Je crois à la vie éternelle

Je crois à la vie éternelle

Je crois à la vie éternelle 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

C’est ce que nous affirmons à la fin du Credo, comme l’apothéose de notre foi.
Mais que savons-nous de la vie éternelle ?

Dans l’Evangile, le Christ parle abondamment du Royaume des Cieux, qui « n’est pas de ce monde », ainsi qu’il le déclare à Pilate (Jn, 18, 36). Pour se faire comprendre, il emploie des paraboles : il compare le Royaume à un trésor, à une perle précieuse (Mt 13, 44-46) ou encore à un festin ordonné par un roi pour les noces de son fils (Mt 22, 2). A partir de ces images, le ciel apparaît comme un bien à rechercher en priorité et un lieu de félicité, la maison du Père. Mais pour participer au festin, il faut avoir revêtu « le vêtement de noces ». (Mt 22, 11-14).

La maison du Père
« Dans la maison de mon Père, beaucoup pourront trouver leur demeure », nous dit Jésus (Jn, 14, 2). Là où se trouve le Père, se trouvent aussi le Fils et le Saint-Esprit. Le paradis, c’est donc le lieu de la vie trinitaire et de tous ceux qui participent au bonheur infini de Dieu : les anges et les saints. C’est la vie avec le Christ dans l’éternité. Car, selon la parole de l’ange Gabriel, « il règnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n’aura point de fin » (Lc 1, 33).

Comment entre-t-on dans la vie éternelle ?
A notre mort, le Royaume des Cieux s’ouvre pour nous, car notre âme se sépare de notre corps et se trouve confrontée à l’éternité. C’est à ce moment-là que s’opère le « jugement particulier », qui réfère notre vie au Christ. Il est la conséquence des choix que nous avons faits librement de notre vivant, parfois même au seuil de la mort, avec l’aide de Dieu, comme le bon larron. Le paradis est l’état de bonheur perpétuel que chaque personne doit viser dans son chemin sur la terre. Ceux qui meurent dans un état de parfaite amitié avec le Christ et totalement purifiés s’en vont directement vers la vision béatifique. Nous entrons au ciel par le Christ et la mort ainsi est moins importante que le fait d’être unis au Christ, car nous savons que le Christ a vaincu la mort pour de bon. C’est par la foi que je m’unis au Christ. La foi est bien plus qu’une opinion, la foi, c’est mon union au Christ.
« Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. » (Jn 14, 3)

Le ciel visible qui s’étend à l’infini est une image du ciel invisible
Le ciel, c’est la possession de la plénitude des fruits de la rédemption opérée par le Christ. La communion bienheureuse en Dieu dépasse notre compréhension. Dieu ne peut être contemplé par l’homme que s’il lui en donne la capacité. Notre condition humaine ne nous permet pas de le voir, puisqu’il est infini et que nous sommes finis.
Nos désirs terrestres seront parfaitement comblés par Dieu. C’est notre volonté qui se reposera dans le bien le plus grand. C’est vers ce bien que notre être tend naturellement. Tous nos choix sur terre sont en quelque sorte une préparation, une tension vers ce bien éternel qu’est le Seigneur. Tous, nous sommes attirés vers Dieu. Nous pouvons le refuser, le refouler, mais nous ne pouvons le supprimer. C’est inscrit dans notre nature humaine et la vision béatifique vient donc combler l’attente de l’homme.

Pour participer au festin, il faut avoir revêtu le vêtement de noces
Le purgatoire est cet état de purification des élus qui ne sont pas encore disposés à rentrer dans la gloire éternelle. En quelque sorte, le purgatoire, disait le saint curé d’Ars, c’est l’infirmerie du bon Dieu.
Au purgatoire, les âmes des défunts déjà habitées par l’amour de Dieu, mais imparfaitement unies à lui, sont purifiées par le feu de cet amour. Il ne faut pas forcément voir le purgatoire comme une prison, mais plutôt comme un lieu d’attente où l’âme s’ouvre progressivement à l’amour infini de Dieu. La peine des âmes du purgatoire est bien différente de celle des damnés, car ceux qui séjournent au purgatoire ont la certitude d’entrer un jour dans la gloire de Dieu. La souffrance des âmes du purgatoire est celle de l’attente de voir Dieu en plénitude.
C’est la mission de l’Eglise terrestre que de prier pour la libération des âmes du purgatoire. En priant pour elles, on intercède auprès de Dieu pour que ces âmes soient purifiées. Une fois que ces âmes sont purifiées, elles peuvent intercéder pour nous auprès du Père. C’est un effet de la communion des saints. Toute l’importance de la prière pour les défunts réside ici. « Voilà pourquoi il fit ce sacrifice d’expiation, afin que les morts soient délivrés de leur péché. » (2 M 12, 46)

L’enfer ou les ténèbres extérieures
L’enfer est un lieu de séparation définitive avec Dieu. Jésus en parle comme des « ténèbres extérieures », là où seront « les pleurs et les grincements de dents » (Mt 8, 12 ; 22, 13) ou encore « le feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges » (Mt 25, 41). Ce ne sont pas des images réjouissantes. Elles expriment ce que l’Eglise appelle « les peines de l’enfer », c’est-à-dire la souffrance des créatures séparées définitivement de l’amour de Dieu, Car Dieu respecte la liberté de ses créatures. Il faut pour aller en Enfer se couper de l’amour miséricordieux du Père qui nous dit qu’aucune faute ne lui fait peur. Le refus de l’amour de Dieu comprend le refus de l’amour du prochain. En effet, les deux sont indissociables. Les paroles de Jésus à cet égard sont très claires. Lors du jugement dernier, « le Roi dira à ceux qui sont à sa droite : “ J’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire… ”. Et il dira à ceux qui sont à sa gauche : “ J’ai eu faim et vous ne m’avez pas donné à manger, j’ai eu soif et vous ne m’avez pas donné à boire…”. Et ceux-ci s’en iront à un châtiment éternel, mais les justes, à une vie éternelle » (Mt 25, 31-46). C’est aussi le sens de la parabole du mauvais riche et du pauvre Lazare (Lc, 16, 19-31). Comme le dit saint Jean : « Si quelqu’un dit: J’aime Dieu, et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur ; car celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas? » (Jn, 4, 20).
Dieu ne prédestine personne à aller en enfer, il faut pour cela persister jusqu’à la fin dans une aversion volontaire pour Dieu et sa justice. Dieu voudrait que tous les hommes s’unissent à lui, mais dans son amour infini, il n’a pas voulu imposer à l’homme d’accepter cet amour.

Martin de Bergh
Séminariste