Arrêtons les calculs

Arrêtons les calculs

Arrêtons les calculs 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Dans l’évangile de ce dimanche, Jésus, sur sa route vers Jérusalem, s’arrête un moment et quelqu’un en profite pour lui poser cette question : « Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? ». L’enseignement de Jésus au sujet du salut éternel travaille cette personne et certainement beaucoup d’autres parmi ses disciples d’hier et d’aujourd’hui. Oui, ce que Jésus nous enseigne est merveilleux, libérant, exaltant, plaisant. Mais suivre Jésus comporte des exigences qui peuvent nous déplaire, ou seulement nous effrayer voire nous décourager. Naturellement, on se demande si l’on ne pourrait pas choisir une voie neutre, moins exigeante, une manière de vivre l’évangile à la carte, « chacun à sa manière », tout en étant sûr d’être sauvé, au moins statistiquement ? D’où la question.

Jésus n’accepte pas que le salut soit mis en équation et en loi de probabilité : c’est une affaire bien trop sérieuse. Saint Pierre nous rassure dans sa deuxième épître : « Dieu prend patience envers vous, car il ne veut pas en laisser quelques-uns se perdre, mais il veut
que tous parviennent à la conversion ». Là où intervient la liberté, la probabilité n’a plus sa place. Mais la toute-puissance de Dieu et sa volonté pour nous s’arrête devant la porte de notre coeur et devant le mystère de la liberté qu’il nous a donnée.

Jésus nous invite donc à entrer par la porte étroite, facile à trouver en suivant le bon berger mais difficilement trouvable à tâtons. Si nous refusons de suivre le bon Berger, si nous n’acceptons pas le magistère de l’Eglise, comment pouvons nous imaginer trouver cette porte par nos propres forces ? Nous risquons ainsi de trouver porte close et d’entendre cette phrase terrible : « allez-vous en loin de moi ».

Le Seigneur nous révèle ainsi en contrepoint le mystère de l’enfer. Selon le Catéchisme de l’Eglise catholique (n°1036), ce que les saintes Ecritures et l’Eglise affirment «au sujet de l’enfer sont un appel à la responsabilité avec laquelle l’homme doit user de sa liberté en vue de son destin éternel. Elles constituent en même temps un appel pressant à la conversion». Cela ne nuit pas à l’image de Dieu tout-puissant et miséricordieux ; au contraire, la possibilité de l’enfer, du refus ultime de Dieu, est une preuve du caractère véritablement sans limite de l’amour de Dieu et du respect de notre liberté.

Ne cherchons donc pas à « faire les malins », ceux qui n’ont pas besoin de l’aide de Dieu et des autres, ni à faire des calculs au sujet du salut de notre âme. Efforçons-nous d’entrer par la porte étroite, en recommençant autant de fois qu’il sera nécessaire de le tenter, en ayant une pleine confiance dans la miséricorde de Dieu, en nous rappelant que ce qui compte par-dessus tout pour lui est que nous puissions être sauvés et comblés de son amour.

D.Charles-Marie d’AMAT