« Fais tout ce qu’il te dira »

« Fais tout ce qu’il te dira »

« Fais tout ce qu’il te dira » 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Dans l’épisode des noces de Cana, saint Jean nous rapporte la première intervention de Marie dans la vie publique de Jésus. Au début du récit, il précise que Jésus fut invité «lui-aussi», comme si c’était secondaire, ou comme si c’était seulement comme parent de Marie qu’il avait été indirectement invité. Et voilà que Marie exprime à Jésus sa préoccupation face à l’absence de vin. Etant donné qu’il est certain que Jésus n’a pas justement 800 bouteilles dans le coffre de son utilitaire de charpentier qui les a amenés à Cana, on voit bien que la solution demandée par Marie est de l’ordre de l’extraordinaire. Marie se fait la porte-parole de l’humanité, témoin du fait que chaque situation est marquée par l’imperfection, et que chaque vie a besoin d’être visitée par la présence et l’action de Dieu. En apportant Jésus au monde, en l’amenant à ces noces, Marie nous montre une voie pour faire entrer Jésus dans le monde, une voie discrète mais concrète.

C’est bien ce que manifeste cet évangile : au milieu d’une situation très ordinaire de la vie, un mariage avec une fête qui risque d’être gâchée, image de nos vies mêlées de joies et d’épreuves, Jésus est capable de rendre parfait ce qui est immanquablement imparfait ; bien plus, comme l’exprime le maître du repas, en gardant pour une fois le bon vin pour la fin, Jésus rend extraordinaire ce qui est ordinaire.

Ainsi les six cuves de cent litres d’eau – ce qui fait les 800 bouteilles que Jésus n’avait pas directement sous la main – sont l’expression de ce qui est ordinaire et imparfait. Ordinaire, car l’eau est la boisson ordinaire, et imparfait, car le nombre de cuves est voisin mais légèrement inférieur au chiffre sept signifiant la perfection. Par cette transformation, par ce miracle, Jésus manifeste qu’il est capable d’apporter au monde comme à cette noce la perfection qui lui manque : le bon vin pour la joie des époux et des invités. Il y a même une raison plus profonde de se réjouir : l’heure de Jésus s’est approchée, et Dieu lui-même visite son peuple. Pour «ceux qui savaient» (les disciples, la Mère, les serviteurs), ce signe leur a permis de voir la gloire de Jésus et de croire plus fermement en lui.

D’autre part, l’évangile nous montre combien la confiance de Marie en son fils est récompensée, et combien il a surpassé les besoins des invités dans le signe qu’il a réalisé. Comme Marie, laissons toute initiative à Jésus, et imitons l’obéissance des serviteurs. Notre dignité, à l’instar de Marie et des ouvriers, est de participer à la réalisation des merveilles de Dieu pour l’humanité en tenant dans l’oeuvre de Dieu notre juste place. Entendons aujourd’hui Marie nous conseiller : «Fais tout ce qu’il te dira», et demandons la grâce d’une écoute docile, et d’une réponse dans la foi sans hésitation, même si nous ne comprenons pas toujours l’utilité de ce que le Christ attend de nous. Demandons et nous recevrons : le Christ transformera par sa présence agissante l’ordinaire de nos vies en extraordinaire.

  D. Charles-Marie D’AMAT