A l’école de la vie trinitaire

A l’école de la vie trinitaire

A l’école de la vie trinitaire 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Après la résurrection du Fils, son retour au Père le jour de l’Ascension et l’envoi de l’Esprit à la Pentecôte, l’Eglise fête aujourd’hui l’unité des trois personnes dans la Trinité. Au moment de quitter ses apôtres, Jésus leur confie cette mission de baptiser les nations au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, énonçant ainsi d’une façon achevée l’unité des trois personnes, par l’usage du nom au singulier, ainsi que la trinité des personnes dans l’énumération littéraire.

Lorsqu’on pense à la Trinité, on pense d’abord à la dimension du mystère : ils sont Trois et ils sont un tout à la fois. Il n’y a qu’un seul Dieu en trois personnes. Cette originalité chrétienne nous dépasse et pourtant elle est au cœur de notre foi. Dieu ne peut pas être autre chose qu’un mystère pour nous puisqu’il dépasse infiniment l’homme,
mais il s’est révélé : par le Fils qui s’est incarné, nous pouvons connaître le Père et l’Esprit-Saint, nous avons accès à une part du mystère.
Le Père donne tout au Fils qui reçoit tout du Père avec reconnaissance ; l’Esprit Saint est comme le fruit d’amour entre le Père et le Fils. Ainsi Dieu est un mais il n’est pas seul, il n’est pas solitaire : en lui se déploie dans une dynamique toujours nouvelle cet échange réciproque d’amour entre le Père et
le Fils dans l’Esprit Saint.

Cette communion trinitaire est pour nous un modèle de vie
et un modèle de communion ecclésiale. Comme l’annonce saint Paul aux Romains : « vous avez reçu un esprit qui fait de vous des fils, et c’est en lui que nous crions « Abba », c’est-à-dire Père ! ». Par son baptême, la Trinité habite le cœur du chrétien et lui fait appartenir à cette société d’amour du Père pour le Fils. A notre tour, dans l’Esprit-Saint, nous pouvons être aimés du Père, alors que nous appartenons au corps mystique du Christ qu’est l’Eglise. Cette dimension communautaire est ainsi profondément inscrite en nous. Nous ne sommes pas non plus des fils solitaires, dans une autonomie absolue : cette relation à Dieu inscrite en nous marque nos relations aux autres. L’homme ne se réalise ainsi que lorsqu’il se reconnaît fils, c’est-à-dire créature ouverte, tendue vers Dieu et vers ses frères.

La fête de la Sainte Trinité nous invite donc à contempler ce mystère et nous pousse à nous engager dans cette communion avec Dieu et entre nous, sur le modèle trinitaire afin d’édifier une communauté ecclésiale qui soit toujours plus une famille, capable de refléter la beauté de la Trinité et d’évangéliser non pas seulement par la parole, mais aussi par la « contagion » de l’amour vécu.