Editorial Principal

Viens et suis moi

Viens et suis moi 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

A l’aube de sa vie publique, Jésus voit venir à lui deux des disciples de Jean Baptiste, dont André, le frère de Simon-Pierre. Par deux fois, deux jours de suite, Jean le Baptiste avait désigné Jésus comme « l’Agneau de Dieu ». Cette insistance est une persévérance dans l’annonce : Le témoignage du Baptiste arrive enfin dans le cœur de ces deux disciples. Combien de fois avons-nous entendu telle ou telle parole à la messe pour qu’un jour elle nous paraisse nouvelle, presque vivante. La patience du Seigneur ne peut que nous émerveiller. Revenons à notre évangile. Nous voyons Jésus qui les laisse venir à lui. Mais il prend en main la conversation et pose sans tarder la question suivante : « Que cherchez-vous ? » «  Maître où demeures-tu ? » Leur réponse met des mots sur cette attraction très forte que produit Jésus sur les cœurs. En quelques lignes, l’évangéliste nous donne à méditer sur cette dimension essentielle de la vie chrétienne : suivre le Christ. Qu’est-ce que cela veut dire ? Nous avons schématiquement en tête le fait que suivre le Christ pour les disciples sera un changement de vie. Ils vont laisser derrière eux leur métier, leurs affaires et leur quotidien pour marcher dans les pas de Jésus sur les chemins de Palestine. Être disciple, suivre Jésus devient presque comme un nouveau métier dans lequel nous nous remettons entièrement à son autorité. Cette dimension plus intérieure que provoque l’appel de Jésus à le suivre est déroutante. Être avec lui (les disciples sont restés toute la journée en sa compagnie) et se mettre entièrement à sa disposition : voilà le nouveau contenu de leur vie. En plus du renoncement, le chrétien est appelé à se donner lui-même. Cela se fait dans la paix lorsque nous contemplons en qui le chrétien remet sa vie. Jésus lui-même a suivi la parole de Dieu, au point qu’on dira de lui juste après sa résurrection, qu’il était la Parole faite chaire. 

Or cette exigence de Jésus à le suivre est manifestement accompagnée de sa miséricorde. Nous savons, grâce à ces premiers disciples, qu’il ne faut pas attendre d’être parfait pour le suivre. Nos mauvaises compréhensions, nos péchés ne sont pas un obstacle tant qu’ils contribuent à nous rendre toujours plus conscients que nous avons besoin de la grâce rédemptrice du Seigneur. 

Cependant, dans cette suite du Christ, une ombre nous fait peur : celle de la Croix. Nous ne sommes plus à l’époque des martyrs des premiers temps de l’Eglise, mais le renoncement, la remise totale de sa vie est toujours d’actualité dans la vie du Chrétien. à l’image du grain de blé qui meurt et donne beaucoup de fruit, ce n’est qu’en s’abandonnant que nous nous trouverons. Notre amour et notre foi ne font qu’un à la suite de Jésus. Demandons à Jésus, cette semaine, la grâce de le suivre un peu mieux, malgré tous les obstacles extérieurs et intérieurs ! Belle semaine chers paroissiens  ! 

D.Christophe GRANVILLE

Le Baptême

Le Baptême 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

« Chers amis, 

Nous célébrons ce dimanche le baptême de Jésus. Cette fête est l’occasion pour nous de faire mémoire de notre propre baptême et de s’arrêter ensemble sur la grandeur du don qui nous a été concédé ce jour là ! 

Notre pape François nous rappelle l’importance de s’arrêter sur ce sacrement sur  « lequel se fonde notre foi elle-même et qui nous greffe comme des membres vivants dans le Christ et dans son Église. Avec l’Eucharistie et la confirmation, il forme ce qu’on appelle l’« initiation chrétienne » qui constitue comme un unique grand événement sacramentel, et nous configure au Seigneur et fait de nous un signe vivant de sa présence et de son amour.

