Je vais faire entrer en vous l’Esprit, et vous vivrez !

Je vais faire entrer en vous l’Esprit, et vous vivrez !

Je vais faire entrer en vous l’Esprit, et vous vivrez ! 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

La fête liturgique de Pentecôte est très riche : outre les lectures de la messe du jour, nous sont donnés le magnifique chant de la séquence « Veni Sancte Spiritus » ainsi qu’une vigile liturgique que malheureusement on ne célèbre qu’en bien peu d’endroits. Cette vigile, comme à la vigile pascale, comporte des lectures de l’Ancien Testament en lien avec l’annonce de l’envoi de l’Esprit Saint et avec son action : l’épisode de la Tour de Babel où l’on voit en contraste qu’à la Pentecôte l’Esprit donne de dépasser l’incompréhension de ceux qui ne parlent pas la même langue ; le don de la loi ancienne à Moïse préfigurant le don de la loi nouvelle dans l’Esprit ; la prophétie des ossements desséchés du prophète Ézéchiel annonçant la résurrection comme vie dans l’Esprit et enfin l’annonce du don de l’Esprit de prophétie à tout homme par le prophète Joël. Il y aurait tant d’autres passages à lire pour voir à quel point l’Esprit saint est déjà présent dans l’Ancien Testament !

La prophétie d’Ézéchiel nous aide à comprendre ce que nous disons dans le Credo, au sujet de l’Esprit Saint, quand nous affirmons qu’il donne la vie (vivificantem) : « Ainsi parle le Seigneur Dieu à ces ossements : Je vais faire entrer en vous l’esprit, et vous vivrez.  Je vais mettre sur vous des nerfs, vous couvrir de chair et vous revêtir de peau ; je vous donnerai l’esprit et vous vivrez […] Le Seigneur me dit alors : « Adresse une prophétie à l’esprit, prophétise, fils d’homme. Dis à l’esprit : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Viens des quatre vents, esprit ! Souffle sur ces morts et qu’ils vivent ! » Je prophétisai, comme il m’en avait donné l’ordre et l’esprit entra en eux ; ils revinrent à la vie et ils se dressèrent sur leurs pieds : c’était une armée immense! ». 

Rappelons-nous que le mot esprit, en latin spiritus, en grec pneuma, en hébreu ruah, exprime l’idée de souffle, de souffle vital, du dernier souffle qu’on rend. La ruah est ce souffle divin qui plane au-dessus des eaux au moment où le monde reçoit la vie. Le psaume 103 dit “Tu enverras ton esprit et toute chose sera créée et tu renouvelleras la face de la terre”. L’Ancien Testament comporte ainsi déjà cette foi dans le fait que l’Esprit donne la vie, qu’il est « faiseur de vie ». Cette idée sera explicitée par Jésus lorsqu’il s’adresse à Nicodème : « Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. » Naître de l’Esprit, c’est recevoir de lui la vie, car il est vivifiant. L’Esprit est l’Esprit de vie, comme l’évoquera aussi Saint Jean en affirmant qu’en expirant Jésus “consigna l’esprit”, il donne l’Esprit au moment même où il donne sa vie.

Si l’Esprit est vivifiant, c’est parce que nous sommes invités à le respirer, à vivre dans l’Esprit comme dans une atmosphère, l’atmosphère des chrétiens. Les chrétiens vivent dans l’Esprit, ils vivent par l’Esprit ; de même que nos organes reçoivent l’oxygène que nous respirons à travers les poumons, le cœur et les artères, de même notre âme et nos facultés spirituelles doivent recevoir l’oxygène du Saint-Esprit, sous peine d’asphyxie. De même que notre corps doit être alimenté en oxygène, notre âme doit être alimenté en Esprit-Saint : l’Esprit-Saint est un aliment, en cela il donne la vie, comme le pain de vie donne lui aussi la vie. L’Esprit-Saint est donc, comme l’Eucharistie, aliment nécessaire, si ce n’est à la survie de nos âmes, au moins à leur croissance. Sans Esprit et sans Eucharistie, notre âme souffre de malnutrition et de graves carences alimentaires. Prenons donc le risque de nous laisser agir par l’Esprit pour qu’il nous donne la vie en abondance !

 D. Charles-Marie D’AMAT