« Qui cherchez-vous ? »

« Qui cherchez-vous ? »

« Qui cherchez-vous ? » 150 150 Paroisses de Saint-Raphael

Telle est l’apostrophe (Jn 18), un brin provocatrice, que Jésus adresse à ceux qui, menés par Judas, viennent l’arrêter au jardin des Oliviers afin de le mettre à mort. « Qui cherchez-vous ? ». Comme si cette question pouvait résumer les relations de Jésus avec ceux qui le côtoient. Depuis la visite des mages à la crèche et qui demandent « où est le roi des Juifs qui vient de naître ? » jusqu’à sa condamnation à mort et son procès où on lui demande encore : « Es-tu le roi des juifs ? », en passant par cette fameuse question adressée à ses disciples : « Pour les gens, qui suis-je ? Et pour vous, qui suis-je ? » (Mt 16, 13.15). Où est-il ? Qui est-il ?

La fête de l’Epiphanie est, en quelque sorte, le bouquet final de Noël, la célébration non plus seulement de la naissance dans la crèche mais désormais de la manifestation à toutes les nations du salut de Dieu. Manifestation signifiée par la visite et l’adoration de ces mages venus de pays lointains mais aussi par le baptême de Jésus et le signe des noces de Cana qui vont inaugurer son ministère public. Voilà donc le Messie, notre Sauveur, solidement installé sur notre terre et rendu visible à nos yeux. Et pourtant il reste celui sur qui on s’interroge, celui qu’Hérode ne prend pas la peine de distinguer parmi les petits enfants de Bethléem qu’il assassine indifféremment. Il reste celui dont saint Jean dit qu’ « il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli » (Jn 1, 11). 

Fêter l’Epiphanie ne signifie donc pas que tout est acquis. L’évangile nous invite plutôt à cultiver cette attitude de recherche inlassable du Christ qui caractérise ses disciples. Telle Marie-Madeleine découvrant le tombeau vide et qui réclame aussitôt qu’on lui restitue son Seigneur, l’âme chrétienne est toujours dans un élan insatiable exprimé notamment dans ces versets du Cantique des Cantiques
(Ct 3, 1-4).

« Toute la nuit j’ai cherché Celui que mon cœur aime.
Étendue sur mon lit, je l’ai cherché, je ne l’ai pas trouvé !
Il faut que je me lève, que je parcours la ville, ses rues et ses carrefours. Je veux chercher Celui que mon cœur aime…
Je l’ai cherché, je ne l’ai pas trouvé !
J’ai rencontré les gardes qui parcourent la ville :
« Avez-vous vu Celui que mon cœur aime ? »
A peine les avais-je dépassés,
j’ai trouvé Celui que mon cœur aime.
Je l’ai saisi, je ne le lâcherai pas. »

D. Martin PANHARD