Mais une question peut naître en nous : le baptême est-il vraiment nécessaire pour vivre en chrétien et suivre Jésus ? N’est-ce pas au fond un simple rite, un acte formel de l’Église pour donner un nom au petit garçon ou à la petite fille. C’est une question qu’on peut se poser ? Et à ce propos, ce qu’écrit l’apôtre Paul nous éclaire : « Ne le savez-vous donc pas : nous tous, qui avons été baptisés en Jésus Christ, c’est dans sa mort que nous avons été baptisés  ? Si, par le baptême dans sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, de même que le Christ, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts  » (Rm 6, 3-4). Ce n’est donc pas une formalité ! C’est un acte qui touche notre existence en profondeur. Un enfant baptisé ou un enfant non baptisé, ce n’est pas la même chose. Une personne baptisée ou une personne non baptisée, ce n’est pas la même chose. Avec le baptême, nous sommes plongés dans cette source intarissable de vie qui est la mort de Jésus, le plus grand acte d’amour de toute l’histoire ; grâce à cet amour, nous pouvons vivre une vie nouvelle, n’étant plus en proie au mal, au péché et à la mort, mais dans la communion avec Dieu et avec nos frères.

Un grand nombre d’entre nous n’a pas le moindre souvenir de la célébration de ce sacrement et cela est normal, si nous avons été baptisés peu après notre naissance. (…) Il est important de connaître le jour où nous avons été plongés précisément dans ce courant de salut de Jésus. Et je me permets de vous donner un conseil, mais, plus qu’un conseil, un devoir pour aujourd’hui. Aujourd’hui, à la maison, cherchez, demandez la date de votre baptême et ainsi vous connaîtrez bien le si beau jour du baptême. Connaître la date de notre baptême signifie connaître une date heureuse. Mais le risque de ne pas la «connaître» est de perdre conscience du souvenir de ce que le Seigneur a fait en nous, la mémoire du don que nous avons reçu. Alors nous finissons par le considérer seulement comme un événement qui a eu lieu dans le passé —  même pas par notre volonté, mais par celle de nos parents — et qui, pour cette raison, n’a plus aucune incidence sur le présent. Nous devons réveiller la mémoire de notre baptême. En revanche, nous sommes appelés à vivre notre baptême chaque jour, comme la réalité actuelle de notre existence (…)
Audience générale du 8 janvier 2014

Alors, chers amis, demandons en ce dimanche du baptême du Seigneur, la grâce de pouvoir toujours faire davantage l’expérience, dans notre vie de chaque jour, de l’action de notre baptême en nous. Et décidons de faire du jour anniversaire de notre baptême, un jour de fête et de joie.

…………………………………………………………………..     D. Louis-Marie DUPORT

L’Espérance

L’Espérance 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

« La petite Espérance s’avance entre ses deux grandes sœurs (la Foi et la Charité),
et on ne prend pas seulement garde à elle.
Sur le chemin du salut, sur le chemin charnel, sur le chemin
raboteux du salut, sur la route interminable, sur la route
entre ses deux sœurs la petite espérance
S’avance.
Entre ses deux grandes sœurs.
Celle qui est mariée.
Et celle qui est mère.
Et l’on n’a d’attention, le peuple chrétien n’a d’attention
que pour les deux grandes sœurs.
La première et la dernière.
Qui vont au plus pressé.
Au temps présent.
A l’instant momentané qui passe.
Le peuple chrétien ne voit que les deux grandes sœurs, n’a 
de regard que pour les deux grandes sœurs.
Celle qui est à droite et celle qui est à gauche.
Et il ne voit quasiment pas celle qui est au milieu.
La petite, celle qui va encore à l’école.
Et qui marche.
Perdue dans les jupes de ses sœurs.
Et il croit volontiers que ce sont les deux grands
qui traînent la petite par la main.
Au milieu.
Entre les deux.
Pour lui faire faire ce chemin raboteux du salut.
Les aveugles qui ne voient pas au contraire…
Que c’est elle au milieu qui entraîne ses grandes sœurs.
Et que sans elle elles ne seraient rien.
Que deux femmes déjà âgées.
Deux femmes d’un certain âge.
Fripées par la vie.
C’est elle, cette petite, qui entraîne tout. »
Charles Péguy, « le Porche du mystère de la deuxième vertu » (1912)

L’espoir humain fait vivre. L’espérance divine est vie éternelle commencée. Nous avons besoin des deux ; même s’il n’y a plus apparemment d’espoir humain, il y a toujours la petite sœur espérance. En sortirons-nous jamais de “ce voile de mort tendu sur toutes les nations” ?, cf Is 25,7-9. Oui, la petite sœur espérance, celle que la Foi et la Charité protègent, celle qu’elles tiennent par la main, pour avoir une raison d’avancer encore, leur fera voir l’invisible (cf 2Co 4,16-18).

