Le nouveau tribunal

Le nouveau tribunal

Le nouveau tribunal 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Le symbole qui figure généralement sur le frontispice de nos palais de justice est une balance. Nous nous représentons le juge comme un homme qui, après avoir séparé le bien du mal, soupèserait chacun des contenus et prendrait une décision en fonction du balancier ! S’il y a plus de mal que de bien, il en résulte une condamnation, et s’il y a plus de bien que de mal,  une bénédiction.

Cette appréhension de la justice est-elle vraiment chrétienne ?

Il me semble que l’Evangile de ce dimanche nous invite à changer notre regard. Le Christ n’utilise pas cette balance ! Il se comporte d’une manière toute différente de celle d’un comptable…

Devant la femme adultère, le Christ, à la différence des accusateurs, ne s’arrête pas au péché ! Au contraire, Il se penche à terre et ne lèvera son regard sur cette femme que lorsqu’elle sera en mesure de comprendre, qu’à la différence de ceux qui la condamnent, Jésus ne l’assimile pas à son péché. « Personne ne t’a condamnée ? Personne, Seigneur. Moi non plus je ne te condamne pas ».

La femme se lève de la poussière comme on se relève de la mort. La justice divine est si puissante qu’elle fait advenir le bien dans l’âme de celui qu’elle juge ! La parole de Dieu est créatrice. Elle redonne vie !

Sainte Thérèse insiste pour que nous changions notre regard  : Toutes nos justices n’ont pas la moindre valeur au regard de Dieu !

D’autres enseignements du Christ montrent comment la justice divine est toute baignée d’amour…

Vous avez appris qu’il a été dit : Œil pour œil, et dent pour dent. (On retrouve ici la balance !) Et bien moi je vous dis : si quelqu’un te frappe sur la joue droite présente lui aussi l’autre….

Ou encore, dans son dialogue avec saint Pierre sur la récurrence du pardon : Je ne vous dis pas sept fois, mais soixante dix sept fois, sept fois.

Chers amis,

Au cours de ce carême, choisissons de vivre en plénitude la grâce de notre baptême. Elle seule nous permet de voir les choses comme Dieu les voit. Cherchons à juger comme Dieu juge ! Tout l’effort de conversion consiste à adapter notre regard à celui de Dieu et non l’inverse

Sans cette grâce du baptême, nous faisons penser Dieu comme nous, nous imaginons la justice divine sous le même schème que la justice humaine !

Ce n’est donc pas étonnant que nous ayons peur de nous y exposer !

Revenons à l’Evangile qui nous rappelle que si notre âme gît dans la poussière, le Christ lui redonne vie ! Retrouvons au cours de ce carême, le chemin du confessionnal ! Allons recevoir sa miséricorde : Cet or du bien parfait qui est donné sans mesure ! Laissons-nous relever une nouvelle fois du royaume des morts. Rien n’est jamais perdu pour Dieu.

D. Louis-Marie DUPORT