Avertissements salutaires

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Avertissements salutaires 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Devant les malheurs qui s’abattent sur nos vies, comme sur le monde qui nous entoure,nous avons tôt fait de nous révolter contre Dieu ! Pourtant, la question n’est pas tant de reprocher à Dieu, qui permet la souffrance, son manque de bonté à notre égard, que de comparer les peines temporelles de notre existence au grand malheur que serait pour nous d’être séparés éternellement de Dieu par notre faute ! Dès lors, les souffrances de notre vie sont, sinon des châtiments, en tout cas des avertissements qui nous font entrevoir la possibilité de la damnation éternelle, si nous ne nous convertissons pas et si continuons à faire le mal ! N’est-ce pas là toute la leçon de l’Evangile de ce dimanche où Jésus aide ses interlocuteurs à lire le sens des catastrophes qui lui sont rapportées : ces Galiléens cruellement massacrés par Ponce Pilate, tandis qu’ils offraient un sacrifice, ou bien ces judéens tués sous l’écroulement fortuit de la tour de Siloé : « Pensez-vous qu’ils étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Eh bien non, je vous le dis : si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière »
(Lc 13, 4-5). C’est bien ce que nous dit saint Paul : « Ces événements étaient destinés à nous servir d’exemple, pour nous empêcher de désirer le mal comme l’ont fait nos pères » (1 Co 10,6).

Loin de nous donner l’image d’un Dieu vengeur, ces avertissements nous révèlent un Dieu qui veut tellement éviter à l’homme le pire, que non seulement il fait tout pour le prévenir, mais encore il est prêt à donner de sa personne, en envoyant son Fils, qui se fera l’avocat des hommes et non leur juge, livrant sa vie en rançon pour la multitude, à commencer par ses bourreaux : « Père pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font ». En contemplant Jésus crucifié, suppliant le Père d’écarter sa colère, nous grandirons dans la certitude que notre Dieu est un Dieu qui s’est fait proche de l’homme, « Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob », qui a vu la misère de son peuple, qui a entendu ses cris et qui connaît ses souffrances
(cf ex 3,7-15), le Seigneur, lent à la colère et plein d’amour (cf Ps 102), qui veut sauver tous les hommes de la damnation éternelle. N’est-il pas, Lui, le Grand-Prêtre compatissant et miséricordieux, « toujours vivant pour intercéder en notre faveur » (He 7,25) ?

Quel bel exemple pour nous qui sommes invités, spécialement pendant le temps du Carême, à nous faire nous aussi, non pas les accusateurs de nos frères, mais leurs avocats, avocats les uns des autres ! Imitons le vigneron de la Parabole de l’Evangile plaidant pour son figuier stérile : « Seigneur laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir »
(Lc 13,8-9). Si nous passions autant de temps à parler au Seigneur, dans notre prière, que ceux qui font le mal ou qui nous font du tort, que nous en passons à les critiquer où à les dénigrer auprès des autres, leur coeur et le nôtre seraient assurement transformés !