Suivons les disciples d’Emmaüs, le visage éteint : « nous espérions, nous, que le Christ allait nous sauver… mais voilà qu’il est au tombeau depuis
3 jours déjà, tout est fini, le rêve est brisé ! » Réponse du Christ ressuscité qui les accompagne sans qu’ils le reconnaissent : « ô cœurs sans intelligence et lents à croire ! Ne mettez jamais le verbe espérer au passé ! En mon Nom, en mon Nom seulement, Jésus-Christ, tenez la main de la petite espérance, elle vous mènera vers ce lendemain qui n’est pas impossible pour Moi. »
Notre meilleur voeu : gardons l’espérance. Bonne année !
   D. Laurent LARROQUE

Dieu s’est fait Homme

Dieu s’est fait Homme 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Chers frères et sœurs, 

Comme il est beau en cette sainte nuit de Noël de sentir de nouveau la chaleur des rencontres et des retrouvailles. Nous en avons été particulièrement privés cette année. Je vous espère de nouveau proches les uns des autres, j’espère surtout que cette longue épreuve de solitude pour certains, ne laissera pas trop de blessures dans nos humanités. Oui ces derniers temps, j’ai rencontré des personnes isolées depuis de longs mois et j’ai été frappé du désastre que cela a causé. Nous sommes des êtres de relations, l’isolement nous mutile. Certes, le confinement strict peut permettre de conserver la vie en évitant la COVID, mais si c’est au prix du désespoir et de la tristesse, il y a une autre mesure à trouver.

De plus, nous ne savons toujours pas de quoi demain sera fait. Cette année écoulée sera-t-elle une parenthèse dans l’histoire ou marquera-t-elle le début d’un nouveau mode de vie ? Allons-nous définitivement garder des relations suspicieuses ? Quand oserons-nous de nouveau braver le danger d’embrasser quelqu’un ? Si la prudence nous impose de justes distances physiques, j’espère au moins que la fraternité comblera ce fossé que nous avons creusé pendant des mois.

Cette nuit, c’est Noël. L’humanité se rassemble de nouveau, dans les maisons, les chaumières, les églises… pour célébrer la naissance d’un enfant : Jésus que l’on appelle Christ. Autrefois il y avait des trêves pour la nuit de Noël, les canons se taisaient, mais la COVID n’offre pas de trêve. Nous restons plongés dans des actualités toujours ténébreuses sans espoir convaincant de la paix retrouvée.

Pourtant cette nuit, la lumière brille dans les ténèbres : l’enfant de la crèche vient illuminer notre monde enténébré. Comment le fait-il ? Il nous montre le chemin :

Ce nourrisson est Dieu fait homme, l’Emmanuel. En s’incarnant Dieu prend un risque : mourir. Il s’expose : à l’amour ou à l’ingratitude des hommes. Sans ce risque de sortir vers nous, s’Il ne s’expose pas, Il risque de ne jamais pulser de l’intensité des relations qu’Il désire avec chacun de nous. Jésus n’a pas eu peur de vivre au milieu de notre humanité malade, blessée, écorchée. Il est sorti du sein du Père pour nous montrer que nous sommes faits pour beaucoup plus que la vie biologique ou la survie à la COVID. Nous avons besoin de relations interpersonnelles où l’amour est la norme. Si nous ne le laissons pas éclairer la nuit de nos psychoses, de nos peurs, nous éviterons peut-être la COVID, mais nous n’éviterons pas la tristesse d’une vie sans relation, sans amour. 

Cette année, apprenons auprès du nourrisson de la crèche, que nous serons toujours vulnérables, comme Lui. Que cette vulnérabilité ne soit pas le prétexte d’un repli sur soi. Au contraire, hâtons-nous de faire sentir notre amour aux plus fragiles. Laissons-nous aimer du Tout-Puissant qui a choisi d’être vulnérable pour être en relation avec nous.

