« Aimez vos ennemis »

« Aimez vos ennemis »

« Aimez vos ennemis » 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Cette injonction constitue l’essence même de l’être chrétien car,  nous dit Jésus, « vous serez les fils du Dieu très-haut ».
On ne naît pas enfant de Dieu, on le devient par le baptême et ce devenir est à construire tout au long de sa vie en accueillant le patrimoine génétique spirituel reçu du Christ que constitue la miséricorde et le pardon.

Ceci dit, nous savons bien qu’entre l’adhésion de notre intelligence et de notre volonté d’une part et la réalité de ce que nous vivons d’autre part,  il existe un large fossé, une montagne insurmontable. La seule façon de supprimer l’obstacle consiste à identifier sa vie à celle du Père : « soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux ». Cette identification n’est possible qu’en faisant de notre vie la vie même du Christ, lui qui, de même nature divine que le Père, a assumé notre nature humaine. 
En effet devenu pardon pour les hommes, c’est-à-dire miséricorde du Père parmi les hommes, il nous rend possible l’exercice du pardon si nous ne fermons pas nos coeurs à sa présence… 
On ne peut donner que ce que l’on a.

 « C’est bien Dieu qui, dans le Christ, réconciliait le monde avec lui ;  il effaçait pour tous les hommes le compte de leurs péchés et il mettait dans notre bouche la parole de la réconciliation. Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ et par nous c’est Dieu lui-même qui,  en fait,  vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu»
(2 Corinthiens 5,19-20).

Si la démarche dépasse nos seules forces individuelles,  c’est avec l’Eglise tout entière que nous pouvons en prendre le chemin pour élargir la mesure de notre charité. 

Lorsque nous prions le Notre Père, nous ne disons pas « pardonne-moi comme je pardonne» mais bien « pardonne-nous comme nous pardonnons ». Nous nous insérons dans le flot miséricordieux de la communion des saints.  Par une sorte d’osmose spirituelle avec le pardon vécu par tant de chrétiens du passé et du présent, notre cœur alors s’attendrit.

Demandons au moins au Seigneur le désir de désirer pardonner, sa grâce fera le reste et notre foi soulèvera les montagnes de la haine et du péché.