aura fait pendant qu’il était dans son corps, soit en bien, soit en mal» (2 Co 5, 10) ; et à la fin du monde, «les hommes sortiront du tombeau, ceux qui auront fait le bien pour une résurrection de vie, ceux qui auront fait le mal pour une résurrection de condamnation». (Lumen Gentium n°48)

Ce terme de « tribunal » peut nous mettre mal à l’aise : quel est ce Dieu qui nous juge sur son trône de Gloire ? N’est-il pas qu’amour, et sa miséricorde n’est-elle pas infinie ?

Oui, Dieu est amour, mais Dieu est juste !
Il prend au sérieux tous les actes que nous aurons posés ici bas. Libres nous avons été créés, et cette liberté nous rend responsables de ce que nous faisons, en bien ou en mal, même si, certes, le Seigneur connaît mieux que nous notre fragilité liée au premier péché. Ainsi donc l’Église distingue-t-elle deux sortes de jugements, qui, tous les deux, sont une espérance pour nous, pour reprendre une expression de Benoît XVI : « Les injustices de ce monde n’auront pas le dernier mot. »

Le jugement particulier
Au moment de notre mort, nous serons « projetés » dans ce face-à-face avec le Seigneur et nous « verrons » toute notre vie. Cette rencontre se situera au niveau de l’âme, nous serons séparés de notre corps jusqu’au retour glorieux du Christ, appelé encore Parousie. Nous verrons tout le bien que nous aurons fait, et tout le mal qui sera venu abîmer en nous la vie divine. En fonction de ce jugement particulier, l’âme recevra immédiatement une rétribution, le ciel ou l’enfer.

Le jugement universel
Seul le Père connaît l’heure et le jour. « Nous connaîtrons le sens ultime de toute l’oeuvre de la création et de toute l’économie du salut, et nous comprendrons les chemins admirables par lesquels sa Providence aura conduit toute chose vers sa fin ultime. » (Catéchisme de l’Église catholique, n°1040) Ce sera la manifestation visible par tous du jugement particulier, illustrée par la parabole de saint Matthieu : « Il placera les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche. » (Mt, 25-31) Nous verrons les conséquences de nos actes, non plus simplement sur nous-mêmes, mais sur tous ceux avec lesquels nous aurons vécu. Ces deux jugements sont pour nous un appel à vivre sérieusement notre vie de baptisés, avec une crainte non pas servile, mais filiale, comme le rappelle le pape François en ces termes : « Regarder le jugement dernier ne doit jamais nous faire peur ; cela doit plutôt nous pousser à mieux vivre le présent. Dans sa miséricorde et sa patience, Dieu nous offre ce temps afin que nous apprenions chaque jour à le reconnaître dans les pauvres et dans les petits, que nous nous attachions à faire le bien et que nous soyons vigilants dans la prière et dans l’amour. » (Catéchèse du mercredi du pape François, le 24 avril 2013)

Don Alban Dyèvre