……………………………………………..     D. Marc-Antoine CROIZE-POURCELET

Avec un coeur de Père

Avec un coeur de Père 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Comme à chaque fois qu’il apparaît dans l’évangile, Saint Joseph est entæouré de discrétion. Pie IX l’a déclaré « Patron de l’Église Catholique  », Pie XII l’a présenté comme « Patron des travailleurs » et Saint Jean Paul  II comme « Gardien du Rédempteur ». Les fidèles l’invoquent comme « Patron de la bonne mort ». Le 8 décembre dernier, le pape François a décrété une année spéciale dédiée à Saint Joseph. Voici quelques perles de sa lettre apostolique «Patris corde» qui pourront nourrir notre dévotion envers ce si grand saint.

Tout d’abord, «Jésus a vu en Joseph la tendresse de Dieu. Tout comme le Seigneur avait fait avec Israël, il a appris à Jésus à marcher, en le tenant par la main : il était pour lui comme un père qui soulève un nourrisson tout contre sa joue, il se penchait vers lui pour lui donner à manger. La tendresse est la meilleure manière de toucher ce qui est fragile en nous. Joseph nous enseigne ainsi qu’avoir foi en Dieu comprend également le fait de croire qu’il peut agir à travers nos peurs, nos fragilités, notre faiblesse.»

Ensuite, Joseph témoigne des bienfaits de l’obéissance à Dieu. «Il est très préoccupé par la grossesse incompréhensible de Marie. Grâce à l’obéissance, il surmonte son drame et il sauve Marie. Dans son rôle de chef de famille, Joseph a enseigné à Jésus à obéir à ses parents.

Dieu se fait dépendant de Joseph pour être défendu, protégé, soigné, élevé. Dieu fait confiance à cet homme, comme le fait Marie qui trouve en Joseph celui qui, non seulement veut lui sauver la vie, mais s’occupera toujours d’elle et de l’Enfant. Nous devons toujours nous demander si nous défendons de toutes nos forces Jésus et Marie qui sont mystérieusement confiés à notre responsabilité, à notre soin, à notre garde. 

Saint Joseph était un charpentier qui a travaillé honnêtement pour garantir la subsistance de sa famille. Jésus a appris de lui la valeur, la dignité et la joie de ce que signifie manger le pain, fruit de son travail.

Enfin, Joseph est pour Jésus l’ombre sur la terre du Père Céleste. On ne naît pas père, on le devient. Et on ne le devient pas seulement parce qu’on met au monde un enfant, mais parce qu’on prend soin de lui de manière responsable. Être père signifie introduire l’enfant à l’expérience de la vie, à la réalité ; ne pas le retenir, ne pas l’emprisonner, ne pas le posséder, mais le rendre capable de choix, de liberté, de départs. A côté du nom de père, la tradition a qualifié Joseph de “très chaste” qui exprime le contraire de la possession. C’est seulement quand un amour est chaste qu’il est vraiment amour. L’amour qui veut posséder devient toujours à la fin dangereux, il emprisonne, étouffe, rend malheureux. La logique de l’amour est toujours une logique de liberté. Joseph a su se décentrer, mettre au centre de sa vie Marie et Jésus.

Un père vit pleinement la paternité seulement quand il s’est rendu “inutile”, quand il voit que l’enfant est autonome et marche tout seul sur les sentiers de la vie, quand il se met dans la situation de Joseph qui a toujours su que cet Enfant n’était pas le sien mais avait été simplement confié à ses soins». 

D. Louis-Gustave de Torcy

Les sources de la joie chrétienne

Les sources de la joie chrétienne 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Le troisième dimanche de l’Avent est le dimanche de la joie. Pour entrer dans cette joie qui est d’abord divine, le texte suivant peut nous y aider. Il est tiré de l’exhortation du pape Paul VI : Gaudete in Domino.
« Il faudrait aussi un patient effort d’éducation pour apprendre ou réapprendre à goûter simplement les multiples joies humaines que le Créateur met déjà sur nos chemins : joie exaltante de l’existence et de la vie ; joie de l’amour chaste et sanctifié ; joie pacifiante de la nature et du silence ; joie parfois austère du travail soigné ; joie et satisfaction du devoir accompli ; joie transparente de la pureté, du service, du partage ; joie exigeante du sacrifice. Le chrétien pourra les purifier, les compléter, les sublimer : il ne saurait les dédaigner. La joie chrétienne suppose un homme capable de joies naturelles. C’est bien souvent à partir de celles-ci que le Christ a annoncé le Royaume de Dieu.
Mais le thème de la présente exhortation se situe encore au-delà. Car le problème nous apparaît surtout d’ordre spirituel. C’est l’homme, en son âme, qui se trouve démuni pour assumer les souffrances et les misères de notre temps. Elles l’accablent d’autant plus que le sens de la vie lui échappe, qu’il n’est plus sûr de lui-même, de sa vocation et de sa destinée transcendantes. Il a désacralisé l’univers et maintenant l’humanité ; il a parfois coupé le lien vital qui le rattachait à Dieu. La valeur des êtres, l’espérance ne sont plus suffisamment assurées. Dieu lui semble abstrait, inutile : sans qu’il sache l’exprimer, le silence de Dieu lui pèse. Oui, le froid et les ténèbres sont d’abord dans le cœur de l’homme qui connaît la tristesse. On peut parler ici de la tristesse des non croyants, lorsque l’esprit humain, créé à l’image et à la ressemblance de Dieu et donc orienté instinctivement vers lui comme vers son bien suprême, unique, reste sans le connaître clairement, sans l’aimer, et par conséquent sans éprouver la joie qu’apportent la connaissance de Dieu, même imparfaite et la certitude d’avoir avec lui un lien que la mort même ne saurait rompre. Qui ne se souvient de la parole de saint Augustin : « Tu nous as fait pour Toi, Seigneur, et notre cœur est inquiet jusqu’à ce qu’il repose en Toi »? C’est donc en devenant davantage présent à Dieu, en se détournant du péché, que l’homme peut vraiment entrer dans la joie spirituelle. Sans doute, « la chair et le sang » en sont-ils incapables. Mais la Révélation peut ouvrir cette perspective et la grâce opérer ce retournement. Notre propos est précisément de vous inviter aux sources de la joie chrétienne. Comment le pourrions-nous, sans nous mettre nous-mêmes en face du dessein de Dieu, à l’écoute de la Bonne Nouvelle de son amour ?»
 D. Christophe GRANVILLE

« Mille ans sont comme un Jour ! »

« Mille ans sont comme un Jour ! » 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

– Seigneur, est il vrai que pour toi, 1000 ans sont comme un jour ?
– Oui
– Alors posséder un euro, c’est un peu comme en posséder mille millions…
– Huuummm, oui
– Ne pourrais tu me donner un de tes petits millions, s’il te plait ?
– Pas de problème, laisse moi juste une petite seconde et je reviens !

Même si c’est sous forme humoristique, cette plaisanterie, en paraphrasant l’épitre de Saint-Pierre, nous permet de pénétrer plus avant dans le mystère divin. Nous comprenons, en entendant cette blague, que Dieu n’a pas le même point de vue que nous ! Il voit tout en plus large et intègre toutes les dimensions du temps et de l’espace dans chacune de ses décisions. En un mot, il voit toujours juste parce qu’il voit la réalité dans son ensemble.
Nos vies étant placées sous le signe du temps et de l’espace, nous ne percevons jamais qu’une part infime de la réalité. Dieu voit depuis l’éternité !
Mais si notre vue est courte du fait qu’elle soit incapable de s’extraire du temps, notre myopie se vérifie aussi parce qu’étant des êtres de chair, nous sommes toujours localisés dans un espace donné. Nous sommes contraints de nous tenir dans un lieu. Ainsi, nous ne nous inscrivons pas seulement dans le temps par notre histoire, mais nous sommes aussi dépendants de l’espace dans lequel nous vivons. Et c’est d’ailleurs pour cela que nous avons besoin de nous approprier le monde qui nous entoure, de nous en faire le possesseur !
Mais, du point de vue de Dieu, tout cela semble vain ! Victor Hugo le résume par ces quelques vers d’une grande profondeur :
Il (Dieu) dit : Je suis. C’est tout. C’est en bas qu’on dit : J’ai !
L’ombre croit posséder, d’un vain songe animé.
Et tient des biens de cendre en des doigts de fumée.
Dieu n’a rien, étant tout. (…)
Victor Hugo , l’Océan d’en haut.

Pourtant, et c’est peut-être ce qu’il faut retenir de cet édito : par le mystère de Noël, Dieu a décidé de nous apprendre à voir comme Lui voit ! Il a voulu nous extraire de notre myopie en nous donnant accès à sa propre Vie. Il a décidé de nous élever jusqu’à Lui, de nous donner accès à l’éternité.
Et pour cela, Il est venu jusqu’à nous ! Il s’est fait l’Emmanuel : le Dieu avec nous  ! Tout le mystère de notre foi est contenu dans ce mystère de Noël ! Dieu s’est incarné. Il a accepté d’intégrer les limites du temps et de l’histoire. Il est entré dans la matière en prenant un corps et une âme humaine.
Ce mystère est grand ! Et le Précurseur l’avait compris : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi et je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »
Demandons à ce même Esprit-Saint, de nous permettre de choisir le Christ, comme unique guide et sauveur, de nous rappeler qu’en dehors de Lui, tous nos jugements sont partiels, parce que toujours dans un temps et un espace donné !
Seul le Christ, par sa divinité, nous donne de voir comme Dieu voit et ainsi d’être justes dans nos jugements ! Puissions nous préparer la venue du Sauveur, en laissant toujours cet Esprit habiter en nous et éclairer toutes nos décisions.
D. Louis-Marie DUPORT

Veillez

Veillez 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Nous voici au passage de la nouvelle année liturgique, avec ce premier dimanche de l’Avent.
Je nous invite à ne pas dire : “Que nous importe, avec tout ce qui se passe  ?”, mais à remettre précisément “ce qui se passe” dans la perspective du temps qui est aussi “liturgique”, parce que le Seigneur Jésus est aussi le Seigneur du temps et lui donne son sens. Même lorsque nous ne voyons pas le sens de “ce qui se passe”. Les vagues de l’épidémie ? « Elles ne te submergeront pas ! » Le feu du terrorisme  ? «  Il ne te brûlera pas ! » (Is 43,2) « Car Je serai avec toi”, au milieu de ces épreuves. “Je ne les enlève pas, mais JE SUIS là.”
Le temps liturgique, au passage d’une année à l’autre, est un rappel : l’histoire est imprégnée de sens, même lorsque nous ne le comprenons plus.
L’évangile du Seigneur de l’histoire, en ce premier dimanche de l’Avent, nous demande de tendre le cou pour voir arriver le Salut qui advient à nouveau : c’est Noël tous les jours, c’est Pâques tous les jours (surtout si on peut recevoir Jésus Eucharistie dans la crèche de nos cœurs, une crèche en état de grâce, même si elle est très pauvre), alors cela vaut la peine de nous préparer à la fête liturgique  : c’est bientôt Noël, le Salut qui est advenu vient à nouveau, si vulnérable, si faible, cela nous rappelle qu’il doit encore advenir par sa Parousie, par son retour en Gloire pour juger les nations, si fort, si puissant, car – que les nations s’en rappellent ou non – , “c’est à Lui qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire pour les siècles des siècles ! Amen !”
« Veillez ! », nous demande Jésus dans l’évangile de ce dimanche. “Veillez !” ; “ne vous endormez pas !” C’est lapidaire et insistant.
D’abord, parce que le temps a un sens et que Jésus doit revenir dans sa gloire pour y mettre un terme. « J’ai gardé la foi », dit Saint Paul, se sachant près de la rencontre avec le Seigneur, à la fin de sa vie. « Et j’espère recevoir de lui la couronne de justice qu’il me donnera, au jour de son retour. Pour moi, mais aussi pour tous ceux qui attendent avec amour son Avènement. » (2Tim 4,8). Veillons donc, pour la rencontre avec le Seigneur à la fin de notre vie.
Mais pas seulement. Nous savons veiller sur les fenêtres ouvertes pour les fermer à temps en cas de mistral et nous prévoyons en conséquence de relever les stores.
Ainsi, veiller au sens spirituel, c’est veiller sur soi pour ne pas se faire duper par l’Adversaire (mot qui en hébreu se dit satan) dans le combat spirituel qui souffle le chaud et le froid, tour à tour enragé comme un lion qui rôde (1Pi 5,8), ou subtil comme un serpent qui susurre (Gn 3,1-5). Nous savons veiller sur des choses matérielles… Ne devons-nous pas aussi savoir veiller spirituellement pour prévenir la tempête ou repérer les voix de sirène ? L’activité principale du “serpent des origines, le séducteur du monde entier” (Ap 12,9) est de tromper, d’égarer, de séduire, de fourvoyer. On ne le voit pas forcément toujours venir… Si l’on ne veille pas sur soi, on peut se laisser gagner par le mensonge sans s’en rendre compte. On arrive facilement à voir les manquements des autres, les “mauvaises pentes”… mais on ne voit pas facilement les siennes…
« Que celui qui se flatte d’être debout prenne garde de tomber. » 1Co 10,12. Combien de “cèdres du Liban” tombent ainsi pour n’avoir pas assez veillé, en se croyant bien enracinés… Combien de stars dans le ciel de l’église sont tombées ces derniers temps (cf Ap 12,3)… C’est, dit Saint Louis-Marie, pour avoir eu un imperceptible appui sur eux-mêmes (la séduction par excellence c’est l’orgueil) alors qu’il ne leur semblait pas l’avoir… Au départ, on a manqué de vigilance sur soi-même.
Veiller, c’est veiller à ne pas s’affadir, à ne pas se récupérer après avoir fait le don de soi : il doit être souvent renouvelé. Il donne sens à mon histoire et la fera arriver à son terme dans le Seigneur qui est le terme et le sens de l’histoire.
D. Laurent LARROQUE

Un Avent un peu trop tôt…

Un Avent un peu trop tôt… 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Chers paroissiens, ce deuxième confinement nous plonge avec un peu d’avance dans ce temps de l’attente du Seigneur… oui la privation de l’Eucharistie et de la messe dominicale avec son assemblée nous coûtent. Cela creuse en nous différents sentiments : confusion, tristesse, colère, incompréhension, injustice, anxiété, … que faisons-nous de ces sentiments ? J’aimerais que ce temps de manque et de jeûne nous pousse à réfléchir personnellement : qu’attendons-nous vraiment ? qu’est-ce qu’il y a de bon dans mon désir ? Comment le creuser pour mieux le cerner ? Comme l’Avent nous aide à faire émerger les vrais et bons désirs, ainsi l’attente actuelle peut nous préparer à célébrer l’eucharistie avec de meilleures dispositions. Bref, si ce temps de jeûne subi se transformait en une préparation volontaire, notre prochaine messe serait certainement encore plus fructueuse !
Je vois deux axes de préparation volontaire en vue de la prochaine messe à laquelle nous pourrons alors pleinement participer : les bonnes dispositions pour recevoir de manière ajustée le Saint Sacrement et les bonnes dispositions pour être vraiment ajustés à l’assemblée de l’Eglise. Ces deux axes ne grandissent pas l’un sans l’autre…
Pour le premier axe, les temps d’adoration et de confessions du dimanche après-midi sont déjà une aide pour faire grandir en nous un cœur brûlant et fervent. C’est ainsi que nous devrions toujours communier. La confession nous dispose à la parfaite action de grâce, oui l’amour de Dieu est plus grand que notre péché ! L’adoration allume en nous, petit à petit, les mêmes sentiments qui sont dans le Cœur du Seigneur Jésus.
Pour le deuxième axe, eh bien je crois que nous avons tous du pain sur la planche ! Nos assemblées devraient toujours ressembler au Royaume de Dieu que Jésus est venu inaugurer. La préface de ce dimanche nous en donne quelques dimensions : Royaume de vie, de vérité, de grâce, de sainteté, de justice, d’amour et de paix ! Quelle joie de pouvoir déjà palper cela dans une assemblée chrétienne unie et fraternelle… De plus l’évangile de ce dimanche nous donne des exemples de charité bien concrète, auxquels nous pourrions encore ajouter les 7 œuvres de miséricorde spirituelle… Bref nous pouvons subir ce temps d’attente ou choisir de faire grandir la charité concrète que nous nous devons les uns les autres. Nos familles sont de beaux terrains d’entrainement mais aussi nos lieux d’engagements paroissiaux. Par exemple, dans le(s) service(s) au(x)quel(s) j’appartiens, est-ce que je prends des nouvelles des uns ou des autres ? qui dans ma paroisse ou ma famille risquerait de ne recevoir aucun appel ? Personne n’est dispensé de cette charité. Souvenons-nous des paroles de Jésus : « chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait ».
La charité fraternelle et l’eucharistie s’alimentent mutuellement. Choisissons de ne pas subir mais de profiter de cette attente pour avoir les justes dispositions de cœur lors de notre prochaine messe, que nous espérons très bientôt !
D. Marc-Antoine CROIZE-POURCELET

Parce que Dieu est Dieu

Parce que Dieu est Dieu 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

A chacun, selon ses capacités, Dieu remet un trésor. Dans ce trésor fait de qualités et de charismes propres à chacun, ce qui nous est donné de plus précieux est la foi. Nous recevons tous, le jour de notre baptême, une ‘mesure’ de foi. A cette mesure, correspond une exigence. Pour certains, Dieu attendra un abandon et un renoncement plus radical que pour d’autres, mais chacun en fonction de sa mission. Dieu attend de nous que nous fassions notre possible pour accroître notre trésor, c’est-à-dire pour faire grandir notre foi. Il y a deux manières de faire grandir la foi qui sont nécessaires toutes les deux. La première est de nourrir notre connaissance sur Dieu. En d’autres termes, il s’agit de chercher Dieu, de faire grandir notre curiosité pour savoir qui Il est, de découvrir sa beauté, son amour, son identité : c’est le catéchisme. La deuxième manière de faire grandir la foi est d’avancer dans la confiance que nous faisons à Dieu. Cela s’appelle l’abandon. Nous grandissons dans l’abandon à Dieu lorsque nous prenons le risque de renoncer à une sécurité humaine pour nous remettre dans les mains de Dieu.
Souvent, nous sommes tentés de nous accrocher à de fausses sécurités plutôt qu’à la vraie qui est que «Dieu est Dieu», c’est-à-dire Tout Puissant et qu’Il nous aime. Une tentation aujourd’hui est de mettre notre confiance et nos certitudes davantage dans la science que dans notre foi. En effet, les théories scientifiques nous donnent une impression de maitrise alors que Dieu nous demande de lâcher notre désir de maitriser et de nous en remettre à Lui. Or, ce besoin de maitrise est particulièrement frustré en ce moment. De fait, nous vivons une confusion globale générée par des politiques de confinement fluctuantes et, pour une part, arbitraires. Ces décisions sont influencées par des rapports scientifiques nombreux et divergents. Certes, le sort de cette crise dépend beaucoup de la découverte scientifique d’un remède au virus. Cependant, il serait dangereux de vouloir remettre toute notre confiance dans un vaccin ou dans des gestes barrières. Ce serait un faux semblant de sécurité avec une durée très limitée dans le temps, avant qu’un nouveau danger n’apparaisse. Pour échapper à la confusion actuelle, notre confiance doit s’appuyer sur le fait que Dieu est Dieu, c’est-à-dire qu’il est le Tout-Puissant, qu’Il peut tout, et que rien ne lui échappe. Nous pouvons trouver la vraie sécurité dans notre foi. Cette crise est donc le temps favorable pour poser des actes de confiance en Dieu. Nous ferons ainsi fructifier cette foi dont nous devrons rendre compte au jour du jugement.
La foi nous permet de regarder les événements et les personnes comme Dieu les regarde. Quel regard de foi porter sur les nouvelles restrictions du culte ? La question n’est pas d’abord de savoir si ces restrictions sont cohérentes, même si c’est important de nous protéger, mais c’est de prendre conscience de leurs conséquences pour notre foi. Le Seigneur continuera de nous donner sa grâce si nous restons disponibles de cœur. Toutefois, il ne faudrait pas qu’en essayant de maitriser la prolifération du virus, nous occultions les vrais enjeux des restrictions qui nous sont imposées : jusqu’où puis-je aller avant de mettre en péril la vie de mon âme ?
D. Louis-Gustave de TORCY

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